AFP

Un œil à Melbourne : Ce Paire-là est désespérant

Un œil à Melbourne : Ce Paire-là est désespérant

Le 18/01/2016 à 17:09

OPEN D'AUSTRALIE 2016 – Une seule véritable surprise dans cette première journée à Melbourne, mais elle concerne malheureusement le tennis français, avec l'élimination de Benoît Paire. L'Avignonnais avait le visage des (très) mauvais jours contre Noah Rubin. Et s'il veut confirmer sa belle saison 2015, il ne peut plus s'autodétruire de la sorte.

L'histoire du jour

Il y a quelques jours, dans une série de questions autour des enjeux de la saison 2016, nous nous étions demandé si Benoît Paire pouvait s'imposer cette année comme le nouveau leader du tennis français. Après une campagne 2015 qui l'a vu grimper de la 150e à la 18e place mondiale, 2016 doit maintenant être l'année de la confirmation. Mais après l'avoir vu se liquéfier face à Noah Rubin, 328e mondial, il y a vraiment de quoi douter de sa capacité à s'établir durablement sur de telles hauteurs. Lundi, on a retrouvé à Melbourne le Paire désespérant, avec ce côté autodestructeur dont on pouvait espérer qu'il appartienne au passé. Ce n'est manifestement pas le cas.

Après son (non)match, qu'il a qualifié de "nul" sans que l'on puisse trouver matière à le contredire, l'Avignonnais a lâché cette phrase : "j'ai bien essayé de me révolter, mais quand on ne met pas une balle dans le court ça ne sert à rien." C'est tout le problème (qu'il puisse considérer que ça ne sert à rien). Ce fatalisme est, lui aussi, un peu désespérant. C'est aussi à cette faculté à s'en sortir quand rien ne va qu'on mesure la différence entre un joueur quelconque et un cador du circuit. S'il veut vraiment s'affirmer sur le long terme comme une valeur sûre, comme un joueur qui compte, Benoît Paire ne peut plus dégoupiller de la sorte, surtout en Grand Chelem. C'est un grand pas en arrière qu'il vient d'effectuer lundi et c'est bien dommage.

Vidéo - Paire - Rubin, les temps forts

01:35

J'ai aimé

La première victoire en Grand Chelem de Quentin Halys. Face à Ivan Dodig, il a montré du tennis mais aussi un vrai goût pour la baston. On reparlera de lui, et vite. Et maintenant, après Nadal à Roland-Garros, il va se farcir Djokovic à Melbourne. Il n'avait pas été ridicule contre Rafa.

Revoir Julien Benneteau. Un an qu'il n'avait plus joué en Grand Chelem. Après sa longue blessure, il a repris du service et malgré sa défaite en quatre sets contre Almagro, le retour au terrain lui a fait un bien fou.

Voir Serena Williams titillée dès son premier match. On se plaint parfois du manque d'intérêt des premiers tours dans le tableau féminin. Mais Serena a dû s'employer sous la chaleur face à Camila Giorgi (6-4, 7-5). Parfait pour elle. Absente depuis l'US Open, elle avait besoin de ce genre de test pour se remettre dans le bain.

Vidéo - Serena Williams - Giorgi, les temps forts

00:39

Je n'ai pas aimé

Le match de Benoît Paire, mais tout particulièrement les trois derniers points, complètement vendangés (deux fautes directes et une double faute) alors que Rubin l'avait aidé à se relancer dans ce dernier tie-break. Et encore moins sa réaction d'après-match : "je ne le connaissais pas, et après ce match, je le dis, ce n'est pas un bon joueur", a-t-il dit de Noah Rubin. Classe.

Les "révélations" de la BBC et BuzzFeed. Au-delà du timing, qui se veut pertinent à deux heures du début de l'Open d'Australie, c'est l'entre-deux des médias britanniques qui s'arrêtent à mi-chemin de leur scoop. Ils parlent de 16 joueurs du Top 50, d'anciens vainqueurs en Grand Chelem, mais en refusant de divulguer des noms, ils entretiennent potentiellement une suspicion sur tout le monde. S'ils ont les noms, qu'ils les donnent. Pour le coup, je suis assez d'accord avec Federer, qui "aimerait entendre les noms. Sinon, c'est trop facile. Cela n'a aucun sens de donner une réponse qui serait pure spéculation."

Juste pour savoir

Jo-Wilfried Tsonga ne peut pas rater les huitièmes de finale, non ? Après la sortie de route de Paire, les trois joueurs sur sa route avant la deuxième semaine sont Jasika (310e), Herbert (167e) et Rubin (328e).

Et si Hewitt nous sortait un parcours à la Connors 91 à l'US Open ? Pour sa der, ce serait savoureux. Je n'y crois qu'à moitié, voire à peine au quart, mais il est encore temps de rêver.

Kristina Mladenovic est-elle de retour ? Sans résultat significatif depuis son quart à Flushing, et après deux éliminations au 1er tour en 2016 (contre Cornet et Garcia), elle a convaincu contre l'ancienne finaliste Dominika Cibulkova.

Vidéo - AO 2016 : Itw Mladenovic

00:34

Le tweet décalé avec 48 heures de recul

L'important, ce n'est pas la chute. C'est l'atterrissage.

Trois stats à retenir

2. Le nombre de têtes de série qui sont tombées chez les hommes dès ce premier jour : Benoît Paire (N.17) donc, et Ivo Karlovic (N.22) contraint à l'abandon contre Delbonis.

38. Nicolas Almagro était justement en mode Karlovic lundi. En quatre sets face à Julien Benneteau, l'Espagnol a descendu 38 aces ! 17 de plus que le deuxième meilleur total de cette première journée.

97. Le pourcentage de victoires de Novak Djokovic depuis le mois d'août. Le numéro 1 mondial a gagné 32 de ses 33 derniers matches. Sa seule défaite ? Celle face à Roger Federer en poules, au Masters.

Vidéo - Djokovic - Chung, les temps forts

00:47
0
0