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Jo le philosophe

Jo le philosophe
Par Eurosport

Le 17/04/2012 à 20:21

Jo-Wilfried Tsonga a fêté son 27e printemps par une victoire mardi contre Philipp Kohlschreiber. Le numéro un français jette un oeil dans le rétro sur sa carrière Mais il regarde surtout devant, vers les défis qui l'attendent.

C'est bien connu. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. Alors en ce 17 avril, jour de son 27e anniversaire, Jo-Wilfried Tsonga s'est offert un petit cadeau en franchissant le premier tour à Monte-Carlo. Oh, pas le cadeau du siècle. Juste une petite babiole. Pour un joueur de son statut, battre Philipp Kohlschreiber, même sur terre battue, ne relève pas de l'exploit. Mais au moins le Manceau a-t-il fait les choses proprement, en concédant seulement six jeux et en passant moins d'une heure trente sur le court.

Tsonga était donc doublement satisfait d'avoir gagné. "C'est top. Ca aurait été dommage de perdre le jour de mon anniversaire. Je suis content d'avoir passé ce tour", a souri le numéro 5 mondial. Sérieux à défaut d'être brillant, il n'a pas tremblé, mais ne s'est pas promené non plus pour son entrée dans le tournoi. "Il y a eu quelques moments d'inquiétude, admet-il. Je n'ai pas été loin de me faire breaker plusieurs fois, mais j'ai été solide sur les points importants". Dix jours après sa défaite face à John Isner sur ce même court en Coupe Davis, il a ainsi pu tourner la page.

"Je ne m'extasie pas sur ce que j'ai fait par le passé"

Le prochain chapitre s'annonce plus compliqué à écrire. En huitièmes de finale, Tsonga sera opposé à Fernando Verdasco. Ancien finaliste sur le Rocher, l'Espagnol chercher depuis plusieurs mois son meilleur tennis. Mais il reste un client sur la surface ocre, surtout pour un joueur comme Tsonga. "C'est loin d'être un cadeau, juge-t-il. Mais en même temps, c'est une chance de se mesure à un super joueur, l'un des meilleurs sur terre battue." L'un des meilleurs, ça se discute. Mais Verdasco, finaliste à Acapulco au mois de mars, semble sur une courbe ascendante. Méfiance donc, d'autant que le numéro un français ne possède que peu de références à Monte-Carlo. Ce n'est que sa troisième participation. Battu dès son entrée dans le tournoi l'an dernier, il avait atteint les huitièmes en 2012. Il a donc déjà égalé sa meilleure perf' monégasque.

Mais ce jour anniversaire, Jo-Wilfried Tsonga a été invité à voir un peu plus loin que ce prochain match.  A 27 ans, on peut considérer qu'il entre dans une période charnière de sa carrière. Depuis son explosion au très, très haut niveau à l'Open d'Australie 2008, sa carrière a connu des hauts et des bas mais, globalement, Tsonga s'est installé durablement parmi les meilleurs. Mais pas les tous meilleurs. Le gratin, le Top 4, lui échappent encore. Il n'a pas à rougir de ce qu'il a accompli, mais il préfère regarder devant. "Je ne m'extasie pas sur ce que j'ai fait par le passé, ni me dis que j'ai mal fait. Je me dis juste que peut-être de plus belles choses encore m'attendent à l'avenir. Je suis toujours sur la bonne courbe. Je continue à progresser au jour le jour".

27 ans. Plus vraiment un jeunot du circuit, mais pas encore un vétéran. Le temps ne presse pas encore tout à fait. Mais il passe vite. "Je me dis qu'à maintenant 27 ans, j'entre de plain-pied dans la seconde partie de ma carrière, reprend-il. Ce n'est pas anodin car on se rend bien compte que les années passent. Ça fait huit ans que je suis sur le circuit et ça m'étonnerait que je sois encore là pour huit ans. Je suis plus expérimenté, plus sage, ça me permet d'avoir des objectifs un peu plus clairs et de perdre moins de temps. Je suis à un âge où on prend conscience que le temps passe très vite et qu'il faut en perdre le moins possible." Alors pourquoi ne pas entamer sa 28e année du bon pied, par exemple en décrochant le meilleur résultat de sa carrière sur terre battue? A ce jour, Tsonga n'a encore jamais atteint le dernier carré d'un tournoi sur cette surface. Voilà un bon axe de progression...

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