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Pour Noah, "c'est l'année ou jamais"

Pour Noah, "c'est l'année ou jamais"

Le 18/09/2017 à 08:02Mis à jour Le 18/09/2017 à 08:43

COUPE DAVIS – Parfois distant durant le week-end, pas loin de quelques états d'âme, Yannick Noah a changé de registre après la qualification de l'équipe de France pour la finale. Le capitaine se dit heureux, pour ses joueurs surtout, et les exhorte à saisir cette opportunité unique.

On ne l'aurait presque pas reconnu, le Noah. Lui, si volubile, si remuant en général sur sa chaise. Lui le capitaine meneur d'hommes, qui a besoin de secouer, de pousser, d'haranguer. Pourtant, tout le week-end, on l'a vu très en retrait, passant même tout un changement de côté sans échanger un mot avec Jo-Wilfried Tsonga dimanche. Le même Tsonga qui lui avait demandé de se détendre vendredi, et de le "laisser faire". Boudeur, le capitaine ? Non, "soulagé" et "heureux" a-t-il promis dimanche soir après la qualification pour la finale.

"Le mot, c'est bonheur", a-t-il assuré à Lille. Car cette demi-finale qui puait le traquenard, où il y avait tant à perdre, Noah l'a vécue avec une dose de stress inhabituelle. "On savait que ça allait être une rencontre difficile, on était largement favoris, il ne restait plus qu'à jouer, soupire Noah. On a pu faire ce qu'il fallait faire, gagner les trois points. On est très contents. Je repars de là rassuré. J'étais content d'être capitaine avant le match, et je suis encore très content d'être capitaine."

Lucas Pouille & Yannick Noah - France Coupe Davis 2017

Lucas Pouille & Yannick Noah - France Coupe Davis 2017Getty Images

" Tiens, c'est Gaël !"

Histoire de déminer les rumeurs de tensions, voire de scissions au sein du groupe, Yannick Noah a même mis à profit la conférence de presse qui a suivi la victoire décisive de Tsonga sur Lajovic pour faire passer un message. Avec Tsonga, Pouille, Mahut et Herbert à ses côtés, il a pris son téléphone, avant de se tourner vers Tsonga : "tiens, c'est Gaël, dis-lui bonjour ! On est tous là, ça va mon biquet, on te rappelle!" Puis, malicieux, s'adressant cette fois à l'assistance journalistique : "C'est pas très soudé, c'est pas une très bonne ambiance..."

Maintenant qu'ils sont en finale, les Bleus devront absolument la gagner. Ils le savent. Personne ne leur passera rien. D'autant qu'ils auront la chance de la jouer à domicile. Et une fois encore, la pression sera sur eux. "Toutes les semaines, on leur dit: 'Vous n'avez rien gagné. Et quand vous gagnez, les autres sont nuls'", regrette Noah. "Par contre, poursuit-il, quand ils perdent, on leur rappelle aussi. Je me mets à leur place et je prends toute cette énergie et j'essaie de gérer", a expliqué Noah.

" Des opportunités comme celle-là d'écrire notre histoire, on n'en a pas tous les ans"

Au fond, tout le week-end, le capitaine n'aura eu de cesse de se muer en avocat de ses joueurs, se posant en écran de protection. Il comprend le scepticisme, mais aimerait aussi un peu de soutien. "Ils n'ont jamais rien gagné, c'est une réalité, concède-t-il. Mais à un moment, ce n'est pas en se disant cela toute la journée que tu vas gagner. Quand on a une opportunité, il faut la saisir. On ne va pas y aller en se disant 'Je perds toujours'", a-t-il conclu.

Cette finale, Noah veut y aller comme si c'était le rendez-vous d'une vie. La leur, en l'occurrence. Comme s'il n'y avait pas d'après, pas de dernière chance à venir. "C'est l'année ou jamais par rapport à notre aventure, assène le capitaine. C'est une belle opportunité. Des opportunités comme celle-là d'écrire notre histoire, on n'en a pas tous les ans. Il faut en profiter et en tous les cas se préparer comme si c'était la dernière". La dernière chance pour eux ? Et pour lui ?

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