Dés que ça nous semble nécessaire, un classement très subjectif de sportifs, d'événements et des sucreries qui nous régalent dans l'actu sportive.
Le Top 10 des joueurs suédois
Le tennis suédois a beau traverser la pire crise de son histoire récente, il a compté à la belle époque quelques champions immenses. Trois d'entre eux, Bjorn Borg, Mats Wilander et Stefan Edberg, figurent même parmi les plus grands de l'histoire de ce sport. Voici notre Top 10.
1. BJORN BORG
Date de naissance: 1956
Grand Chelem: 11 titres
Total tournois gagnés: 64
Meilleur classement: 1er
En bref: Une légende. Un mythe. L'homme qui a fait entrer le tennis dans l'ère moderne. Il restera à jamais la première grande star internationale de ce sport. A la fois un champion et un personnage hors normes. Bjorn Borg, c'était une machine à gagner et à produire du rêve. Une carte de visite énorme, avec 11 titres du Grand Chelem, six à Roland-Garros et cinq à Wimbledon, acquis de façon consécutive. Mais Borg, c'est tellement plus qu'un palmarès. C'est un révolutionnaire, qui a fait franchir un pas de géant à sa discipline.
Le must: Comment ne pas citer sa finale victorieuse à Wimbledon en 1980 face à John McEnroe? Incontestablement un des chefs-d'oeuvre de l'ère Open. Un match sublime entre deux stars et deux maitres du jeu, aux caractères et aux jeux parfaitement asymétriques. L'opposition de style parfaite, en somme. Borg a perdu dans cette finale un tie-break légendaire (18-16), mais c'est bien lui qui a fini par avoir le dernier mot, 8-6 au cinquième set. Indémodable. Ce fut l'apogée de Borg, juste avant un déclin brutal. Certes, BB gagnera encore à Roland-Garros une dernière fois après ça, mais la fin était proche.
Un regret éternel: L'US Open. Malgré quatre finales, Borg n'a jamais gagné le majeur américain. Presque une anomalie, tant il avait tout pour triompher là-bas, qu'ils 'agisse de la terre battue de Forrest Hills ou, ensuite, du ciment de Flushing. On regrettera aussi que l'Open d'Australie n'ait pas eu à l'époque de Borg l'impact qu'il possède aujourd'hui, sans quoi l'homme au bandeau Fila aurait sans doute garni davantage encore son palmarès. Mais il n'a joué qu'une seule fois aux Antipodes, au tout début de sa carrière, en 1974.
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2. MATS WILANDER
Date de naissance: 1964
Grand Chelem: 7 titres
Total tournois gagnés: 33
Meilleur classement: 1er
En bref: L'héritier de Bjorn Borg. En 1981, lorsque le maitre enlève son sixième et dernier Roland-Garros, Mats Wilander décroche le titre chez les juniors. Il a 16 ans. Un an plus tard, la Suède est orpheline de Borg. A la surprise générale, Wilander succède à son glorieux aîné, battant notamment en huitièmes Lendl, grand favori, et Vilas en finale. Le début de six années exceptionnelles, marquées par sept titres en Grand Chelem, trois à Paris, trois autre en Australie (sur gazon puis sur dur) et un dernier, sans doute le plus beau, à l'US Open. Sans oublier l'accession à la première place mondiale. Limeur de fond de court limite soporifique à ses débuts, Wilander saura faire évoluer peu à peu son jeu pour devenir bien plus qu'un pur terrien: un authentique champion tout terrain. A côté de ça, un personnage éminemment sympathique, au charisme tranquille, et au fair-play légendaire.
Le must: Sa saison 1988, quasi parfaite. Wilander réussit cette année-là le petit Chelem, en s'imposant en Australie, à Roland-Garros et pour la première fois de sa carrière à l'US Open, avec une victoire mémorable en finale face à Ivan Lendl au terme d'un combat dantesque. Après ce match, le Suédois devient pour la première fois de sa carrière numéro un mondial. A 24 ans, il est alors au sommet de sa gloire. Au cours de cette campagne d'anthologie, Wilander a également atteint les quarts de finale à Wimbledon et gagné à Key Biscayne (l'ancêtre du Masters 1000 de Miami) qui, à l'époque, se déroulait selon le format Grand Chelem, avec sept tours au meilleurs des cinq sets.
Un regret éternel: Son usure précoce. Si Wilander avait pu jouer au plus haut niveau jusqu'à 30 ans, quel serait son palmarès aujourd'hui? Mais ce "si" était trop lourd pour lui. 1988 a marqué le début de la fin. Devenu numéro un mondial, Mats a vu sa motivation s'effriter. Il n'a plus été que l'ombre de lui-même par la suite. Fin 1989, il n'était même plus dans les dix premiers du classement ATP.
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3. STEFAN EDBERG
Date de naissance: 1966
Grand Chelem: 6 titres
Total tournois gagnés: 42
Meilleur classement: 1er
En bref: Si un joueur de tennis devait incarner l'élégance, ce serait à coup sûr Stefan, Edberg. Il est le troisième géant du tennis suédois avec Borg et Wilander, mais il a été le premier (le seul?) à montrer qu'un Suédois pouvait être autre chose qu'un marathonien de fond de court. Edberg, ou l'anti-Borg. Un attaquant-né, un des plus grands volleyeurs de l'histoire du jeu. Son terrain de jeu favori, c'est sur herbe, et sur dur, pas sur terre, qu'il l'a trouvé. Surdoué auteur du Grand Chelem chez les juniors en 1983, Edberg va mettre quelques années à prendre le pouvoir chez les grands, même si son premier titre majeur viendra vite, en Australie. Mais c'est sa victoire à Wimbledon, en 1988, contre Becker, qui va le libérer définitivement. Au final, Edberg, c'est trois doublés, un en Australie, un à Wimbledon, et un autre à l'US Open, longtemps sa bête noire avant de devenir sa meilleure compagne.
Le must: Son US Open 1992. Tenant du titre, le soyeux attaquant bégaie son tennis. L'élégant se meut en combattant. Seul moyen de s'en sortir. Dans la difficulté, il révèle un visage inédit et signe un exploit dantesque: il remporte trois matches de suite en cinq sets après avoir été mené d'un break dans la manche finale. Krajicek en huitièmes, Lendl en quarts et Chang en demies sont ses trois victimes. En finale, il terrasse Pete Sampras en quatre sets. C'est le dernier de ses six titres du Grand Chelem. C'est aussi le plus beau.
Un regret éternel: Comme beaucoup de grands champions des années 80, il ne lui manque qu'un seul des quatre titres du Grand Chelem. Sa carence à lui est parisienne. Edberg n'a jamais été très à l'aise à Roland-Garros. Mais en 1989, année un peu bizarre (Wilander, tenant du titre, est au bout du rouleau et Lendl, archi, archi-favori, se fait sortir en huitièmes par Chang dans un match échappant à toute logique), Edberg tient la chance de sa vie. Il se hisse en finale en sortant Becker en demies. Seul Michael Chang le sépare alors du titre. Ce n'est qu'un gamin de 17 ans. Mais il vit la quinzaine de sa vie. La finale est superbe mais cruelle pour le Suédois, battu en cinq sets. Il ne dépassera plus jamais les quarts de finale à Paris.
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4. Sven Davidson
Le pionnier. Avant Bjorn Borg, c'est lui qui a inauguré le palmarès suédois dans les tournois du Grand Chelem, en remportant Roland-Garros en 1957. A 29 ans, Davidson tenait enfin sa consécration après deux échecs en finale les deux années précédentes, face à Lewis Hoad (qui avait pourtant pris une cuite monumentale la veille de la finale) et Tony Trabert. Demi-finaliste à Wimbledon et à l'US Open, il fut une des vedettes du circuit amateurs à la fin des années 50. Egalement excellent joueur de double, Sven Davidson a fait les belles heures de la Suède en Coupe Davis. Il a été un initiateur. Personnage entier et parfois controversé, il a quitté la Suède dans les années 70 pour s'installer en Californie. "Sven, comme Lennart Bergelin (NDLR, le légendaire coach de Bjorn Borg) venaient de milieux populaires et ont bousculé l'aristocratie du tennis suédois. Ils n'ont pas toujours été bien acceptés pour cette raison", expliquera Mats Wilander. Introduit au Hall of Fame du tennis en 2007, il s'est éteint un an plus tard, à l'âge de 80 ans.
5. Thomas Johansson
Johansson tient forcément une place à part dans la galaxie du tennis suédois puisque, dans l'ère Open, il est le seul, en dehors du trio de géants Borg-Wilander-Lendl à avoir remporté un titre du Grand Chelem. Le dernier en date, d'ailleurs. C'était à l'Open d'Australie, en 2002, et c'est peu dire que son sacre avait constitué une surprise. Vainqueur en finale d'un Marat Safin à côté de ses baskets de et sa raquette, Johansson a été d'un magnifique opportunisme: il a su gagner quand sa chance est arrivée. Avant cela, il n'avait jamais brillé dans les grands tournois, ne dépassant jamais les huitièmes de finale. Après ce titre surprise, il atteindra les demi-finales en 2005 à Wimbledon. Et c'est à peu près tout. Etait-il un grand champion? Non. Enqvist, Soderling ou même Svensson avaient probablement davantage d'envergure que lui. Mais Johansson a su être "the right man in the right place at the right time". Il est tombé au bon moment, au bon endroit. Et la Suède peut lui dire merci, sans quoi elle attendrait un titre majeur depuis 20 ans. Là, ça ne fait que dix...
6. Thomas Enqvist
Un bûcheron plus qu'un poète mais, dans ce registre, Thomas Enqvist a été un des meilleurs spécialistes de la fin des années 90. Son gros service et son coup droit au diapason lui ont permis d'accéder à la quatrième place mondiale en 1999. A son palmarès, pas moins de 19 titres, dont un à Bercy et un autre à Cincinnati. Il a également gagné deux Coupes Davis. Valeur sûre du circuit, il a achevé quatre saisons dans le Top 10 du classement ATP. Aucun autre joueur suédois n'a réussi une telle performance en dehors de Borg, Wilander et Edberg. En Grand Chelem, il lui a manqué un soupçon de caractère pour aller au bout. Finaliste à l'Open d'Australie en 1999, il avait coincé en quatre sets contre Kafelnikov. C'est la seule fois de sa carrière qu'il a dépassé les quarts.
7. Robin Soderling
L'incontestable numéro un suédois de ces dernières années, et le seul joueur de sa génération à s'être installé parmi le gratin. Söderling a signé un exploit que l'on peut qualifier d'historique en battant Rafael Nadal en huitièmes de finale à Roland-Garros en 2009. A ce jour, il reste le seul à avoir infligé une défaite au Majorquin sur la terre battue parisienne. Le gros cogneur scandinave a joué deux finales à Roland. Malheureusement pour lui, il est tombé par deux fois sur deux monstres, Federer en 2009 puis Nadal en 2010. Egalement quart de finaliste à Wimbledon et l'US Open, il a atteint la 4e place mondiale en novembre 2010 après sa victoire à Bercy. Malheureusement, après trois saisons remarquables, il a été stoppé net à l'été 2011 par une mononucléose. Depuis, il n'a pas retrouvé l'intégralité de ses moyens physiques et, à 28 ans, sa carrière reste en suspens.
8. Magnus Norman
Par la faute d'un corps perturbé de façon quasi constante par des blessures, Magnus Norman n'a pu réaliser la carrière qu'il aurait pu (dû?) accomplir. Du coup, sa présence au plus haut niveau a été météorique. A son actif, une seule grande saison, en 2000. Demi-finaliste de l'Open d'Australie, il atteint ensuite la finale à Roland-Garros où il livre un combat épique contre Gustavo Kuerten, s'inclinant en quatre sets. Au cours de cette année de feu, il remporte au passage cinq titres dont le tournoi de Rome. Voilà comment il se retrouve à la deuxième place mondiale, ce qui fait de lui le seul joueur suédois à avoir figuré sur le podium du classement ATP depuis Stefan Edberg.
9. Anders Jarryd
Si la Suède a connu son âge d'or dans les années 80, c'est aussi parce que, derrière Wilander et Edberg, elle possédait un vivier de très bons joueurs absolument extraordinaire. Tous n'avaient pas l'étoffe des grands champions que furent Wilander ou Edberg, mais beaucoup de pays se seraient volontiers contentés d'eux en guise de numéro un. C'est le cas d'Anders Jarryd. Jarryd, c'est d'abord un formidable joueur de double. Numéro un mondial de la spécialité, il a remporté pas moins de 59 titres dans cette discipline, dont huit en Grand Chelem. C'est grâce à ses qualités de joueur de double qu'il est devenu un pilier de l'équipe de Suède de Coupe Davis dans les années 80, remportant par deux fois le Saladier d'Argent. Mais en simple, Jarryd n'était pas manchot non plus. Il a remporté huit titres et tout de même atteint la 5e place mondiale à l'été 1985, dans la foulée de sa principale performance majeure, lorsqu'il s'est hissé en demi-finales de Wimbledon. Face à la révélation Boris Becker, il laisse filer sa chance, s'inclinant en quatre sets.
10. Joakim Nystrom
Le seul joueur de cette liste à ne pas avoir remporté atteint le dernier carré dans un tournoi du Grand Chelem. Nystrom a buté en quarts, à l'US Open ou à Roland-Garros, comme en 1987 lorsqu'il poussa Ivan Lendl aux cinq sets. 7e mondial cette même année, Nystrom a mis fin à sa carrière à seulement 26 ans, mais il avait eu le temps de décrocher 13 titres sur le circuit. Il aura été un des joueurs clés de la suprématie suédoise en Coupe Davis, notamment grâce à ses qualités de joueur de double. Si Jarryd a beaucoup joué avec Edberg, Nystrom, lui, avait trouvé en Mats Wilander le partenaire idéal. Ensemble, ils ont d'ailleurs remporté Wimbledon en 1986.
Laurent VERGNE
Twitter: @LaurentVergne























