Getty Images

Coupe Davis - France - Le seul débat, c'est le double

Le seul débat, c'est le double

Le 14/11/2017 à 13:59

COUPE DAVIS - Si Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille ont la garantie, sauf en cas de blessure, de disputer les simples à Lille lors de la finale face à la Belgique (24-26 novembre), le cas du double reste en suspens. Même si Yannick Noah a retenu Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert, rien ne dit qu'il ne changera pas ses plans d'ici le tirage au sort. Explications.

Certes, Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert ont été annoncés en troisième et quatrième positions lorsque le capitaine a dévoilé sa liste, alors que Richard Gasquet et Julien Benneteau ont de leur côté un statut de remplaçants. Cela offre une tendance, mais pas au point de solidifier définitivement la position des deux spécialistes tricolores du double. "J'ai beaucoup de difficultés à choisir quatre joueurs, parce que j'en ai six, a jugé Noah. C'est notre force, d'avoir une grosse densité de joueurs capables de gagner leur place. C'est un peu plus compliqué pour moi mais c'est une très bonne chose, on ne va pas se plaindre de cette force-là."

Yannick Noah - Richard Gasquet - France - Coupe Davis 2016

Yannick Noah - Richard Gasquet - France - Coupe Davis 2016Panoramic

Gasquet et Benneteau et le souvenir de Londres

Il faut donc lire entre les lignes : Nicolas Mahut et plus encore Pierre-Hugues Herbert ne sont en rien certains de figurer parmi les quatre derniers. Oui, ils forment une paire complice, qui compte depuis plusieurs saisons parmi les meilleures du circuit. On se souvient aussi que lors de sa prise de fonctions il y a deux ans, le successeur d'Arnaud Clément avait regretté que le point du double se soit retrouvé parfois galvaudé. Seulement voilà, leur limite, c'est de ne pas offrir d'options au-delà du double. C'est là que Richard Gasquet et Julien Benneteau entrent en scène.

Le Biterrois comme le Bressan sont tout aussi capables de donner une assise solide au double tricolore. Ensemble, ils avaient d'ailleurs obtenu une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Il ne faut pas perdre non plus de vue que si les Belges possèdent un membre du Top 10 (David Goffin) et un formidable joueur de Coupe Davis à ses côtés (Steve Darcis), leur double est plutôt leur maillon faible au regard de leurs statistiques ces dernières saisons. Noah pourrait très bien estimer qu'il n'a pas un besoin impératif de Mahut et Herbert pour ce point-là.

La force d'Herbert-Mahut est aussi leur limite

Or, en incorporant un Gasquet, voire un Benneteau, dans son quatuor final, il se donne une solution de repli en cas de pépin touchant Tsonga ou Pouille. Il est peu probable que le capitaine ait envie d'aborder un éventuel match 5 avec Nicolas Mahut ou Pierre-Hugues Herbert sur le terrain contre un Darcis qui adore ce genre de situation. Il a bien sûr réfuté cet argument mardi ("Je dois partir du principe que mes joueurs de simple vont tous les deux joueurs un match le vendredi et un autre le dimanche", a-t-il dit), mais gouverner, c'est prévoir. A lui de peser l'importance de la perte pour le double s'il se passe de Mahut ou Herbert et du gain potentiel pour les simples.

Mahut et Herbert, dans ce groupe, ne sont que des joueurs de double. Des supers joueurs de double, certes. Mais leur force est aussi leur limite. Leur position est d'autant plus paradoxale qu'ils ne vont pas débuter le stage à Marcq-en-Barœul avec le reste du groupe mercredi, puisqu'ils sont à Londres pour disputer le Masters. Ils y jouent gros. S'ils brillent là-bas, s'ils soulèvent la Coupe ce week-end, il deviendra peut-être de plus en plus difficile pour la capitaine de se passer d'eux. Même si ce ne sera qu'un des éléments de la réflexion de Yannick Noah. Il a encore neuf jours pour réfléchir avant de choisir. Pour de bon cette fois.

Yannick Noah avec Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut lors de Japon - France en Coupe Davis 2017

Yannick Noah avec Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut lors de Japon - France en Coupe Davis 2017AFP

0
0