Y aura-t-il un quatrième vainqueur différent cette saison en Grand Chelem ? La réponse est dans la raquette de Novak Djokovic. Nadal absent et Federer battu, le Serbe, vainqueur à l'Open d'Australie et tenant du titre à l'US Open, est le dernier représentant du Top 3 qui écrase le circuit en trustant les plus grands titres. Alors qu'il s'apprête à entrer pour la sixième fois de suite dans le dernier carré d'un tournoi majeur, le numéro deux mondial peut être stoppé par un homme, Juan Martin Del Potro. L'Argentin n'est pas du genre à être impressionné par l'ogre de la saison dernière et il a l'occasion, ce jeudi soir sur le court Arthur-Ashe (vers 2h30, heure française), de le prouver une fois de plus.
Lors des quatre premiers tours, Nole a revêtu le costume de Super Djoko : il n'a concédé aucun set, a perdu cinq jeux en moyenne, trois fois son service en tout et pour tout, signant là le meilleur début à Flushing Meadows de sa carrière, qui n'est pas sans rappeler celui de l'Open d'Australie 2008 où il a glané son premier titre du Grand Chelem. A Melbourne, il avait perdu sa première manche en finale. A côté de lui, Del Potro pourrait faire pale figure. Bousculé tout au long de son parcours, le huitième joueur mondial a soit perdu une manche, soit été obligé de passer par la case jeu décisif. Mais à chaque fois, l'Argentin s'en est sorti. Avec un physique de nouveau au top, une expérience d'ancien vainqueur qui parle, il n'aura pas le rôle de simple figurant face au tenant du titre.
Del Potro : "Je m'attends à un grand match"
Ce quart de finale pourrait bien faire bouger les idées reçues, comme cela a été le cas aux Jeux de Londres où Djokovic a été privé de médaille de bronze olympique début août (7-5, 6-4). Depuis, le Serbe a bien remis les pendules à l'heure, en demi-finales du Masters 1000 de Cincinnati, mais son adversaire était diminué par une blessure au poignet (6-3, 6-2). A New York, la donne ne sera plus la même. A l'aise sur ce tournoi qu'il dit être son "préféré", le géant de Tandil peut "battre n'importe qui lorsqu'il est en bonne forme physique." C'est Novak Djokovic lui-même qui le déclare et il sait de quoi il parle pour avoir déchanté récemment face à lui.
Mercredi soir, Del Potro a envoyé Andy Roddick à la retraite, quelque temps après avoir fait de même avec Marat Safin à Paris-Bercy. Deux anciens vainqueurs de Flushing Meadows, sans compter Roger Federer lui-même en 2009, tombé lors de sa sixième finale de suite à New York. A ce stade de la compétition, difficile de parler de favori clairement défini. "Nous avons récemment joué trois matches, j'en ai gagné deux (un en 2012 et un premier sur abandon en demi-finales de Coupe Davis l'an dernier, NDLR), rappelle DelPo battu cinq fois sur sept par Djokovic depuis l'US Open 2007. Je m'attends à un grand match, dans un grand stade avec un public présent, le tout dans mon tournoi préféré..." De quoi se sentir pousser des ailes et bousculer l'ordre établi, encore une fois.



AFP
























