Dés que ça nous semble nécessaire, un classement très subjectif de sportifs, d'événements et des sucreries qui nous régalent dans l'actu sportive.
Le Top 10 des géantistes de l'histoire
Même s'il est parfois alambiqué et/ou inégal de comparer les époques, nous avons décidé, cette semaine, de vous présenter notre Top 10 des meilleurs géantistes depuis la création de la Coupe du monde, en 1966. Ce qui explique notamment l'absence de skieurs comme Toni Sailer ou Stein Ericksen, qui auraient pu prétendre à une place dans ce classement. S'appuyant sur les trophées décrochés, les performances mondiales et olympiques, les succès mais aussi sur la trace laissée dans l'histoire, cette hiérarchie possède aussi une part de subjectivité. Tout est discutable.
1. INGEMAR STENMARK – SUEDE
L’as des as. Recordman des victoires en Coupe du monde de ski alpin, le Suédois figure logiquement en tête de notre classement. Les chiffres sont étourdissants. Durant sa carrière en "world cup", Stenmark, qui ne raffolait pas des disciplines de vitesse, a pris 231 départs pour 86 succès. Dont 46 en géant (pour 111 départs). Soit 41% de réussite. A celles-ci, il faut ajouter huit globes (là-aussi un record) de la spécialité – dont sept de suite (de 1975 à 1981) -, deux titres de champion du monde (1978-1980) et un titre de champion olympique (1980). Pour symboliser cette écrasante domination, l’histoire retiendra la performance du plus grand skieur de tous les temps lors de la saison 1978-1979 : dix géants disputés pour… dix victoires. Un grand chelem unique à ce jour. Cette saison-là, lors du géant de Jasna, il est également devenu détenteur du plus grand écart entre un vainqueur et son dauphin : 4"06. Stenmark, le plus grand des géants. Et de loin.
2. MICHAEL VON GRÜNIGEN – SUISSE
L’archétype du pur spécialiste. Sur 190 départs en Coupe du monde, 100 l’ont été en géant. Pour 23 victoires. Devant le Suisse, seul Stenmark a fait mieux sur le circuit. Le potentiel du natif de Saanen a rapidement été décelé. Pour sa première course chez les grands, lors du géant de Park City en 1990, Von Grünigen se classe 6e. Les bases sont posées. La technique est là. Mais le physique ne suit pas encore totalement. Une première blessure à un genou va freiner sa progression. Pourtant la légende est en marche. Il devra attendre la saison 1992-1993 pour obtenir un premier bouquet, à Veysonnaz. Vingt-deux suivront ainsi que quatre globes de la discipline et deux sacres planétaires (1997 et 2001). Son seul regret ? N’avoir jamais été champion olympique. En trois tentatives, il n’a obtenu qu’une simple médaille de bronze, en 1998, à Nagano. Derrière Hermann Maier, sacré au Japon. Le rival autrichien que Von Grünigen n’a jamais porté dans son cœur.
3. ALBERTO TOMBA – ITALIE
Entre Stenmark et Von Grünigen, il y a eu Alberto Tomba. Le Bolognais au physique de déménageur (1,82m pour 92 kg) a marqué de tout son talent la fin des années 1980 et la première moitié des années 1990 et aurait pu légitimement occuper la place de dauphin de ce classement. Il a fallu trancher. En seulement 153 départs en 13 saisons de Coupe du monde, "la Bomba" a décroché 50 victoires dont 15 en géant (pour 64 départs). De 1986 à 1998, année de sa retraite, Tomba a glané quatre globes de la discipline. Auxquels il faut ajouter un titre de champion du monde (1996) et deux médailles d’or olympiques consécutives (1988 et 1992). Ce que personne n'était parvenu à réaliser avant lui. Poussé par un public qui le chérissait, le play-boy transalpin a souvent brillé sur ses neiges. Six de ses quinze victoires en géant l’ont été en Italie, dont quatre sur la Gran Risa d’Alta Badia. Agressif sur les skis, débordant de confiance en soi, le polyvalent Tomba a marqué de son empreinte l’histoire du ski et des disciplines techniques en particulier. Et ce, malgré des problèmes récurrents de poids.
4. HERMANN MAIER – AUTRICHE
Au pied du podium se place l'Autrichien d'Altenmarkt. Le champion olympique 1998 de la spécialité aura disputé 79 géants de Coupe du monde dans son impressionnante carrière qui compte 268 départs. Quatorze d'entre eux (sur ses 54 succès sur le circuit) se sont soldés par des victoires. A celles-ci, Hermann Maier y a ajouté trois globes de la discipline (1998, 2000 et 2001) et un titre de champion du monde en 2005. Un palmarès qui lui permet en toute logique de figurer aussi haut dans ce classement. On se souviendra que c'est lors du géant d'Adelboden en janvier 2003 que le quadruple vainqueur du général a effectué son retour à la compétition après son grave accident de moto survenu en août 2001. Après cet évènement tragique qui a failli lui coûter une jambe, Maier ne connaîtra plus la même réussite en géant. Seuls cinq podiums (pour une 14e et dernière victoire à Sölden en 2005) viendront compléter sa collection.
5. TED LIGETY – ETATS-UNIS
Avec Benjamin Raich, classé septième, l'Américain de 28 ans est le rare coureur encore en activité présent dans cette hiérarchie. Pour beaucoup, Ligety est aujourd'hui le meilleur géantiste de la planète. Et ce, depuis quelques hivers, même si le petit globe lui a échappé l'an dernier. Difficile de remettre en cause ce constat. Paré de cristal en 2008, 2010 et 2011, l'Américain compte 14 victoires en Coupe du monde (pour 57 départs), dont trois déjà cet hiver (Sölden, Beaver Creek et Alta Badia). S'étant parfaitement acclimaté au nouveau matériel, Ligety est largement au-dessus de la concurrence cette saison. Pour preuve, les écarts - d'un autre temps - que le champion du monde en titre inflige à ses poursuivants. Pour progresser dans la hiérarchie, il lui faudra aller glaner un dernier sacre manquant : l'or olympique à Sotchi dans un peu plus d'un an. Mais Marcel Hirscher ne l'entendra sûrement pas ainsi.
6. GUSTAV THOENI – ITALIE
Quadruple vainqueur du général entre 1971 et 1975 (seul Marc Girardelli a fait mieux avec cinq couronnes), l'Italien était surtout réputé pour son savoir-faire dans les disciplines techniques. Durant sa carrière, qui s'est terminée en mars 1980, Thoeni a compilé 19 de ses 24 succès en géant (11 en 46 départs) et en slalom (8). C'est à Val d'Isère qu'il a ouvert sa collection en décembre 1969. Dès sa première course. A tout juste 19 ans, six mois après son arrivée sur le circuit, Thoeni passe tout près de l'obtention d'un premier "général" (à 8 points de "l'Aigle de Sankt-Anton", Karl Schranz). Avant de voir sa suprématie contestée par l'arrivée d'Ingemar Stenmark, le skieur du Sud-Tyrol a également glané trois petits globes de rang en géant (1970-1971-1972). Il y a ajouté deux titres de champion du monde (1972, 1974) et un olympique (1972). Après sa carrière, il coachera Alberto Tomba de 1989 à 1996 avant de prendre les rennes de l'équipe nationale.
7. BENJAMIN RAICH – AUTRICHE
"Benni" mérite amplement de figurer dans ce Top 10. A ce jour, 114 de ses 395 départs en Coupe du monde l’ont été en géant. Comme Ted Ligety, l’Autrichien comptabilise 14 victoires. Il peut également se vanter d’avoir glané deux globes, en 2005 et 2006. Si le compagnon de Marlies Schild compte aussi un titre olympique, décroché à Turin en 2006, Raich n’a jamais pu obtenir de sacre mondial et a dû se contenter de deux deuxièmes places (en 2005 et 2009). A Schladming, dans un mois, l’Autrichien peut faire grossir son palmarès et corriger cette erreur historique. Mais la mission s’annonce délicate pour celui qui n’a plus gagné le moindre géant depuis celui des finales d’Are en mars 2009. Triple vainqueur à Adelboden (deux de moins que Stenmark), Raich peut s’enorgueillir d’être monté neuf fois sur le podium en Suisse. Un record partagé avec le Suédois.
8. PIRMIN ZURBRIGGEN - SUISSE
Sur ses sept bouquets en Coupe du monde, le Suisse en compte également trois, chez lui, à Adel’. Vainqueur à quatre reprises du général, le polyvalent Helvète (avec Marc Girardelli, Günther Mader, Kjetil-Andre Aamodt et Bode Miller, il est le quatrième skieur à s’être imposé dans toutes les disciplines) a marqué la seconde moitié des années 1980 grâce notamment au duel qu’il a livré au Luxembourgeois. Sur le circuit, Zurbriggen aura bataillé de 1981 à 1990. Une courte période finalement qui a vu le Valaisan prendre 211 départs de Coupe du monde, dont 58 en géant. Pour l’obtention de trois globes de la discipline (1984, 1987 et 1989). Champion du monde de géant en 1987 (2e en 1985, 3e en 1989), Zurbriggen, qui a mis fin à sa carrière à 27 ans seulement, n’a jamais fait mieux que troisième aux JO, en 1988.
9. JEAN-CLAUDE KILLY – FRANCE
Unique Français dans ce classement, "King Killy" a hérité de l'avant-dernière place en raison du peu d'épreuves qu'il a disputées. Dans sa carrière, le Clodoaldien de naissance ne se sera présenté qu'à 24 reprises (en quatre hivers) dans le portillon d'épreuves de Coupe du monde. Huit d'entre elles l'ont été dans la discipline qui nous intéresse (pour autant de podiums), dont sept qui l'ont vu, en bas de la seconde manche, lever les bras. Un ratio quasi-parfait. Vainqueur du petit globe en 1967 et 1968, le Français compte également un titre mondial et olympique (1968), à Grenoble. Avant de mettre un terme à sa carrière à 24 ans.
10. RUDOLF NIERLICH – AUTRICHE
Un destin brisé. Une carrière stoppée net par un accident de la route en mai 1991. Durant sa courte expérience professionnelle, l'Autrichien aura disputé 38 épreuves de Coupe du monde, dont 20 géants (trois succès). Troisième en 1989 puis deuxième en 1991 dans la course au globe de la spécialité, Nierlich s'illustrera avec deux titres mondiaux ces années-là. Avant de disparaitre tragiquement à seulement 25 ans.
François-Xavier RALLET
Twitter : @FX_Rallet























