Dés que ça nous semble nécessaire, un classement très subjectif de sportifs, d'événements et des sucreries qui nous régalent dans l'actu sportive.
Le Top 10 des joueurs bredouilles en Grand Chelem
Gagner un tournoi du Grand Chelem est une longue entreprise dans une carrière. Un aboutissement suprême que certains joueurs ne connaissent pas encore et que d’autres ne connaitront jamais, malgré un potentiel évident et une voire plusieurs occasions d’y parvenir. Zoom subjectif sur ces joueurs de l’ère Open, classés parmi les cinq meilleurs mondiaux dans leur carrière, qui ont failli toucher le Graal.
1. Andy MURRAY – 4 finales, meilleur classement : N.2 mondial
L’Ecossais a de quoi jalouser ses compagnons de route. Lleyton Hewitt (US Open 2001), Roger Federer (Wimbledon 2003), Andy Roddick (US Open 2003), Rafael Nadal (Roland-Garros 2005) et Juan Martin Del Potro (US Open 2009) ont tous remporté leur premier titre du Grand Chelem dès leur première finale. Andy Murray, lui, attend encore son tour. Alors que Federer pointe à dix-sept majeurs, Nadal onze et Djokovic à cinq, le Britannique en est à quatre… finales perdues de suite. Un triste record qu’il a égalé en s'inclinant à Wimbledon face à Roger Federer début juillet. Celui qui avait perdu ses quatre premières finales majeures n’était autre que son coach Ivan Lendl, qui s’est bien rattrapé depuis en remportant huit titres en dix-neuf finales.
Murray est encore loin du compte. Mais l’espoir semble de mise pour l’Ecossais. Murray a cassé la mauvaise dynamique en remportant le tournoi olympique à Londres sur le site même de Wimbledon en battant Roger Federer en finale au meilleur des cinq sets. Cela ne remplace pas un Majeur, mais s'annonce comme un bon présage. Cette victoire propulserait presque le Britannique dans la peau de favori pour le prochain US Open, derrière Federer et Djokovic, même si Andy a été battu par Jérémy Chardy au troisième tour du Masters 1000 de Cincinnati (6-4, 6-4). Ivan Lendl a brisé le mauvais sort à Roland-Garros en 1984, quelques mois après avoir perdu sa quatrième finale à l’Open d’Australie. Il y avait dominé l’homme de l’année, John McEnroe, au terme d’un scenario renversant en cinq manches. S’il suit la même trajectoire, New York devrait être le lieu de la délivrance pour Murray. A moins qu’il ne patiente encore…
2. Guillermo CORIA – 1 finale, meilleur classement : N.3
Les échecs en finale de Grand Chelem sont souvent traumatisants. Ce n’est pas Guillermo Coria qui dira le contraire. Sa première en finale de Roland-Garros en 2004 a été même fatale pour la suite de la carrière de ce jeune de 22 ans au futur prometteur. Cette année-là débute l’ère Roger Federer et Rafael Nadal n’est pas encore devenu l’ogre de l’ocre. Avec seize victoires pour une seule défaite sur terre battue, encaissée face à Federer en finale de Stuttgart, « El Mago » arrive à Paris avec le troisième rang mondial et le costume de favori. Il arrive en finale en ne perdant qu’un seul set en chemin, en demi-finale face à Tim Henman.
Opposé à son compatriote Gaston Gaudio, l’Argentin mène deux sets à rien (6-0, 6-3) et fonce vers son premier titre en Grand Chelem, avant que des crampes ne le stoppent dans son élan. L’Argentin s’incline finalement en cinq sets, 8-6 dans l’ultime manche, après avoir servi pour le match et manqué deux balles de titre. Après cet échec retentissant, il n'arrivera plus à croire en lui. L’année suivante, Rafael Nadal le domine en finales de Monte-Carlo et de Rome (après 5h14 de combat !) et son parcours à Roland-Garros s'achève en quart de finale face à Nikolay Davydenko. La défaite de trop pour ce spécialiste de la terre qui prend alors du recul sur le circuit. Après quelques tentatives de retour, l’Argentin prend définitivement sa retraite en 2009, à la 672e place mondiale.
3. Alex CORRETJA – 2 finales, meilleur classement : N.2
Contrairement à Marcelo Rios et Guillermo Coria, l’Espagnol, passé dans le Top 5 mondial entre fin 1998 et mi-1999, a eu deux occasions de remporter un titre du Grand Chelem. A chaque fois à Roland-Garros en 1998 et 2001, mais sans plus de réussite. La première fois, face à Carlos Moya. La seconde face à un habitué des lieux, le tenant du titre, Gustavo Kuerten. Pour l’anecdote, les deux vainqueurs s’étaient à chaque fois imposé à Monte-Carlo et avaient dominé Corretja quelques semaines avant les Internationaux de France (Monte-Carlo pour Moya et Rome pour Guga) avant de le croiser en finale de Roland-Garros.
Si la première face à son ami Moya a été à sens unique (6-3, 7-5, 6-3), la seconde face à Kuerten, alors numéro un mondial, a été plus accrochée. « Guga a déjà gagné deux fois, il peut me laisser celle-là, il aura le temps d’en remporter une troisième », avait même déclaré le Barcelonais de 27 ans, non sans humour. L’Espagnol a résisté pendant deux sets, en remportant le premier au jeu décisif, avant de lâcher prise en quatre manches (7-6, 5-7, 2-6, 0-6). Ni Kuerten, ni Corretja, ne jouèrent de nouvelle finale de Grand Chelem par la suite.
4. Todd MARTIN – 2 finales, N.4
A l’image de Robin Söderling, double finaliste à Roland-Garros malheureux en 2009 face à Roger Federer et en 2010 face à Rafael Nadal, Todd Martin était un joueur brillant, mais tombé à une période dominée par des joueurs d’exception. Comme le Suédois, il a joué deux finales de Grand Chelem face à deux phénomènes : Pete Sampras à l’Open d’Australie en 1994 et Andre Agassi à l’US Open en 1999. Pour sa première à Melbourne, il avait réussi à dominer en quatre sets Stefan Edberg, alors numéro quatre mondial, pour tomber face au leader du classement ATP en trois sets en finale.
Sa seconde expérience à l’US Open a pourtant failli être la bonne. Opposé au Kid de Las Vegas, alors numéro deux mondial qui l’avait battu cinq ans plus tôt en demi-finales de Flushing Meadows, Martin a touché le Graal du bout des doigts en 1999. Le Floridien a mené deux sets à un en remportant deux manches au jeu décisif. Mais sans convertir la moindre balle de break (0/8), il finit par céder face à un Agassi, étincelant, qui venait de remporter son premier titre à Roland-Garros quelques semaines plus tôt et était encore finaliste à Wimbledon face à Sampras. Si ce fut la dernière apparition de Todd Martin en finale d’un majeur, Agassi était loin d’en avoir fini.
5. Marcelo RIOS – 1 finale, meilleur classement : N.1
Le Chilien est une exception dans l’histoire de l’ATP : Rios est le seul joueur numéro un mondial de l’ère Open à ne pas avoir remporté de titre en Grand Chelem. Une exception dont le Sud-Américain se serait bien passé, même s’il a perdu son unique finale majeure alors qu’il n’était pas encore au top du classement ATP. Il a failli arriver à ses fins lors de sa saison la plus aboutie, en 1998, saison où il remporta sept titres, dont trois Masters et la coupe du Grand Chelem aujourd’hui disparue. C’est en janvier à l’Open d’Australie qu’il atteint sa première finale majeure. Face à lui se dresse Petr Korda. Le Tchèque, septième mondial et tout juste vainqueur à Doha, le précède au classement ATP et dispute sa deuxième finale majeure après Roland-Garros en 1992, perdue face à l’Américain Jim Courier.
Pour Rios, l’année a également bien commencé. Il a remporté le tournoi d’Auckland et se hisse en finale sans croiser la route d’un joueur du Top 20. Mais la rencontre va tourner court. Le Chilien de 22 ans s’incline en trois petits sets (6-2, 6-2, 6-2). Il ne le savait pas encore, mais il vient de manquer sa plus grande occasion de décrocher son premier majeur. Entre ce match et 2004, saison où il stoppa définitivement sa carrière en raison de récurrents problèmes de dos, il ne joua que trois quarts de finale (Roland-Garros 1998 et 1999 et Melbourne 2002). Le comble pour lui est que quelques mois plus tard, Korda fut rattrapé par la patrouille : contrôlé positif à un produit anabolisant (nandrolone), le Tchèque fut poussé à la retraite un an plus tard.
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6. David NALBANDIAN – 1 finale, ex-N.3 : Joueur au talent reconnu de tous, l’Argentin est l’un des rares du circuit à avoir joué les demi-finales des quatre tournois du Grand Chelem. Pourtant, en proie à un physique fragile, il n’a réussi à jouer qu’une seule finale majeure : il y a dix ans à Wimbledon. En 2002, sur le gazon londonien, il se heurte au numéro un mondial d’alors, Lleyton Hewitt (1-6, 3-6, 2-6). Son seul titre de gloire, il l’attrapera en Masters Cup en 2005, en battant Roger Federer en cinq manches alors qu’il ne devait pas participer à la compétition.
7. Cédric PIOLINE - 2 finales, ex-N.5 : Malgré une image de mal-aimé, Pioline est le seul Français de l'ère Open à avoir joué deux finales de Grand Chelem. Deux matches où il n'a jamais eu l'espoir de s'imposer. Aussi bien à l'US Open 1993 (4-6, 4-6, 3-6) qu'à Wimbledon 97 (4-6, 2-6, 4-6), le Tricolore a eu la malchance de tomber sur Pete Sampras qui a mis au pas le Français le plus en vue en Grand Chelem dans les années 90, même s'il atteint son meilleur classement en l'an 2000. Avec deux autres demi-finales (US Open et Roland-Garros) et quatre quarts de finale (Wimbledon et Roland), Pioline a connu de grandes victoires, notamment face à Jim Courier, alors N.1 mondial en huitième de l'US Open 93, Michael Stich en demie de Wimbledon 97 ou encore Gustavo Kuerten en quart de l'US Open 99, qui auraient mérité davantage.
8. Miloslav MECIR – 2 finales, ex-N.4 : Comme Cédric Pioline, qui a buté sur Pete Sampras à l'US Open 93 et Wimbledon 97, Mecir a été balayé à deux reprises en finales majeures par le même homme : Ivan Lendl. Egalement finaliste à l'Open d'Australie en 1989, le Slovaque a surtout marqué l’US Open 1986 en battant trois joueurs du top 10 pour aller en finale, notamment Mats Wilander, N.2 mondial en huitièmes, et Boris Becker, N.3 en demies. Mais Lendl le cueilla en ne lui laissant que six jeux en finale (4-6, 2-6, 0-6). Il se consolera en devenant le premier joueur de l'ère Open à devenir champion olympique deux ans plus tard à Séoul.
9. Henri LECONTE – 1 finale, ex-N.5 : Henri Leconte restera comme l’un des gauchers les plus talentueux du circuit ATP. Aussi génial qu’imprévisible, « Riton » a connu ses heures de gloire en Grand Chelem entre 1986 et 1988. La première année, il atteint les demi-finales de Roland-Garros et de Wimbledon pour atteindre son meilleur classement en septembre. Deux ans plus tard, il atteint la finale de Roland-Garros, en éliminant au passage Boris Becker alors 6e mondial, avant de craquer sous la pression face à Mats Wilander (5-7, 2-6, 1-6).
10. Magnus NORMAN – 1 finale, ex-N.2. L’ex-entraîneur de Robin Söderling a marqué la saison 2000 en remportant cinq titres, mais également en jouant la demi-finale de l’Open d’Australie et surtout la finale de Roland-Garros, perdue face à Gustavo Kuerten (2-6, 3-6, 6-2, 6-7), ce qui lui a valu de devenir numéro deux mondial en juin. Mais touché par des blessures à répétition, le Suédois a mis fin prématurément à sa carrière trois ans plus tard à l’âge de 27 ans, sans parvenir à faire fructifier son talent.
Sébastien PETIT
Twitter: @SP_eurosport























