Tim Henman, tête de série N.9, est entouré par des Argentins en demi-finales des Internationaux de France de tennis, vendredi à Roland-Garros : son adversaire, Guillermo Coria (N.3), auquel s'ajoutent David Nalbandian (N.8) et Gaston Gaudio, opposés dans l'autre partie du dernier carré.
Trois Argentins et un Britannique en demi-finales sur le central de Roland-Garros, cela ne s'était jamais vu dans l'ère open, et ces demi-finales sont inédites. Seule similitude avec l'édition précédente du "French": la présence en demi-finales pour la deuxième année consécutive de Coria, le lutin argentin, qui fait plus que jamais figure de successeur du Néerlandais Martin Verkerk, son bourreau en 2003.
Tim Henman constitue pour cet ogre de la terre battue le dernier obstacle avant une finale qui effacerait sa cruelle déception de l'an dernier. Guillermo Coria, infatigable "renvoyeur" de balles, bon passeur et joueur précis, n'a en effet perdu qu'un de ses 37 derniers matches sur sa surface de prédilection, contre Federer en finale à Hambourg.
A priori, personne ne parierait un centime sur Henman, qui appartient à une race en voie de disparition, celle des serveurs-volleyeurs. D'autant plus que Coria l'a déjà battu à deux reprises dans le passé pour une seule victoire de l'Anglais sur l'Argentin.
La conquête du filet
Mais Henman, doyen de ces demi-finales, a apprivoisé sur le tard la terre battue, où il peut se targuer d'avoir battu Coria, à Monte-Carlo en 2002, avant que celui-ci ne lui rende la monnaie de sa pièce à Rome l'an dernier. Et s'il réédite son match contre Juan Ignacio Chela, où il a réussi 49 de ses 68 volées, "Gentleman Tim" pourrait inquiéter Coria.
Le Britannique, qui n'a qu'un credo, la conquête du filet, n'a-t-il pas ravi un set à Juan Carlos Ferrero, le futur vainqueur, ici même l'an dernier en seizièmes de finale ? David Nalbandian a prouvé l'étendue de son talent en éliminant au tour précédent Gustavo Kuerten, qui était presque redevenu le roi qu'il fut.
Nalbandian, finaliste à Wimbledon en 2002, quart de finaliste aux Internationaux d'Australie et demi-finaliste à l'US Open en 2003, est l'un des rares joueurs du circuit, avec le Suisse Roger Federer, à pouvoir prétendre gagner un Grand Chelem sur toutes les surfaces.
Mental, physique, coup d'oeil, puissance, toucher: Nalbandian possède beaucoup d'atouts dans son jeu. Jusqu'à cette année, ce joueur que rien ne semble ébranler, capable d'une amortie sans frémir sur une balle de set contre Kuerten, était jusqu'à cette année considéré comme un spécialiste des surfaces rapides. Il s'est mis en tête de devenir un "terrien". Résultat: une finale à Rome, une demi-finale à Roland Garros!
Gaston Gaudio, qui n'a jamais affronté Nalbandian, est un joueur très solide, déjà quart de finaliste en 2002, dont les meilleures armes sont ses accélérations tant en revers qu'en coup droit, et un faible déchet. Mais cet Argentin au mental parfois friable, classé 44e mondial, ne semble pas posséder le talent de son prochain adversaire.
S'ils se qualifiaient, Coria et Nalbandian se retrouveraient en finale à Roland-Garros pour la deuxième fois. La première remonte à 1999, dans le tournoi juniors. Coria, plus vieux de 12 jours que Nalbandian -ils ont tous deux 22 ans-, avait alors pris le dessus et il mène 3-0 au total de leurs rencontres.
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