Il y a quelques jours, sur notre site, nous avions évoqué cette exception Bercy, qui fait du tournoi parisien un Masters 1000, celui où les quatre géants du circuit masculin, Federer, Djokovic, Nadal et Murray, brillent nettement moins qu'ailleurs. Voraces de Cincinnati à Monte-Carlo, du Canada à Indian Wells, de Madrid à Shanghai, ils cèdent gentiment la place aux autres à la Toussaint dans la capitale française. Mais il existe un autre particularisme au POPB, qui ne concerne cette fois pas le Big Four mais le tennis tricolore. A l'inverse des ténors, les Français, eux, brillent significativement plus sous la pyramide verte que partout ailleurs dans le monde. Il n'y a même pas photo sur ce plan.
Ces quatre dernières années, il y a toujours eu un représentant français en finale à Bercy: Jo-Wilfried Tsonga en 2008 (année de sa victoire) et 2011, Gaël Monfils en 2009 et 2010. Depuis Bercy 2008, sur l'ensemble des huit autres tournois de la même catégorie, on ne dénombre qu'une seule de bleu: celle de Richard Gasquet au Canada, cet été. Cette belle série n'a fait qu'amplifier un phénomène historique puisque Bercy est le seul Masters 1000 où l'on dénombre trois vainqueurs français au palmarès (Forget en 1991, Grosjean en 2001 et donc Tsonga en 2008). Trois, c'est un de plus que tous les autres titres cumulés par les Français sur la même période, par Forget à Cincinnati en 1991 et Pioline à Monte-Carlo en 2000. C'est dire s'il y a bien Bercy et le reste pour les Français en matière de résultats dans les Masters 1000.
Llodra : "Ce serait con de ne pas en profiter"
Bien sûr, le facteur "domicile" peut expliquer en partie cette sur-performance au POPB. "C'est vraiment génial pour un joueur français de jouer ici, confie ainsi Jo-Wilfried Tsonga. J'adore Bercy. Je m'y sens super bien. Ca joue quand même. On peut dire ce qu'on veut, jouer avec le soutien du public, ça permet de faire des choses qu'on ne réussirait pas en temps normal." Sa victime de mardi soir, Julien Benneteau, est bien placé pour confirmer l'argumentaire de son confrère et compatriote. "Ce n'est sans doute pas un hasard si j'ai battu Federer ici et pas ailleurs. On se sent porté, donc on devient plus fort, c'est une évidence", estime le Bressan. "Bercy, c'est l'idéal. Cette semaine, ce sont les vacances scolaires, c'est Bercy, j'ai ma famille, mes amis. Ce serait con de ne pas en profiter", sourit Michael Llodra, demi-finaliste en 2010, avant de souligner juste titre l'effet du cercle vertueux. Année après année, les bons résultats entrainent les bons résultats. "J'ai vécu tellement de bonnes choses ici que j'ai envie d'aller encore plus loin". Comme par enchantement, il a sorti son meilleur match de l'année mercredi face à John Isner...
Mais si le fait d'évoluer à la maison constitue un atout non négligeable, il ne suffit pas à expliquer ces résultats. A Roland-Garros aussi, les Français sont devant leur public. Pourtant, leurs résultats d'ensemble y sont plutôt moins bons que dans d'autres tournois majeurs comme l'Open d'Australie ou Wimbledon. Au soutien populaire, les Tricolores trouvent au POPB des conditions de jeu qui leur conviennent mieux. "C'est clair que globalement, la terre battue n'est pas la surface où j'ai obtenu mes meilleurs résultats. Je me sens beaucoup plus en confiance à Bercy qu'à Roland-Garros globalement", explique Jo Tsonga, symbole de cette relative faiblesse collective sur l'ocre.
Par ailleurs, la faiblesse collective du Big Four à Bercy ouvre des portes à la concurrence. Les Français ont parfaitement su en profiter ces derniers temps. Le contexte, une fois de plus, n'est pas défavorable. Nadal n'est pas là, Federer non plus, et Djokovic a disparu d'entrée. Une fois encore, l'absence et/ou la faillite des élites offrent quelques opportunités dans le tableau. Les Bleus vont dont tenter de poursuivre cette série positive en réussissant la passe de cinq. Pour l'instant, l'affaire n'est pas trop mal engagée. Ils étaient huit en seizièmes de finale. Ils sont encore trois en huitièmes. Alors, on passe la cinquième? Une chose est sûre, s'il y a bien un Masters 1000 où les Français peuvent espérer quelque chose, c'est celui-ci.
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AFP






















