AFP

Milos Raonic : "Je n'ai jamais connu un tel crève-coeur sur le court"

Raonic : "Je n'ai jamais connu un tel crève-coeur sur le court"

Le 29/01/2016 à 17:33

OPEN D'AUSTRALIE – Milos Raonic a cédé en 5 sets vendredi face à Andy Murray… et ses adducteurs douloureux. Handicapé à partir du milieu de la troisième manche, le Canadien a fini par lâcher prise. Une grosse frustration pour lui, même s'il dresse, à juste titre, un bilan très positif de son début de saison.

Milos Raonic se sentait de taille à battre Andy Murray vendredi à Melbourne. Ce que le Canadien n'avait pas envisagé, c'est que son principal adversaire, en plein cœur de cette demi-finale, deviendrait son propre corps. Touché aux adducteurs, Raonic a pu aller au bout de son match, mais s'est trouvé clairement diminué dans la dernière ligne droite. "Il a incontestablement été gêné, il était beaucoup plus lent dans le 5e set, c'est dommage", a sportivement concédé Murray.

En réalité, c'est dès le troisième set que Milos Raonic a commencé à entendre siffler ses adducteurs. "J'avais eu une petite alerte à Brisbane, mais à Melbourne, rien du tout, a-t-il précisé. Puis au milieu du troisième, j'ai commencé à avoir un peu de mal à pousser sur ma jambe. C'est comme ça". Le mal a empiré au fil des minutes et le gros serveur ontarien s'est fait soigner à plusieurs reprises. Dur à avaler. "Je n'ai jamais connu un tel crève-coeur sur le court, mais encore une fois, c'est comme ça", a-t-il encore regretté.

Vidéo - Hlts Murray vs Raonic

03:33
" Parfois, c'est trop dur de tout garder à l'intérieur"

Pendant un set et demi, Raonic a bien essayé de composer avec cette blessure, mais quand Andy Murray l'a breaké d'entrée de cinquième set, juste après avoir recollé à deux sets partout, il a compris que c'était fini pour lui. Alors il a passé ses nerfs sur sa raquette, mettant de côté ce calme olympien qui fut le sien tout au long de ce tournoi

"Je sais que ce n'est pas ce qu'il y a de mieux à faire, admet le grand Milos, mais parfois, c'est trop dur de tout garder à l'intérieur. Toute la frustration est sortie à ce moment-là". Difficile de ne pas se montrer compréhensif sur le coup.

Vidéo - Temps fort : Raonic - Murray Insolite

00:19

Le protégé de Carlos Moya a bien tenté, jusqu'au bout, de défendre ses chances, mais le ressort était cassé. "J'ai essayé, je me disais 'on verra bien, on ne sait jamais', mais ça ne s'annonçait pas bien". Murray a donc plié ce dernier set 6-2, laissant Milos Raonic aux portes de sa première finale majuscule, comme lors de sa première apparition dans le dernier carré, à Wimbledon, en 2014.

" Je me sens bien plus fort qu'il y a 18 mois"

Mais la comparaison s'arrête là. Il y a un an et demi, il avait été victime du phénomène "petit garçon" contre Federer, qui l'avait dominé en trois sets. Cette fois, Raonic était à la hauteur. Il était au niveau, et jamais il n'a été aussi près de franchir le cap. "Je me sens bien plus fort qu'il y a 18 mois lors de ma première demi-finale, a confirmé l'intéressé. Cette fois, j'étais dans le match, je sentais que j'avais mes chances. Je fais ce qu'il fallait pour ça. Je suis content de la façon dont j'ai joué. J'aurais juste voulu pouvoir continuer à jouer..."

Il y aura quand même un avant et un après janvier 2016 pour lui. Vainqueur à Brisbane, demi-finale à l'Open d'Australie, une victoire sur le numéro 3 mondial (Federer), une autre sur le numéro 4 (Wawrinka) et le scalp du numéro 2 qui n'était pas loin. Milos Raonic sera aux portes du Top 10 lundi, mais il a les moyens de viser bien plus haut très rapidement. "Franchement, si ça ne s'était pas fini il y a 20 minutes, a-t-il soufflé en arrivant en conférence de presse, je vous dirais qu'il y a beaucoup plus de positif que de négatif. C'est un début de saison idéal, surtout après les difficultés que j'ai pu connaitre ces derniers mois."

Raonic a tout pour devenir un personnage incontournable de cette année 2016. Et il n'aura pas toujours des adducteurs en feu pour le freiner.

Milos Raonic à l'Open d'Australie, en 2016

Milos Raonic à l'Open d'Australie, en 2016AFP

0
0