Dés que ça nous semble nécessaire, un classement très subjectif de sportifs, d'événements et des sucreries qui nous régalent dans l'actu sportive.
Le Top 5 des rois de Suzuka
1. Ayrton Senna
Le Brésilien affiche des statistiques et une histoire quasi imbattables avec le circuit propriété de Honda. Il y a remporté ses trois titres (1988, 1990 et 1991) et conquis deux victoires (1988, 1993). Lorsqu'il participe à la première du GP du Japon à Suzuka, en 1987, Honda fait la pluie et le beau temps sur les circuits avec Williams, Mansell et Piquet. Le V6 Turbo nippon propulse bien sa Lotus, mais son châssis est trop faible pour le mener plus de deux fois à la victoire cette année-là. Le forfait de Mansell ayant titré Piquet le vendredi, sa deuxième place passe inaperçue.
En 1988, il revient avec McLaren en maître du jeu puisqu'une victoire lui permettrait d'écarter définitivement son coéquipier Prost de la course au titre. Hésitant au départ, il effectue une irrésistible remontée. Son émouvant triomphe libère l'attente de toute une vie d'ascète dédiée aux bolides. Le Français espère qu'il sera désormais un homme différent, plus détendu. Il se trompe lourdement. En 1989, la crise larvée entre les fers de lance de McLaren culmine avec fracas à la chicane. Le "Professeur" est à pied, le Brésilien poursuit mais se fait rattraper par Balestre, le procédurier président de la Fédération internationale du sport automobile. Le Français le taxera abusivement de pilote "dangereux". Muré dans un hiver de silence, au bord de la retraite, le Pauliste reviendra finalement se venger en 1990. Mécontent de démarrer de la pole sur la partie sale de la piste, il fonce au départ dans la Ferrari frappée du numéro 1. Une triste couronne l'attend dans le bac à sable. En 1991, il roule vers son troisième titre mais son patron, Dennis, insiste à la radio. Juste avant la ligne d'arrivée, il ralentit donc pour offrir la victoire à son équipier, l'Autrichien Berger, pour bons et loyaux services.
1992 est un rendez-vous manqué puisque son Honda V12 casse dans le 3e tour. Toujours aussi populaire en 1993 malgré le retrait officiel de Honda, il brise avec son petit V8 Ford le rêve de Prost de remporter un jour le GP du Japon, malgré une surpuissante Williams à V10 Renault.
2. Michael Schumacher
Suzuka est l'un des quatre circuits où l'Allemand a gagné six fois (avec Imola, Montmelo et Spa), et seuls Montréal et Magny-Cours occupent plus de lignes à son palmarès (sept et huit). Il s'y fait remarquer pour la première fois en 1994 : battu par Damon Hill (Williams), il va féliciter chaudement le Britannique, revenu à un point de lui au championnat avant le célèbre final d'Adélaïde... L'année suivante, c'est la première victoire. Une semaine après son second sacre, il apporte à Benetton son second trophée Constructeurs. Un cadeau d'adieu en fait, puisqu'il va ouvrir chez Ferrari un nouveau chapitre de sa carrière.
En 1997, la victoire en rouge lui permet de redevenir numéro 1 mondial avant le fameux épisode de Jerez. 1998 est une déception puisque, parti dernier après avoir calé, il perd ses dernières chances mondiales contre Mika Häikkinen (McLaren) dans une crevaison. 1999 est une édition particulière : au service d'Eddie Irvine suite à son accident en cours de saison, il ne parvient pas à faire le jeu (en avait-il vraiment l'intention ?) de son équipier contre Mika Häkkinen (McLaren).
Cet échec tombe quand même bien car il revient en 2000 pour triompher. Non content de finir la saison sur quatre victoires, il est le premier champion du monde de Ferrari depuis 1979. Sur le circuit le plus technique du Mondial, il déroule encore en 2001 et 2002 et retrouve avec angoisse l'ivresse de la consécration en 2003. Retardé par une crevaison, il va chercher in extremis le nécessaire point de la 8e place. 2004 correspond à son ultime victoire, sa quatrième devant son frère Ralf (Williams). Dernier frisson en 2006 : en tête du Mondial pour la première fois de la saison, il laisse la voie libre à Fernando Alonso (Renault) suite à la casse de son V10.
3. Mika Häkkinen
Les images du Finlandais champion du monde sont indissociables de Suzuka. En 1998, il y reprend le fil interrompu de la glorieuse histoire de McLaren en devenant le premier pilote de Woking sacré depuis Ayrton Senna, en 1991. Leader de bout en bout, il a repoussé Michael Schumacher sans trop se faire peur. A part un bref intérim de l'Allemand en tête l'année suivante, à la faveur des ravitaillements, il fonce encore avec assurance vers le titre. Ce sont là ses deux seuls succès, mais le reste de son histoire dans le repaire de Honda demeure exceptionnel : avec des voitures d'une valeur inégale, il y a signé quatre autres podiums entre 1993 et 2001, l'année de sa retraite.
4. Damon Hill
Le Britannique de Williams n'apparaît étrangement que deux fois au tableau d'honneur de Suzuka, mais pour de grandes occasions. Sous la pluie, en 1994, il s'approprie l'une des plus belles victoires de sa carrière contre Michael Schumacher (Benetton), ravivant ses chances d'être titré. Finalement malheureux à Adélaïde, débordé de toutes parts par l'Allemand en 1995, il saisit son ultime chance en 1996 face à son coéquipier Jacques Villeneuve. Le duel a tourné court : au 36e des 52 tours, une roue de la Williams du Canadien s'est fait la belle. Dans l'ombre de Prost en 1993, brièvement de Senna en 1994 avant d'être la principale victime de la suprématie de Schumi, il est rempli en ce 13 octobre de sentiments mêlés : il est enfin champion du monde mais doit quitter cette équipe qui ne croit plus en lui. Il reviendra à Suzuka avec une Arrows et brillera avec la Jordan en 1998 (4e).
5. Sebastian Vettel
L'Allemand fait partie des six pilotes sacrés à Suzuka, si l'on considère que Nelson Piquet (Williams) l'a été en 1987, bien qu'il a hérité du titre dès le vendredi suite à l'accident de Nigel Mansell. "Baby Schumi", dernier de cette lignée spéciale, a reçu les honneurs dûs à son rang en 2011, suite à une troisième place. Mais on retiendra plus sa victoire de 2010, significative autant qu'indispensable pour coiffer finalement Fernando Alonso (Ferrari), un peu plus tard à Abou Dabi.
Stéphane VRIGNAUD























