Le Top 5 des vrais-faux derbys de Ligue 1

Le Top 5 des vrais-faux derbys de Ligue 1
le 03/11/2012 à 21:40

Bordeaux – Toulouse sera, dimanche, selon l’expression consacrée, le derby de la Garonne. Est-il raisonnable d’accoler un terme si connoté à un match entre deux villes distantes de 250 kilomètres, qui n’ont jamais vraiment lutté l’une contre l’autre pour un titre majeur. Notre réponse est non. La L1 est pleine de ces derbies qui portent très mal leur nom. N’est pas Lyon – Saint-Etienne qui veut…

1. AJACCIO - BASTIA, LES FRERES CORSES
L'opposition entre les deux représentants corses de Ligue 1, Ajaccio et Bastia, marque toute la subtilité du "label". Plantés sur la même île à une centaine de kilomètres de distance, l'AC Ajaccio et le Sporting Bastia ne s’affrontent pas dans un vrai derby, de l'avis même des principaux intéressés. "Pour nous, ce n'est pas le match de l'année, nous expliquait le capitaine ajaccien Jean-Baptiste Pierazzi avant la réception de Bastia à la mi-octobre. Je le vois plutôt comme la fête du football corse." Entre Nord et Sud de la Corse, l'opposition n'est cependant pas tout à fait neutre. Mais selon Didier Rey, historien du football corse, cette rivalité correspond à des "schémas culturels anciens", sérieusement bousculés lorsque le Sporting a élu domicile à Ajaccio après la catastrophe de Furiani.

2. A L'OMBRE DE RENNES-NANTES, LES "CELTICOS"
Brest, Lorient et Rennes : cette année encore la Bretagne compte trois représentants en Ligue 1, pour autant de combinaisons possibles susceptibles de donner lieu à des derbys bouillants. Sauf que ces "Celticos" sont aussi sérieux que le drôle de surnom dont ils ont été affublés. En Bretagne, difficile d'exister à l'ombre de la rivalité entre Rennes et Nantes, les deux capitales historiques de la région… Mais d’ailleurs Nantes est-il en Bretagne ou seulement dans le Grand Ouest ? Excellente question, qui justifie en partie l’âpreté des Rennes – Rennes. Les confrontations avec Guingamp cristallisent aussi quelques tensions, mais l'En Avant n'a plus goûté à la Ligue 1 depuis 2003, ce qui ne facilite pas l'entretien d'une rivalité appuyée.

3. NANCY - SOCHAUX, DE l'EST AU GRAND-EST
Au-delà de l'Alsace et de la Lorraine, on a lu récemment qu’une rivalité existait entre Nancy et Sochaux. Mais à l'exception de quelques supporters avides d'oppositions, nul ne considère l'appellation "derby du Grand-Est" avec sérieux. Privés des confrontations avec Metz, le voisin lorrain, ou Strasbourg, l'ennemi alsacien, les Nancéiens se sont rabattus par défaut sur leur adversaire le plus proche géographiquement. Sans que l'opposition avec Sochaux ne prenne véritablement racine dans les esprits. "Il n'y a qu'un derby pour nous, c'est le derby lorrain, explique-t-on sur les forums de supporters nancéiens. Sochaux, on s'en fiche complètement." Quant au vrai derby de l'Est, il oppose le RC Strasbourg au FC Metz. Peut-être un de ces jours en National.

4. BORDEAUX - TOULOUSE, LA GARONNE POUR VECTEUR
Difficile de trouver le fondement d'une rivalité entre Bordeaux et Toulouse, quasi inexistante sur le papier. Entre les deux villes, un trait commun : la Garonne. Tout comme Lyon et Marseille sont traversées par le Rhône, ou Nantes et Tours pour la Loire, sans que quiconque envisage de présenter de telles confrontations comme de véritables derbys. Interrogé sur la nature de la confrontation alors qu'il dirigeait le TFC, Erick Mombaerts avait défendu mollement le derby de la Garonne: "Il existe quand même une rivalité, même si les deux clubs entretiennent aujourd’hui de bonnes relations. Nous sommes dans une région assez pauvre en ce qui concerne le foot de haut niveau. Et Bordeaux est notre concurrent le plus proche." A 250 kilomètres tout de même.

5. LILLE - VALENCIENNES... ET LENS
Président du groupe de supporters Dogue Virage Est, Fédérico Maenza le réaffirmait sans détours avant la réception de Valenciennes la semaine dernière : "C’est malheureux à dire mais je pense que LOSC-VAFC est un faux derby". Et le représentant lillois d'appuyer son propos auprès de notre partenaire Butfc : "Pour nous, VA est une équipe comme les autres". Du côté du Losc, on n'admet qu'une seule rivalité, celle qui oppose le club de Michel Seydoux au Racing lensois. La récente émergence de Valenciennes comme autre place forte du football dans le Nord-Pas-de-Calais a favorisé un semblant de rivalité avec le LOSC, aujourd'hui privé du RCL, relégué en Ligue 2. Mais l'opposition repose surtout sur la proximité entre supporters valenciennois et lensois, véritables ennemis des Lillois.

Benoît VITTEK

 
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Dés que ça nous semble nécessaire, un classement très subjectif de sportifs, d'événements et des sucreries qui nous régalent dans l'actu sportive.