Tennis - Coupe Davis
05/03/2010 - 23:14Forget: "Vivre quelque chose de fort"

"Heureux et soulagé". Guy Forget ne masquait pas sa joie après els deux premiers simples remportés par Monfils et Tsonga vendredi contre l'Allemagne. Le capitaine tricolore attend maintenant que le double plie l'affaire. Mais il voit déjà plus loin, et croit très fort en ce groupe.
Guy FORGET, vous devez être comblé. Gaël a été très impressionnant et « Jo » a parfaitement assuré…
G.F. : Effectivement, à 2-0, je suis un capitaine heureux et soulagé. Maintenant, il y a encore un point à prendre. On va essayer de ne pas crier victoire avant que ce 3e point soit acquis. Cela ne me dérangerait pas que ce soit à l’issue du double, demain. Pour revenir sur les performances de Gaël et de Jo, ils ont assuré tous les deux de manière très différente. Au-delà de la satisfaction du point gagné, Gaël m’a fait très plaisir dans la qualité de son jeu. Pour l’avoir vu jouer plusieurs fois depuis le début de l’année, c’est son meilleur match. Un match plein. Il a été très concentré, performant, bien en jambes, offensif – peut-être plus que d’habitude – avec pas mal de réussite. C’est le match référence pour rentrer dans une épreuve comme la Coupe Davis. Il va pouvoir s’appuyer sur ce match et bâtir pour l’avenir. Quant à Jo», il était déjà parti sur de très bonnes bases. Et même si aujourd’hui, il n’a pas fait son meilleur match, il a quand même rempli son contrat. Il gagne un point, alors qu’il a la possibilité de jouer bien mieux au tennis.
Gaël passait un vrai test…
G.F. : Oui. J’en avais parlé avec lui avant le match. Je lui avais dit : "Tu vas avoir tous les gens derrière toi. Cela n’aura rien à voir avec Maastricht. Oublie un peu l’enjeu, le contexte, le public, le drapeau tricolore. Joue ton jeu, fais-toi plaisir, si tu as envie à un moment donné de faire une fantaisie tactique, fais-là. Ne sois pas inhibé par la pression. Fais-toi plaisir." Il l’a fait à merveille aujourd’hui. Il a enchanté le Palais des Sports de Toulon.
Il a su surmonter ses peurs et ses craintes…
G.F. : Je vais vous faire une confidence. Les jours qui ont précédé ce match, il était un peu tendu. Son tennis était correct, sans plus. Et pour le match d’aujourd’hui, il a pratiqué peut-être son meilleur tennis. Il me disait : "Tu comprends, cela fait plusieurs semaines que je fais de gros efforts. Je me lève tôt, je fais de la gym, j’essaie de contrôler mes émotions. Et je n’ai pas l’impression que ça paie." Je lui ai répondu : "Ne t’inquiète pas Gaël, tous les efforts que tu fais, un jour au l’autre ils vont payer. Peut-être demain, dans une semaine, ou dans quinze jours. Mais ça va payer." Je suis content pour lui. C’était aujourd’hui.
Qu’attendez-vous du double?
G.F. : Un point ! Ce n’est pas compliqué, juste un petit point pour être enfin détendu samedi soir. Ca va être difficile, c’est une nouvelle association, du moins en Coupe Davis. Ce sont des garçons qui ont du talent. Ils ont déjà joué ensemble, gagné des titres. Ils sont en forme. On l’a vu récemment à Marseille.
Et Julien Benneteau ?
G.F. : Contrairement à d’autres garçons, Julien n’est plus un petit poulet de la veille. C’est un garçon qui a pas mal d’expérience, de pratique du tennis de haut-niveau derrière lui. Il a vraiment franchi un cap depuis plusieurs mois. C’est vraiment le bon moment pour lui, pour se lancer. C’est un garçon intelligent, très professionnel et qui sur un double, épaulé par Michaël Llodra, va faire de bons débuts en Coupe Davis. Alors, si cela pouvait se traduire par une victoire, je serais ravi. Mais c’est vraiment le bon timing pour lui.
Qu’allez-vous lui dire avant son entrée sur le court ?
G.F. : Un peu comme à Gaël : "Joue ton jeu. Fais-toi plaisir, même dans la difficulté. Tu joues au tennis depuis des années. Et la finalité, c’est un moment comme celui-là. On joue au tennis pour, un jour, disputer de grandes compétitions. Croque dans la pomme, fais-toi plaisir." Il a cette chance. Il est sélectionné, il est enfin titulaire. Mika sera à ses côtés. Je serai aussi là aux changements de côté pour donner un petit coup de pouce. Mais cela va bien se passer.
Avez-vous jeté un œil sur la rencontre Espagne – Suisse ?
G.F. : Il y a un partout, je crois. L’Espagne est largement favorite de cette rencontre. Maintenant, si la Suisse réalisait un exploit en s’imposant en Espagne, peut-être que notre ami Roger (NDLR : Federer) déciderait de faire le déplacement. Et les données du problème seraient vraiment différentes… On va déjà se concentrer sur notre match contre l’Allemagne, et si tout se passe bien, on aura le temps d’y réfléchir ensuite.
N’avez-vous pas le sentiment qu’un groupe est en train de naître ?
G.F. : Je sens que les garçons ont envie de vivre quelque chose de fort ensemble. Pour autant, ce sont des garçons très différents, qui ont une manière de fonctionner bien spécifique. On essaie, avec tout le staff, de faire vivre cette équipe. Ils ont un point commun, c’est la passion, l’amour du jeu. Et j’aimerais vraiment qu’un jour, ils puissent soulever une belle coupe en argent. Ils en ont le potentiel. Maintenant, cela passe par des efforts, des sacrifices parfois. Il ne faudra jamais baisser la garde. Il faudra se serrer les coudes lorsqu’on va connaître des moments difficiles. Il y aura peut-être parfois des blessés. D’autres garçons devront alors prendre la relève. Mais je sais qu’ils ont tous envie de jouer un rôle dans cette aventure.
Et quand
Gaël Monfils dit que c’est le début d’une histoire, cela vous rappelle quelque chose ?
G.F. : Leur histoire, elle commence dans leur chambre à l’INSEP. Lorsque par exemple Gaël et Gilles (Simon) partageaient la même chambre. Aujourd’hui, il y en avait un sur le court, un autre dans la loge. C’est ça la belle histoire. Elle est en train de s’écrire. Tout ce que l’on peut leur souhaiter, c’est d’aller jusqu’au bout de cette belle compétition parce qu’ils en ont le potentiel.















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