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Dopage: Christophe Rochus fait part de ses soupçons sur Rafael Nadal et Robin Söderling

Dopage: Christophe Rochus fait des vagues
Par Eurosport

Mis à jourLe 17/01/2013 à 18:50

Publiéle 17/01/2013 à 18:34

Mis à jourLe 17/01/2013 à 18:50

Publiéle 17/01/2013 à 18:34

Article de Eurosport

C.Rochus a déclenché une petite tempête en affirmant que le dopage était répandu dans le tennis et en faisant part de ses soupçons sur Rafael Nadal et Robin Söderling.

Christophe Rochus n’est pas dans le grand tableau à Melbourne. Pourtant, le Belge a trouvé le moyen de faire parler de lui cette semaine. Mardi, dans une interview accordée à Twizz Radio reprise par presque tous les grands médias belges, l’ainé des Rochus s’est lâché sur le dopage. Evidemment, sa sortie a fait beaucoup de bruit, notamment dans son pays, suscitant de multiples réactions. S’il voulait faire le buzz sur le web, c’est en tout cas très réussi. Pour le reste, que dit vraiment Rochus ?

D’abord, que, selon lui, le dopage dans le tennis est "une réalité". Il le pense (et le dit) d’ailleurs depuis longtemps. "Quand je suis arrivé dans le top 100, rappelle-t-il dans cet entretien, j'ai dit dans les médias que c'était scandaleux tous ces joueurs dopés et j'ai reçu une lettre de menaces de l'ATP Tour disant ‘C'est la dernière fois que tu parles de ça. Tu n'as pas de preuves, tu n'as rien’. Finalement, tous les joueurs que j'avais cités ont été contrôlés positifs. C'étaient tous des Argentins." Aujourd’hui, il reprend la même méthode en faisant part de ses doutes, notamment à l’endroit de deux joueurs: Rafael Nadal et Robin Söderling.

Pour lui, les absences prolongées de ces deux ténors du circuit ont quelque chose de louche. "Concernant Nadal, poursuit-il, ces rumeurs restent des rumeurs même si tout le monde se pose la question: comment peut-on être aussi fort à Roland-Garros et un mois après soi-disant ne plus pouvoir jouer? C'est ça qui fait que ça paraît suspect, mais on n'a aucune preuve. Si ça se trouve il est réellement blessé." Idem pour Söderling : "On ne peut pas négliger le fait que ce soit très suspect! On atteint le meilleur niveau de sa carrière et le jour d'après on dit je ne peux plus jouer au tennis... Moi, ça me paraît vraiment incroyable."

" Plutôt que toute cette hypocrisie, je pense qu'il vaut mieux légaliser le dopage "

En livrant ses impressions, Christophe Rochus s’éparpille parfois. Il fait donc part de ses doutes, assure que son frère (Olivier) et lui n’ont jamais touché au dopage, que c’était leur choix mais tout sous-entendant qu’ils auraient peut-être dû… "Mon frère et moi, explique-t-il, on a toujours été clean. On aurait pu prendre des hormones de croissance, mais on ne l'a jamais fait. On s'est dit que ça n'en vaut pas la peine. Peut-être qu'on aurait dû... Peut-être qu'on n'aurait jamais été contrôlés positifs... Peut-être que mon frère aurait fait 17 centimètres de plus et il aurait été dans le top 10 mondial... Chacun doit faire ses choix." 

Puis, plus loin, il finit par dire que la solution serait peut-être de… légaliser le dopage, qui ne serait finalement pas si nocif : "Plutôt que toute cette hypocrisie, je pense qu'il vaut mieux légaliser le dopage. Quand je dis ça, je m'entends dire que je ne peux pas avoir de tels propos parce que ce n’est pas bien et le dopage c'est dangereux. Mais en discutant avec des médecins, on constate qu'on n'est même pas sûr que ces produits soient si dangereux pour la santé. A ce moment-là chacun, en son âme et conscience, dit ‘moi, je prends le risque... moi, je ne le prends pas’…" Effectivement, la lutte antidopage s’en trouverait simplifiée. On a tout de même envie de demander à Olivier Rochus quels médecins il a consulté sur le sujet.

"Les contrôles antidopage ne servent pas à grand chose"

Pour l’heure, l’ATP n’a pas réagi à ses propos. Les joueurs concernés non plus. En revanche, son compatriote et coureur cycliste Maxime Monfort est intervenu sur Twitter. Car Christophe Rochus s’est également aventuré sur le terrain du cyclisme. "Il n'y a pas de fin à cela (au dopage) pour la seule et simple raison que le sport c'est un spectacle et qu'on en veut toujours plus. Si après dix étapes du Tour de France, les coureurs pédalent à 25km/h parce qu'ils ne peuvent plus pousser sur les pédales, on va dire que ça ne va pas (…) Mais moi, en tant que spectateur, ça ne me dérange pas de voir ces sportifs même si je sais qu'ils sont dopés. Pour moi, Armstrong ça reste un très grand sportif... dopé ou pas dopé! Les autres aussi." Ce qui lui a valu cette réplique, amicale mais ferme, de Monfort :

Sur le circuit non plus, tout le monde ne partage pas l'avis de Christophe Rochus. C'est le cas notamment de Julien Benneteau. Le Français a réagi chez nos confrères de RTL aux propos du Belge. "Je ne pense pas que Nadal soit dopé. Je pense qu’il a très, très mal au genou et qu’il reviendra quand il se sentira prêt et je ne vois rien d’autre. Je ne crois pas vu le système antidopage qui est en place aujourd’hui, ainsi que l’AMA et l’ATP qui sont indépendants, que ce soit possible", juge-t-il.

Sur ce point, Christophe Rochus a pourtant un avis différent. Pour lui, l'absence de contrôle positif n'est pas une garantie de pureté. Le cas Lance Armstrong est là pour le prouver. Un exemple parmi beaucoup d’autres, mais tellement exemplaire. "Maintenant, estime le Belge, avec l'affaire Armstrong, on se rend bien compte que ce n'est pas parce quelqu'un n'a pas été contrôlé positif que cette personne ne s'est jamais dopée. Quand on a les moyens de prendre des bons médecins, de faire ses recherches de son côté, on peut avoir des produits tout à fait non détectables. Donc, les contrôles antidopage ne servent pas, à mon avis, à grand chose et ils ne prouvent surtout rien." Pas faux.

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