Tennis - ATP Tour
12/05/2007 - 17:00Federer s'enlise
Les défaites se suivent mais la confiance est la même. Roger Federer a connu un nouveau dérapage à Rome, face à son ami Filippo Volandri, mais le Suisse se montre toujours optimiste pour Roland-Garros. A-t-il encore des raisons d'y croire ?
L'univers du tennis est en suspens : Roger Federer ne gagne plus. Pire, le Suisse a soudainement l'air fragile. Bousculé par Guillermo Cañas à Indian Wells et Miami, dominé par Rafael Nadal à Monte-Carlo, on attendait le Suisse au tournant du Foro Italico à Rome. On l'a retrouvé dans les bâches, saoûlé par le lift de Filippo Volandri en deux petits sets.
Quelques chiffres
Fait rare depuis trois ans, les conséquences de cette défaite sont aussi statistiques : le Suisse n'a plus gagné depuis le tournoi de Dubaï, soit quatre tournois sans gagner. Il n'avait pas connu telle infamie depuis 2003 (Gstaad, Montreal, Cincinnati, US Open). Côté classements, Nadal s'impose plus que jamais comme le leader de la Race, soit le classement de la saison. Au classement technique, le N.1 mondial possède encore un sacré matelas de points. Il lui faudrait perdre totalement le fil de son tennis pour se retrouver à portée du N.2.
Moins bon que l'an dernier à la même époque
Rassurant ? Pas vraiment quand on sait que l'objectif de la saison est un Grand Chelem et une victoire à Roland-Garros. Mais Federer se veut rassurant quoi qu'il en soit. On l'écoute donc : " Ce n'est pas la fin du monde". Tout le monde sera d'accord sur ce point.
"Ça arrive. En général je m'en sors parce que je joue bien au bon moment."
Le N.1 mondial reste lui-même sans voix après une telle désillusion : "Il ne faut pas suranalyser". A près de deux semaines de Roland-Garros, il ne faut pas trop rentrer dans les détails du doute. "Il me reste un tournoi (Hambourg) et une semaine de préparation. Et puis Paris, ce sera en cinq sets, ce sera autre chose." Ce qui saute surtout aux yeux, c'est la différence entre 2006 et 2007. L'an passé, le Suisse était dans une dynamique de victoires sur terre battue, avec deux balles de match à la clé à Rome.
Cette saison, malgré un calendrier allégé et une préparation parfaite ("Je me suis entraîné plus que tout le monde"), son niveau de jeu ne correspond pas aux attentes.
Comme Courier et Kafelnikov ?
Finale à Monte-Carlo et 3e tour à Rome, le bilan sur terre n'est pourtant pas déshonorant. L'inconvénient pour Federer est que ses performances sont appréciées à l'aune des résultats de Rafael Nadal, lequel vient d'enchaîner vendredi sa 75e victoire consécutive sur terre, avec une rencontre totalement ou presque maîtrisée face à Novak Djokovic.
Que Federer joue le Grand Chelem, c'est avéré. Qu'il soit moins concentré lors des autres rendez-vous est peu probable. La qualité des matches de ses adversaires lors de ses récentes défaites n'est pas à remettre en cause. Volandri par exemple l'a prouvé face à Gasquet et Berdych.
Reste à savoir si la confiance de ce champion d'exception, qui ne compte que treize défaites en trois ans, suffira à colmater les brèches actuelles et à combler le retard avec Nadal. Tant que la finale de Roland-Garros n'est pas jouée, il sera difficile d'évaluer la situation du Suisse. Il est en effet délicat de dire que son hégémonie pourrait être en danger quand il est si près d'écrire une des plus belles pages de l'histoire du tennis. Roland-Garros sera donc un tournant de la saison. Sables mouvants ou tremplin.
A savoir par ailleurs : deux joueurs ont remporté leur premier Roland-Garros après un tournoi de Rome médiocre : Jim Courier en 1991, défaite par le Russe Andrei Cherkasov au 3e tour. Ainsi que Yegueny Kafelnikov, en 1996, battu au 3e tour par Andrei Medvedev.
Sa décision après Rome : Roger Federer ne travaillera plus avec Tony Roche.
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