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Tennis-fiction - Djokovic, Nadal, Federer : et si en 2016…

Tennis-fiction : et si en 2016…

Mis à jourLe 16/01/2016 à 12:47

Publiéle 16/01/2016 à 12:42

Mis à jourLe 16/01/2016 à 12:47

Publiéle 16/01/2016 à 12:42

Article de Laurent Vergne

La saison 2016 a déjà repris et elle entrera dans le vif du sujet à partir de lundi avec le coup d'envoi de l'Open d'Australie. Une nouvelle saison, c'est un nouvel horizon qui s'ouvre. En 5 questions, les enjeux majeurs de l'année à venir sur le circuit masculin.

Et si Djokovic réussissait le Grand Chelem ?

Deux sets. Voilà ce qui a séparé Novak Djokovic du Grand Chelem l'an dernier. Encore que personne ne peut affirmer que le Serbe aurait réussi la passe de quatre s'il avait gagné Roland-Garros. S'il avait déboulé à l'US Open avec trois levées sous le coude, rien ne dit qu'il n'aurait pas subi la même pression fatale que Serena Williams. Djokovic pourrait se lancer à nouveau dans cette quête en 2016, même s'il n'y pense évidemment pas en ce mois de janvier.

S'il y parvenait, il franchirait un immense pas dans l'histoire du tennis. Il se porterait à hauteur de Nadal avec 14 majeurs mais ne serait que le troisième joueur après Budge et Laver à remporter les quatre principaux tournois la même année. Ce serait un évènement colossal. Un exploit majuscule. Peut-il le faire ? Sans aucun doute. Il a l'ascendant sur tous ses poursuivants au classement. Assez nettement, même. Et son seuil de confiance est ridiculement élevé. Maintenant, il y a une raison si personne n'a réussi le Grand Chelem depuis 46 ans. Il suffit d'un grain de sable sur la machine pour que le rêve s'envole. Un Grand Chelem, ce n'est jamais du tout cuit. Même pour ce Djokovic-là.

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Les moments forts de la finale qui a sacré Djokovic pour la 2e fois à Flushing Meadows - Eurosport

Et si Federer claquait son 18e majeur ?

Trois ans et demi. Trois ans et demi que Roger Federer n'a plus levé les bras à l'issue d'une finale majeure. Cela commence à faire long pour le Suisse. Pourtant, depuis un an et demi, il n'en est plus très loin. Il a quand même disputé trois des six dernières finales majeures, et même deux de suite (Wimbledon et US Open 2015) pour la première fois depuis près de six ans. Mais lors de ces trois finales, il a buté sur un certain Novak Djokovic.

Le Serbe est donc bien la principale raison pour laquelle Roger Federer est resté bloqué à 17 titres ces 18 derniers mois. Pour franchir la dernière marche et étoffer encore son effarant palmarès, le Bâlois va d'abord devoir se maintenir au niveau remarquable qui a été le sien en 2015. C'est possible, mais pas garanti, compte tenu de son âge (il aura 35 ans cet été). Et il lui faudra ensuite compter soit sur un coup de pouce du destin qui lui permettrait d'éviter le Djoker, soit sur une baisse de régime de ce dernier. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas gagné.

Roger Federer au Masters 2015, face à Kei Nishikori.
Roger Federer au Masters 2015, face à Kei Nishikori. - AFP

Et si Nadal redevenait Nadal ?

Si 2015 a été l'année Djokovic, ce fut aussi l'année de la "dégringolade" de Rafael Nadal. Pas une seule demie en Grand Chelem pour l'Espagnol, c'était du jamais vu depuis 2004. Après des mois de doute, le dernier trimestre avait vu le Majorquin redresser la tête. Il a retrouvé une partie de sa confiance perdue. Mais le plus dur reste à faire, en tout cas dans la perspective d'un retour au tout premier plan, à hauteur de ce qu'il fut de 2005 à 2014, à savoir un vainqueur de Grand Chelem.

La problématique est un peu la même pour lui que pour Federer, mais en pire, car Djokovic lui pose aujourd'hui encore plus de problèmes qu'au Suisse. Mais Nadal n'en est pas encore là. Il a sans doute encore besoin d'un peu de temps pour se reconstruire. Si le premier trimestre 2016 est dans la lignée de sa fin de saison dernière, gare à lui pour la saison sur terre, là où il a le plus de chances d'exprimer ses qualités. L'essentiel sera d'abord de rester à l'écart des blessures. Car mine de rien, Rafa va avoir trente piges, dont plus du tiers au plus haut niveau...

Rafael Nadal
Rafael Nadal - Eurosport

Et si on voyait un nouveau vainqueur en Grand Chelem ?

Petit rappel d'abord : Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont remporté à eux trois 41 des 51 derniers titres en jeu en Grand Chelem. Ça ne laisse qu'une place limitée aux autres depuis plus d'une décennie. Il est donc très difficile d'intégrer cette caste à l'heure actuelle. D'autant que la hiérarchie au sommet du tennis est plus immobile que jamais. Alors, qui pour une grande première en 2016 ? Les 5 premiers du classement ATP ont tous déjà remporté au moins deux majeurs. Sur les 95 autres membres du Top 100, seul Marin Cilic a déjà triomphé en Grand Chelem.

Le Croate avait surpris tout le monde à l'US Open en 2014 et il est la preuve vivante que, sur un tournoi, un joueur dans un état second peut bouleverser la hiérarchie. Mais ces cas-là sont rarissimes. Un Berdych, un Ferrer, un Tsonga font partie des joueurs les plus réguliers dans les majeurs, et ce depuis des années, mais il leur a toujours manqué un petit, et surtout un gros quelque chose. Si on devait, sans trop y croire, miser sur deux noms, ce serait peut-être Kei Nishikori et Milos Raonic, dans deux registres différents. Le Canadien a le profil du joueur potentiellement dangereux sur surface rapide. Mais il parait encore loin du compte, quand même. Cela dit, Cilic l'était aussi. Reste que ce serait tout de même une grosse surprise si un joueur autre que Djokovic, Murray, Federer, Wawrinka ou Nadal remportait un titre majeur cette année.

Kei Nishikori, vainqueur du tournoi ATP de Washington.
Kei Nishikori, vainqueur du tournoi ATP de Washington. - AFP

Et si Benoît Paire devenait numéro un français ?

149e mondial en février 2015, Benoît Paire pointe aujourd'hui au 18e rang. Son meilleur classement. La forte densité du tennis français au plus haut niveau ne fait pourtant de lui que le N.4 tricolore à ce jour. L'Avignonnais provoquerait une petite révolution s'il devenait le leader français au classement mondial. Un statut que se partage depuis plus de 9 ans la bande des quatre (Gasquet, Tsonga, Monfils et Simon). D'ici le mois de septembre, le quatuor bleu majeur sera intégralement entré dans la trentaine. Benoît Paire est plus jeune (26 ans) et sur une trajectoire ascendante.

Pour franchir le pas et s'imposer comme le nouveau leader tricolore, il lui faudra d'abord conserver sa dynamique actuelle et surtout cette constance qui lui a longtemps fait défaut et qu'il semble avoir enfin trouvé. Cela passera aussi par un grand résultat en Grand Chelem. Or, pour l'heure, Paire, c'est un huitième en majeur. Autant dire pas grand-chose à ce stade. La France possède encore deux joueurs dans le Top 10, même si c'est à la frontière de celui-ci. Tant que Gasquet et/ou Tsonga garderont ce niveau, Benoît Paire aura du mal à aller les chercher, en tout cas dans un futur proche. Si le déclin des tauliers s'amorce plus vite que prévu, alors son heure pourrait venir dès 2016.

Benoît Paire durant l'US Open 2015
Benoît Paire durant l'US Open 2015 - Panoramic
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