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France en demi-finale - Yannick Noah : "La Serbie ? On en rêve déjà !"

"La Serbie ? On en rêve déjà !"

Le 08/04/2017 à 21:19Mis à jour Le 08/04/2017 à 21:58

COUPE DAVIS - Yannick Noah n'a pas boudé son plaisir de plier le quart de finale contre la Grande-Bretagne (3-0) dès le samedi sur la terre battue de Rouen. Au prochain tour, ce sera donc la Serbie face aux Bleus, une rencontre qui se jouera encore sur le sol français. Un détail qui n'en sera pas un en septembre prochain.

En 2015, au même stade de la compétition, c'était pleurs et soupe à la grimace française au terme d'un quart de finale perdu face à Andy Murray et consorts sur le gazon du Queen's à Londres. Deux ans plus tard, les larmes sont encore de sortie, mais cette fois-ci, elles coulent de joie. Julien Benneteau et Nicolas Mahut dans les bras l'un de l'autre savourent leur victoire en double encore quelques instants sur le court de la Kindarena à Rouen, où les Bleus ont brillamment passé l'obstacle britannique pour retrouver les demi-finales de la Coupe Davis. Sans l'actuel numéro un mondial et son leader, la Grande-Bretagne n'a pas réussi à jouer un nouveau mauvais tour aux Français, eux aussi privés de leurs têtes de gondole habituelles.

Avec Lucas Pouille en homme fort de sa sélection, et surtout la terre battue comme terrain de jeu glissant pour les adversaires, Yannick Noah savait que les Bleus avaient toute leurs chances. Sur gazon ou dur, cela aurait sans doute été une autre histoire avec les mêmes équipes. Il n'empêche, il fallait que la pression ne rattrape pas ceux qui étaient les favoris sur le papier. Car, en Coupe Davis, le classement comme les certitudes ne pèsent pas grand-chose sur le court. Mais que ce soit le Nordiste, Jérémy Chardy ou le duo recomposé Mahut-Benneteau, le capitaine français a réussi tous ses paris en emmenant l'équipe à bon port avec un public français qui a répondu présent dans les tribunes.

" A la fin du match, je suis allé voir le président de la Fédération internationale pour lui dire : 'voilà, la Coupe Davis, c'est ça'"

Et ça, Noah l'a apprécié à sa juste valeur. "Cette ambiance pendant ces deux jours a été exceptionnelle, a déclaré le capitaine des Bleus au micro de beIN Sports. A la fin du match, je suis allé voir le président de la Fédération internationale pour lui dire : 'voilà, la Coupe Davis, c'est ça. La Coupe Davis, c'est cette atmosphère. A partir du moment où vous aurez une Coupe Davis sur terrain neutre, on perdra ça. Il n'y aura plus d'âme.' Ces moments ont été fabuleux. Ceux qui ont vécu cela ce week-end ont vécu un truc extraordinaire. Je voulais en profiter pour lui glisser cela." On ne sait pas si cela fera infléchir David Haggerty, qui veut dans un premier temps que la finale 2018 ne soit pas organisée par un pays participant. Mais au moins, il aura reçu le message.

Cette chance de recevoir, cela sera sans doute aussi vrai au moment de retrouver les Serbes en demi-finales. Le dernier affrontement étant la finale jouée (et perdue) à Belgrade en 2010, le prochain rendez-vous entre les deux équipes se fera donc en France mi-septembre, une semaine après la fin de l'US Open. "La Serbie, on en rêve déjà !", s'est même permis de lâcher Noah dans l'euphorie de la victoire. Mais que ce soit la surface utilisée et même l'effectif aligné, le capitaine des Bleus est encore très loin de savoir à quelle sauce il compte manger les Serbes. Cela peut paraître un brin optimiste car, pour le coup, il y a de fortes chances que Novak Djokovic soit de la partie.

" Que Djokovic soit là ou pas, franchement, ça m'est égal"

Que Djokovic soit là ou pas, franchement, ça m'est égal, a souligné Noah. Ce que j'aimerais c'est gagner la Coupe. On est en équipe de France de Coupe Davis, l'épreuve est comme elle est et on essaie de faire le maximum. On vient de passer un moment merveilleux à Rouen. Si Djoko ne vient pas, comme cette semaine il n'y avait pas Murray? Je n'en ai rien à faire".

Depuis la finale perdue en 2013 face aux Tchèques, l'ex-numéro un mondial du circuit ATP avait pris un peu de recul avec cette compétition. En 2015 et 2016, il a joué le premier tour avec son pays pour permettre à celui-ci de se maintenir dans le groupe mondial principal, mais il n'a pas poussé plus loin. Cette année, c'est différent : le leader serbe a participé au premier tour et au quart de finale face à l'Espagne, deux tours joués sur le sol serbe. Un seul match lui a été nécessaire pour assurer la qualification de son pays au tour suivant. Mais dans quel état d'esprit sera-t-il dans cinq mois à l'issue du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison ? Difficile de le savoir. Noah, lui, sera motivé pour cinq.

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