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Le Top 10 des buts d'OM-PSG
06/10/2012 - 05:49

Le Top 10 des buts d'OM-PSG

Avant la grande affiche du Championnat de France entre Marseille et le PSG dimanche, nous vous proposons un Top 10 des buts inscrits entre les deux équipes au cours de leur courte mais sulfureuse histoire commune. Samedi, nous vous avons révélé les buts inscrits entre la sixième et la dixième place. Dimanche, à partir de 10 heures, le compte-à-rebours débutera entre les cinquième et première positions. Et vous, vous préférez lequel?

1. L’AUTRE TÊTE DE BOLI
Date : 29 mai 1993
37e journée
Lieu : stade Vélodrome
Résultat : Victoire de Marseille, 3-1
Le buteur : Basile Boli


Le contexte : Exceptionnel. Au sens premier du terme. Cette finale du Championnat de France se déroule le 29 mai 1993, soit trois jours à peine après la victoire de l’Olympique de Marseille en Ligue des Champions face au Milan AC (1-0). Le club phocéen vient d’offrir au football français sa première Coupe d’Europe, après trente-sept années de disette. L’OM est sur un nuage. Ça ne durera pas, en raison de l’affaire VA-OM dont, à ce moment, tout le monde se contrefiche. Ce samedi soir, les hommes de Raymond Goethals peuvent poser une belle cerise sur un gâteau majestueux. Les Marseillais entament cette avant-dernière rencontre de la saison avec deux points d’avance sur les Parisiens. Une victoire et le titre national sera dans la poche de Rudi Völler et de ses partenaires.

Le but : Dans ce but de Basile Boli, il y a tout. Le fond et la forme. Le fond, car c’est la réalisation qui permet à l’Olympique de Marseille de passer devant au score. Et d’offrir virtuellement À l'OM un dixième titre de champion de France (qui sera retiré au club olympien quelque temps plus tard). La forme, car ce but est unique. La simple description de sa conclusion le laisse entendre. Imaginez : une tête plongeante de l’entrée de la surface. Mais Boli n’est pas le seul à évoluer sur une autre planète à cet instant de la partie. Avant que le buteur de Munich ne vienne propulser le ballon sous la barre de Bernard Lama, il y a cette récupération du défenseur central dans son propre camp. La relation Pelé - Durand en cinq touches et un ballon qui ne touche plus le sol. Boli. Puis Pelé. Et ce centre du pied gauche qui n'a pas encore pénétré dans la surface de réparation quand Basile Boli, à l’horizontale, le reprend du crâne. Ricardo est devancé par le Marseillais qui, avouera-t-il, était avant tout monté pour régler son compte au Brésilien. Finalement, Boli propulse le ballon dans la lucarne de Lama. Le gardien de l’équipe de France, aussi talentueux soit-il, ne peut pas aller chercher le ballon. Le but de l’année. Le but de l’histoire des OM-PSG.

Pourquoi c’est marquant : Pour toutes les raisons exposées ci-dessus. Et parce que Basile Boli, comme ses partenaires, était encore sur la pelouse du Vélodrome quarante-huit heures plus tôt pour présenter la coupe aux grandes oreilles au public phocéen. Micro en main et dans un état second, il chantait et haranguait les supporters. Entre Munich et ce match face au PSG, les Olympiens ont fait la fête et peu dormi. Ce 29 mai, ils n’ont pas grand chose de plus qu'un fond d’adrénaline et une dose de mysticisme à opposer aux Parisiens qui n’auront eu qu’un tort : ouvrir le score en début de match. Ils ont réveillé la bête. Et Basile Boli a fini en larmes. Trois jours plus tôt, il s’était vanté de ne pas pleurer. Ce soir-là, il n’a pas tenu. Deux ans jour pour jour après Bari.



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2. SAUZEE, UNE PATATE POUR UN TITRE
Date: 5 mai 1989
35e journée
Lieu: Stade Vélodrome
Résultat: Victoire de l'OM, 1-0
Le buteur: Franck Sauzée


Le contexte: Sportivement, c'est le premier duel entre les deux clubs qui a vraiment compté. Pour la première fois, le titre de champion se joue entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille. La rivalité médiatique n'a pas encore l'intensité qu'elle aura deux ans plus tard lorsque Canal Plus rachètera le club parisien. N'empêche, en ce mois de mai 1989, Marseillais et Parisiens focalisent l'attention et la tension commence à monter, notamment entre les deux présidents, Bernard Tapie et Francis Borelli. Le premier accuse le second, influent au sein de la Ligue, d'avoir fait invalider le transfert de Jean Tigana de Bordeaux à l'OM. Les piques se multiplient dans la presse et, le 5 mai 1989, c'est entouré de plusieurs gardes du corps que Borelli, s'estimant menacé de mort, s'installe en tribune au Vélodrome. Son club est en tête du championnat. L'OM, deuxième, n'est qu'à un petit point derrière. Cette 35e journée, c'est donc quasiment une finale qui se tient dans une ambiance de feu.

Le but: Insipide au possible pendant 89 minutes, le match s'emballe en deux actions, l'une s'inscrivant dans la continuité de l'autre. Le PSG passe tout près d'un hold-up parfait lorsque Amara Simba se présente seul devant Gaétan Huard. Paris a attendu 71 minutes pour sa première frappe, cinq de plus pour son premier corner et voilà que Tomislav Ivic et sa stratégie de la bétonneuse est en passe de payer. Si Simba trompe Huard, le titre sera quasiment dans la poche pour le club de la capitale. Mais Huard gagne son duel. Après avoir évité le K.O., l'OM va placer une terrible réplique. Sur le contre, le ballon arrive dans les pieds de Franck Sauzée. De plus de 25 mètres, légèrement désaxé sur la gauche, le milieu de terrain marseillais adresse une frappe phénoménale dont il a le secret. Le ballon épouse une trajectoire légèrement flottante. Joël Bats a esquissé un léger mouvement sur sa droite. Lorsqu'il se détend dans l'autre sens, il est trop tard. Il lui manque quelques centimètres pour toucher le cuir. Bats est battu. Paris aussi. Sauzée entame une course délirante dans une ambiance du même type.

Pourquoi c'est marquant: Parce que le scénario est exceptionnel. Un seul but dans le match, à l'ultime minute, en forme de délivrance. Dans l'histoire commune des deux clubs, rarement un but aura eu un impact aussi important. C'est celui du titre. Le premier titre de l'OM depuis 17 ans. Certes, il restait encore trois journées derrière et les Marseillais ne comptaient encore que deux points d'avance, mais la bascule s'est faite sur ce match, sur cette frappe, sur ce but. Pour de bon. Le PSG ne s'en est pas relevé. Puis, c'est le premier but à posséder une telle dimension, une telle portée, dans les relations entre l'OM et le PSG.



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3. RONALDINHO, QU'ON LUI DONNE L'ENVIE
Date: 9 mars 2003
30e journée
Lieu: Stade Vélodrome
Résultat: Victoire du PSG, 3-0
Le buteur: Jérôme Leroy


Le contexte: Pour le PSG, avant le match, il est détestable. Le club vit une saison particulièrement difficile. Une semaine avant le déplacement à Marseille, les joueurs ont été sifflés et insultés par le public du Parc lors du match face à Troyes. Les supporters voulaient manifester leur colère devant et immense gâchis. Mais c'est surtout la relation pour le moins tendue entre l'entraîneur, Luis Fernandez, et la star de l'équipe, le champion du monde brésilien Ronaldinho, qui pourrit la vie du PSG en cette saison 2002-2003. Le premier ne peut maîtriser le second, qui ne nourrit ni respect ni confiance pour son coach. Résultat, Paris végète en milieu de tableau, loin, très loin de Lyon, et même de l'OM. Mais dans cette ambiance qui sent le soufre, dans ce stade plein à craquer, Ronaldinho va trouver un terrain à la démesure de son talent. Fernandez reproche à sa vedette de choisir ses matchs. Il a raison. Mais ce soir-là, Ronaldinho a choisi: il va sortir le grand jeu. Après l'ouverture du score de Jérôme Leroy, il mystifie la défense marseillaise en seconde période après avoir récupéré le ballon au milieu de terrain. Le PSG, transcendé par le génie de son Brésilien, mène 2-0. Nous en sommes là lorsque, à la 84e minute...

Le but: Le match est déjà plié. Le PSG va s'imposer, ça ne fait plus de doute. Mais le troisième but parisien va avoir valeur de cerise sur le gâteau pour les visiteurs, et d'humiliation suprême pour les Marseillais. Sur le fond, car il va donner une ampleur inédite au succès parisien, et plus encore sur la forme. L'action part du camp parisien, d'un corner pour l'OM. En un éclair, le ballon va se retrouver 100 mètres plus loin, dans le but de Vedran Runje. Lancé en profondeur par Romain Rocchi, Ronaldinho part de plus loin encore que sur le deuxième but. Avec ce mélange de vitesse et de technique pure qui le caractérise, le surdoué de Porto Alegre entre dans la surface. Il efface Runje d'un crochet extérieur. Puis il méduse complètement le pauvre Hemdani d'une feinte de frappe. Le temps s'arrête. Ronaldinho aussi. Immobile, il ajuste sa passe, ou sa frappe, on ne sait trop. Bien sûr, la feuille de match retiendra que Jérôme Leroy a inscrit ce but, le milieu de terrain ayant propulsé le ballon dans le but juste avant la ligne. Mais ce but porte le sceau du génie de Ronaldinho, celui qu'il n'a laissé entrevoir que de façon très épisodique lors de ses deux années à Paris. Mais sur ce match, ce but, le Brésilien a montré qu'il appartenait à une autre catégorie. Celle des très, très grands.

Pourquoi c'est marquant: C'est sans doute une des victoires les plus importantes obtenues par le PSG face au rival marseillais. Cela faisait 15 ans que les Parisiens n'avaient plus gagné au Vélodrome. 1988, 2003. Deux victoires, marquées par deux véritables artistes. Susic et Ronaldinho. L'impact fut donc à la mesure de l'attente, très longue, et la joie des parisiens proportionnelle à la frustration née d'une saison ratée et minée par des querelles internes. Mais au-delà du PSG, ce but (et ce match dans sa globalité), c'est avant tout celui de Ronaldinho. Sa façon à lui de laisser une trace de son passage en France. Sa manière de dire "moi, je pouvais faire ça". Malheureusement pour les Marseillais, c'est tombé sur eux. Mais ce n'est pas un hasard. Jérôme Alonzo a raconté dans La folle histoire du PSG que le matin du match, à Marseille, lors d'une promenade, Ronaldinho lui avait confié son "feeling" du jour. "C'est beau ici. J'ai envie de jouer. Je vais te faire gagner ce soir." Ainsi allait Ronnie à Paris. Il fallait lui donner l'envie. C'était sa limite. Ce soir-là, ce fut sa force.



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4. PAULETA MYSTIFIE BARTHEZ
Date: 25 avril 2004
33e journée
Lieu: Parc des Princes
Résultat: Victoire du PSG, 2-1
Le buteur: Pedro Miguel Pauleta


Le contexte: Difficile de reconnaître le PSG 2003-2004 de la cuvée précédente. Francis Graille a remplacé Laurent Perpère, Vahid Halilhodzic a suppléé Luis Fernandez sur le banc, Ronaldinho est parti et d'autres sont arrivés. Parmi eux, Pedro Miguel Pauleta. Solide et carrée à l'image de son nouveau coach, ce PSG livre une saison aussi remarquable que la précédente avait été calamiteuse. Au printemps 2004, le titre n'est pas encore un rêve inaccessible pour les Parisiens. A l'inverse, l'OM patine et patauge, incapable de trouver la constance nécessaire pour viser le titre. Mais Marseille, à travers sa remarquable campagne européenne en Coupe UEFA, qui la mènera jusqu'en finale, a trouvé sa part de bonheur et d'aventure. Et lorsqu'ils se déplacement au Parc, les Olympiens sont invaincus depuis un mois et sept matches, toutes compétitions confondues. Au cours de cette période, ils ont sorti Liverpool et l'Inter et gagné à Lyon en championnat. Ce PSG-OM possède donc une réelle saveur. En ce dimanche après-midi, il fait beau, tout est en place pour un grand match.

Le but: Le match a commencé depuis 11 minutes lorsque Juan Pablo Sorin, autre élément décisif de la belle saison parisienne, lance Pedro Miguel Pauleta. L'Aigle des Açores se retrouve en tête à tête avec Fabien Barthez. Le gardien de but des Bleus joue plutôt bien le coup. Il ne se couche pas et oblige Pauleta à s'excentrer complètement. Au point que le portugais se retrouve à la limite de la surface, en dehors de celle-ci, juste devant la ligne de but. Le danger parait écarté. Barthez commet peut-être alors sa seule erreur: au lieu de rester devant Pauleta, il retourne vers son but. Mais peut-il imaginer ce que l'attaquant parisien lui prépare? Evidemment que non. Personne ne le voit venir. Au lieu de chercher un de ses coéquipiers au centre, Pauleta lève la tête et cherche à marquer. L'instinct du gardien qui se réfugie dans son but pour le protéger. Celui du buteur attiré immanquablement par cette cage désertée. Alors Pauleta, malgré l'angle totalement fermé, décide d'ajuster un petit lob en pivot. Son geste, pour être réussi, ne peut tolérer aucune approximation compte tenu de sa position. Mais il est parfait. Le ballon achève sa trajectoire dans le petit filet opposé, avant même que Barthez ait eu le temps de retourner dans son but. Du grand art.

Pourquoi c'est marquant: Ce n'est pas un but fondamentalement important. Ce n'est pas un but pour le titre et les deux équipes nourrissaient des ambitions diverses, l'OM rêvant surtout d'Europe. Ce n'est pas sa portée qui justifie sa présence ici. Mais la nature du geste de Pauleta, imprévisible, improbable même, donne sa dimension particulière à l'œuvre du buteur portugais. Un geste de créateur, porté par l'instinct, alors que la "logique" aurait voulu qu'il cherche à centrer, ce que 90% des joueurs auraient probablement fait dans sa position.

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5. WADDLE, LE COUP DE GÉNIE
Date: 28 octobre 1989
16e journée
Lieu: Stade Vélodrome
Résultat: Victoire de l'OM, 2-1
Le buteur: Chris Waddle


Le contexte: Nous sommes un peu moins de six mois après le choc entre els deux équipes qui a pesé si lourd dans la quête du titre 1989. Mais si l'Olympique de Marseille, dont la montée en puissance a quelque chose d'irrésistible, fait office de grand favori à sa propre succession, le PSG, lui, vit un automne difficile. Le miracle Ivic ne perdure pas et lorsque les joueurs de la capitale se rendent sur la Canebière, ils pointent à la 7e place du classement restent sur cinq matches sans victoires: quatre défaites et un nul. L'OM, deuxième à deux points de Bordeaux, part largement favori de ce qui n'est plus vraiment un choc au regard des trajectoires opposées des deux équipes.

Le but: Au départ de cette séquence, un banal corner, tiré rentrant par Enzo Francescoli, et repoussé par la défense. Eric Di Meco, à la remontée du ballon, l'expédie dans la surface, la défense parisienne joue le hors-jeu. Mal. Chris Waddle, parti dans son dos, n'est pas en position illicite. La suite, c'est une affaire d'artiste. Waddle contrôle de la poitrine avant d'éliminer Joël bats d'un petit lob. Seul face au but, sans personne devant lui, l'Anglais décide alors de se compliquer la vie en tentant une talonnade du gauche d'autant plus difficile à effectuer que le ballon est en train de retomber au sol. Le genre de geste qu'il vaut mieux ne pas rater, sous peine de passer à la postérité dans les bêtisiers. Mais Waddle ne se rate pas. De ce match, relativement anecdotique par sa qualité comme par son enjeu, il reste ce geste, cette petite folie.

Pourquoi c'est marquant: Ce but, c'est l'acte fondateur de Chris Waddle à Marseille. Acheté à prix d'or par Bernard Tapie à l'été 1989 (45 millions de francs, un record à l'époque), le gaucher a d'abord suscité le scepticisme. Les premiers pas phocéens de l'international anglais sont loin de justifier la somme déboursée par l'OM pour l'arracher à Tottenham. Waddle a du mal à trouver sa place. Ça commence à jaser. On commence à parler d'une mauvaise pioche, à l'inverse de Glen Hoddle, arrivé deux ans plus tôt, toujours de Tottenham, mais à Monaco. Avec ce but face au PSG, Waddle, pour la première fois, montre de quoi il est capable. Son geste était celui d'un joueur soumis à une forte critique et, disait-on, en proie au doute. Il fallait pourtant une sacrée dose de confiance en soi pour le tenter. Et, plus encore, une part de folie. Folie créatrice, celle-là même qui allait caractériser la carrière marseillaise de Chris Waddle.

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6. RAVANELLI, VICTIME OU COUPABLE?
Date : 9 novembre 1997
Lieu : Parc des Princes
Résultat : Victoire de Marseille, 2-1
Le buteur : Laurent Blanc (sur pénalty)


Comment? Un penalty dans les dix buts les plus marquants de l'histoire des PSG-OM? Oui, mais pas n'importe quel penalty. Nous parlons probablement là du penalty le plus controversé de ces vingt dernières années en France. L'auteur de ce but, Laurent Blanc, n'en est qu'un personnage très secondaire. Nous sommes donc le 9 novembre 1997 et pour la première fois depuis la fin de l'ère Tapie, le choc PSG-OM prend également un relief sportif. Marseille, quatrième, est accueilli au Parc par le leader du championnat. Alors que le score est de 1-1 et que les cartons pleuvent de part et d'autre, Fabrizio Ravanelli, en une séquence, va devenir un héros marseillais pour l'éternité. Il déborde côté gauche et pénètre dans la surface de réparation. Eric Rabesandratana est à la lutte avec l'attaquant italien. Flairant le danger, le défenseur parisien lève les bras, comme pour signaler à M.Puyalt qu'il fait tout pour ne pas commettre d'action rédhibitoire. Inutiles et insuffisantes précautions d'usage. Ravanelli s'effondre dans le gazon. La chute est parfaite. A-t-elle été provoquée par un contact ou entièrement simulée?

A l'époque, Charles Biétry, directeur des sports de Canal +, avait produit des images "inédites" quelques jours après le match, sur le plateau de l'émission Nulle Part Ailleurs. Selon lui, elles démontraient que Rabesandratana avait touché le talon de Ravanelli. Mais l'interprétation de Biétry ne fut pas partagée par tout le monde. En réalité, il est très difficile de dire si M.Puyalt a eu raison ou tort. Débat aussi vain que sans fin, en somme. Seule certitude, l'arbitre a bien sifflé le penalty, transformé par Laurent Blanc. Le but de la victoire pour les Phocéens (1-2), leur première au Parc depuis sept ans. Furieux sur le coup, les Parisiens n'ont pas décoléré après le match. Ils hurlent. De toutes ces sorties furibardes, on retiendra celle de Laurent Fournier: "On se fait entuber chez nous, c'est grave quand même". Curieux postulat. Comme s'il était plus ou moins grave de se faire entuber à domicile ou à l'extérieur. Mais Ravanelli, lui, n'a entubé personne. Il l'a toujours juré. De coupable, il se dressera même en victime, avec en parfait avocat son entraineur de l'époque, Roland Courbis, magicien de la tirade savoureuse et de la mauvaise foi assumée. Fabrizio lui a juré sur la tête de sa mère qu'il n'avait pas simulé. Alors, comment pourrait-on ne pas le croire, expliquera l'ami Roland? L'Italien, lui, clamera haut et fort son innocence dans L'Equipe. "Jamais je n'ai eu une réputation de tricheur en dix ans de carrière en Italie", affirmera-t-il. Tiens donc. En France, en revanche… Curieux, quand même, comme une fraction de secondes, une simple action, suffit à figer une carrière. Pour cette seule séquence, Ravanelli est devenu un héros ou un salaud. Dans la vie, finalement, tout est une question de point de vue...



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7. SIMONE VERSION BATMAN
Date : 5 mai 1999
32e journée
Lieu : Parc des Princes
Résultat : Victoire du PSG, 2-1
Le buteur : Marco Simone


Jamais l'Olympique de Marseille n'a été aussi près du sacre depuis celui de 1992 (celui de 1993 leur sera retiré, NDLR) qu'en ce printemps 1999. L'équipe de Roland Courbis est en tête du championnat avec un point d'avance sur Bordeaux à trois journées de la fin. Certes, lors de ce 32e acte (la saison en compte alors 34, la L1 étant à 18 clubs), l'OM doit se déplacer au Parc des Princes. Mais le PSG vit sa pire saison de la décennie. Il a changé deux fois d'entraineur, une fois de président, et végète en milieu de tableau. Autant dire que sa saison est foutue et quasiment fini. Que peut bien craindre Marseille de ce PSG-là? Pas grand chose a priori. D'ailleurs, à un peu plus de cinq minutes de la fin du match, les Provençaux mènent 1-0. Tout va bien pour eux. Depuis la 21e minute, ils mènent 1-0 grâce à Florian Maurice. Un but de Maurice au Parc, ce n'était pas si fréquent du temps où il jouait au PSG. C'est dire s'il jubile. Plus d'une heure plus tard, malgré un match plus que correct, Paris est toujours mené.

Puis tout bascule en une poignée de minutes. A la 84e, Marco Simone met le feu au Parc. L'Italien trouve un point d'appui en Mickael Madar à vingt mètres du but de Porato, dans l'axe. Il est quasiment à l'arrêt lorsqu'il décoche une frappe du droit limpide qui vient tromper le portier marseillais. Ambiance délirante au Parc. Simone, heureux mais chambreur, vient fêter son but devant la tribune des supporters marseillais, à qui il exhibe son tatouage de Batman en soulevant son maillot. D'un coup, le Parc oublie tout. Le recrutement raté, la saison pourrie jusqu'à l'os, la catastrophe Biétry, le fiasco Giresse... A cet instant, il n'y a plus que Super Marco et cet OM dans les cordes, puis bientôt à genoux quand Bruno Rodriguez donne la victoire au PSG trois minutes plus tard. Pourquoi cette victoire vaut si cher aux yeux des Parisiens? Parce que c'est la première depuis neuf ans en championnat face à l'OM. Surtout, cette défaite fait perdre la tête du classement à Marseille, qui devra laisser le titre à Bordeaux, les Girondins venant chercher leur sacre en s'imposant... au Parc (2-3). Lequel peut donc se montrer plus ou moins accueillant, en fonction de son hôte...



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8. SUSIC-CALDERON, LE BUT DE LA SURVIE
Date : 21 mai 1988
36e journée
Lieu : Stade Vélodrome
Résultat : Victoire du PSG, 2-1
Le buteur : Gabriel Calderon


Lueur et décadence. Tel est le contexte de ce printemps 1988 pour l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain. Lueur d'espoir, pour les Phocéens, d'accrocher une place européenne. Dauphins de Bordeaux un an plus tôt, ils rêvaient du titre et Bernard Tapie avait recruté en conséquence, avec les arrivées de Klaus Allofs, Abedi Pelé ou Yvon Le Roux. Mais la mayonnaise n'a jamais vraiment pris, en dépit d'un bon parcours en Coupe des Coupes. Reste, donc, la perspective, faute de titre, d'accrocher une place qualification européenne. Le PSG se contenterait bien d'un tel horizon. Deux ans après le premier sacre de son histoire, le club de la capitale est au bord du gouffre. Les Parisiens occupent la 18e place du classement à l'heure de se déplacer au Vélodrome. Sachant qu'il ne reste que trois journées, Paris joue bel et bien sa peau. Deux hommes, symboles de la réussite pas si lointaine du PSG, vont se montrer décisifs à Marseille. Francis Borelli, d'abord. Le président parisien aime son club comme on aime un membre de sa famille. Ce matin-là, à l'hôtel, il intervient après la causerie tactique de Gérard Houllier. Il parle à ses joueurs comme à ses fils. Il leur dit qu'il les aime. Qu'il a confiance en eux. Des mots simples. Juste ceux que son groupe, méconnaissable et incapable d'aligner trois passes depuis des semaines, avait besoin d'entendre. En sortant de là, Philippe Jeannol lance un "vu la façon dont il nous a parlé, c'est sûr, on va gagner." Pas vraiment le genre de certitudes qui habitaient les Parisiens en cette période… C'est dire la force de persuasion des paroles de Borelli.

Bernard Tapie n'a pas entendu les mots de son confrère des la capitale. Chambreur, provocateur, il décoche aux dirigeants parisiens un uppercut dont il a le secret dans les couloirs du Vélodrome, peu avant le coup d'envoi: "Je vous aurais bien fait un match nul pour vous arranger les gars mais ce soir, je suis obligé de gagner". C'était sans compter sur les mots de Borelli. Sans compter, surtout, sur la classe de Safet Susic. A 33 ans, le meneur de jeu yougoslave traverse la pire période de sa carrière parisienne. Il a même longtemps été écarté du groupe. Il rumine sa rancœur depuis plusieurs semaines. Ce 21 mai 1988, il va sauver son club, presque à lui tout seul. C'est lui, d'abord, qui ouvre le score à la 23e minute. Mais Jean-Pierre Papin égalise cinq minutes plus tard. Paradoxalement, le PSG ne doute pas, pour la première fois depuis bien longtemps. L'équipe est solide et solidaire. Elle sent que son destin, c'est de repartir avec trois points. Comme par magie, à moins que ce ne soit de la pure logique, à cinq minutes de la fin, Paris va marquer. Le but de la victoire. Celui qui le sort de la zone rouge. A l'origine de ce but, Safet Susic, bien sûr. L'esthète, ballon au pied, lève la tête, et dépose un caviar sur celle de l'international argentin Gabriel Calderon, qui fige Joseph-Antoine Bell sur sa ligne. Le banc parisien exulte. Tapie fulmine. Le PSG mettra quinze ans avant de regagner au Vélodrome. Mais ce succès-là, s'il n'est pas le plus glorieux de son histoire, pèse néanmoins très lourd dans la trajectoire du club. Sans ce deuxième but, sans Susic, Paris aurait peut-être fini en deuxième division. Quasiment un quart de siècle plus tard, il n'a toujours pas connu les affres de la descente.

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9. TWIST AGAIN AU PARC DES PRINCES
Date : 10 février 1991
26e journée
Lieu : Parc des Princes
Résultat : Victoire de l'OM, 1-0
Le buteur : Basile Boli


Ce but de Basile Boli est presque une anomalie dans le Top 10 que l’on vous propose aujourd’hui. La réalisation du défenseur de l’équipe de France, qui s’était mué en "serial buteur" cette saison-là (8 buts en Division 1), n’a rien de mémorable. C’est un but décisif, certes, puisqu'il permet à Marseille de s’imposer au Parc des Princes (0-1). Mais d’une importance relative dans la conquête du troisième titre de champion de France d’affilée de l’OM puisque le club phocéen comptait cinq longueurs d’avance – avec la victoire à deux points - sur son dauphin monégasque avant le coup d’envoi. Niveau esthétique, ce n’est pas vraiment ça non plus. L'ancien Auxerrois y est allé d’une reprise opportuniste au cœur de la surface de réparation de Joël Bats. Non, ce but de Boli, inscrit à la 71e minute de cet avant-dernier  PSG – OM de l’ère Borelli (ndlr : il y aura un 8e de finale de Coupe de France disputé quelques semaines plus tard), n’a gagné sa place dans ce Top que par ce qui s’est passé avant même que Chris Waddle arme son pied gauche sur un corner appelé à trouver la tête de Carlos Mozer, puis Basile Boli. Il reste une vingtaine de minutes à jouer quand Marseille obtient le coup de pied de coin. Un arrêt de jeu force Waddle à patienter avant d'armer son pied gauche. Si une bonne partie du Parc des Princes s’est déplacée ce dimanche après-midi pour voir l’OM et ses stars, les supporters parisiens sont là et donnent de la voix. A l’image de la Tribune Boulogne qui, voyant l’Anglais les mains sur les hanches, décide de l’occuper en lui fredonnant un air bien connu, mêlant son patronyme à quelques noms d’oiseaux. Chris Waddle, showman attitré de l’OM, ne se démonte pas. Et entame quelques pas de danse, mimant dans le même temps la gestuelle d’un chef d’orchestre devant les supporters parisiens peu habitués à ce type de réplique. Une réplique en deux temps puisque Waddle mettra un point final à l’histoire sur le corner suivant.

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10. FIORESE, GUEULE DE BÊTE NOIRE
Date : 30 novembre 2003
15e journée
Lieu : Stade Vélodrome
Résultat : Victoire du PSG, 1-0
Le buteur : Fabrice Fiorèse


Qu'il s'agisse des Marseillais ou des Parisiens, les supporters des deux clubs ont toujours eu leurs têtes de turc favorites dans l'autre camp. On ne prend ainsi pas trop de risques en affirmant qu'Eric Di Méco compte parmi les Phocéens les plus détestés de l'histoire dans la capitale. Avant de rejoindre la Canebière en 2004, Fabrice Fiorèse pouvait lui aussi se targuer d'une jolie "cote d'amour", dans l'autre sens, à Marseille. Peut-être parce qu'il était devenu un des chouchous du Parc et de son tempérament. Sans doute, aussi, parce qu'il a incarné un PSG qui alignait les succès face à l'OM, inversant le rapport de forces des années 90. C'est donc peu dire que le Vélodrome a souffert en ce 30 novembre 2003 lorsque, à 70 secondes de la fin du temps règlementaire, Fiorèse est venu crucifier l'OM sur un contre mené tambour battant. L'ancien Guingampais n'a plus eu qu'à pousser le ballon au fond du but de Vedran Runje, qui n'avait pu que repousser la frappe de Pedro Pauleta. La saison précédente, c'est lui, déjà qui avait marqué le but de la qualification contre Marseille en Coupe de France, lors de la prolongation, alors qu'il revenait tout juste d'une suspension de trois matches pour une grossière simulation. Une vraie gueule de bête noire, ce Fiorèse. Neuf mois plus tard, il signera donc à Marseille. Il y fera un four. Etonnant, non?

Laurent VERGNE (avec M.D.)

 
 
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