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Le Top 5 des papys en Grand Chelem

Le Top 5 des papys en Grand Chelem
Par Eurosport

Le 04/06/2013 à 22:18Mis à jour Le 05/06/2013 à 20:13

A 35 ans, Tommy Haas a disputé un quart de finale à Roland-Garros. Une première depuis près de huit ans. Mais l'Allemand est encore loin des records en la matière. Voici les cinq joueurs ayant signé les performances les plus significatives dans l'ère Open dans les tournois majeurs, en dépit de leur grand âge. Edifiant.

1. KEN ROSEWALL (Australie)

Le recordman toutes catégories. Ken Rosewall est probablement le grand champion le plus sous-estimé de toute l'histoire du tennis. Et pourtant... Il ne compte "que" huit titres du Grand Chelem. Mais c'est oublier un peu vite qu'il n'en a pas disputé un seul entre 22 et 33 ans, période durant laquelle il sévit chez les pros. Enlevez à un Sampras ou un Federer tous leurs titres acquis pendant 11 saisons et voyez ce qu'il reste. Lorsque l'ère Open s'ouvre en 1968, l'Australien a donc 33 ans. Sa carrière est pourtant loin d'être finie. Rosewall va s'imposer comme le plus extraordinaire spécimen de permanence au plus haut niveau pour un trentenaire et même un quadragénaire.

Le vainqueur le plus âgé en Grand Chelem dans l'ère Open? Rosewall, bien sûr. 37 ans, deux mois et un jour lors de l'Open d'Australie, en 1972. Le deuxième plus vieux? Rosewall, évidemment. Le troisième? Toujours Rosewall, lauréat de l'US Open 1970 à près de 36 ans. Phénoménal. Et ce n'est pas tout. Il est aussi le plus vieux finaliste depuis 1968. En 1974, il s'incline coup sur coup en finale à Wimbledon puis à l'US Open. Il s'apprête alors à souffler ses 40 bougies. Rosewall, c'est aussi quatre des cinq plus "vieilles" présences dans le dernier carré. Il avait plus de 42 ans dans lors de sa dernière demi-finale et 43 lors de son tout dernier quart, en 1977, à l'Open d'Australie. Tommy Haas a encore huit années devant lui pour battre cet invraisemblable record. Vraiment, dans ce domaine, il y a Ken Rosewall et les autres.

2. JIMMY CONNORS (Etats-Unis)

Imago

Quatre mois plus tôt, Jimbo est revenu à la compétition. Il repart de rien, de la 990e place mondiale pour être précis. Les organisateurs lui accordent une wild card pour Flushing mais tout le monde est persuadé qu'il va se faire plier dès son premier tour. Tout le monde a presque raison puisqu'il est mené deux sets zéro et break dans le troisième par Patrick Mcenroe pour son entrée dans le tournoi. Au bout de la nuit, il s'impose en cinq sets et se hisse ensuite jusqu'en demi-finales, où il tombe, raide mort, contre Jim Courier. Le clou du spectacle? Son huitième de finale face à Aaron Krickstein, le jour de ses 39 ans. Probablement le match le plus électrique de l'histoire de Flushing, dans une ambiance indescriptible. Connors s'impose 7-6 au cinquième. Le vibrant "happy birthday" improvisé par le public dans la foulée avait de quoi donner la chair de poule.

3. ANDRE AGASSI (Etats-Unis)

Un peu comme Connors et Rosewall, ce qui frappe chez Agassi, c'est qu'il fut à la fois un jeune prodige et un prodigieux ancien. De l'eau a coulé sous les ponts entre le jeune chevelu (perruqué, en fait, apprendra-t-on plus tard) avec ses shorts en jean à la fin des années 80 au papy rasé qui parvenait encore à faire se lever les foules au cœur des années 2000. Agassi a connu des hauts (surtout) et quelques bas dans sa carrière, mais la trentaine lui est allée à merveille. Il remporte son dernier titre majeur en 2003 en Australie. Il a alors 32 ans et 9 mois. Suffisant pour faire de lui le plus vieux vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem chez les hommes de ces quarante dernières années. Dans un dernier souffle, il parvient encore à atteindre la finale de l'US Open en 2005. Le dernier très grand moment de sa glorieuse carrière. Il s'incline, certes, mais trouve quand même le moyen de chaparder un set à un Federer au sommet de son art. Agassi a alors plus de 35 ans. Il est le troisième plus vieux finaliste de l'ère Open. Seul Rosewall et Mal Anderson (Australie, 1972), ont fait mieux que lui. Son tableau d'honneur global passé trente ans justifie sa place sur ce podium.

4. ANDRES GIMENO (Espagne)

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5. PANCHO GONZALEZ (Etats-Unis)

Pour certains, il n'est pas loin d'être le plus grand joueur de l'histoire. Né de parents mexicains dans une famille modeste, le parcours de celui que l'on ne surnomme pas encore "Pancho" est édifiant. Autodidacte à 100%, Gonzalez a la particularité de n'avoir jamais pris la moindre leçon de tennis. Un fait unique dans l'histoire des grands champions de ce sport, qu'il a découvert sur le tard, presque par hasard. Sa première raquette, le Californien la découvre à l'âge de 14 ans. C'est sa mère qui lui a offert à Noël. La meilleure idée de la vie de madame Gonzalez. A 21 ans, il a déjà remporté deux fois l'US Open. Puis il passe pro. Nous sommes en 1949. Lorsqu'il renoue avec les tournois du Grand Chelem, en 1968, Pancho l'anticonformiste a 40 ans. Sa carrière est évidemment derrière lui. Pourtant, le quadra arrive encore à botter quelques fesses. A Roland-Garros, notamment. En 1968, il y atteint les demi-finales, 29 jours après avoir franchi la quarantaine. En quarts, il domine Roy Emerson, tenant du titre, avant de céder face à Rod Laver, de dix ans son cadet. Suffisant pour faire de lui le plus vieux demi-finaliste de l'histoire de Roland-Garros, et le deuxième plus ancien en demi-finale dans l'ère Open en Grand Chelem, derrière l'inégalable Rosewall.

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