"Ce sera la première fois que je traverse l'Atlantique autrement qu'en avion", plaisante la jeune femme (28 ans) au cours d'un entretien mardi avec l'AFP. "L'envie m'a pris il y a cinq ans. C'est le premier océan que les marins pensent à traverser".
Quadruple championne de France, vice-championne du monde et championne d'Europe de windsurf, Sarah Hébert a reçu en 2006 un défibrilateur après que son médecin eut diagnostiqué un trouble cardiaque lors d'un contrôle de routine.
"Je veux réaliser cet exploit par goût de la vie et de la glisse, explique-t-elle. Lorsque j'ai appris que mon coeur ne me permettrait plus de vivre à 100% ma passion, j'ai d'abord eu du mal à accepter cette réalité. Puis j'ai compris que le défibrilateur pouvait m'offrir une seconde vie".
"Après la douleur, l'acceptation de ce corps étranger et le fait d'avoir retrouvé mon niveau professionnel m'ont fait comprendre que cet exploit était à ma portée", ajoute Sarah Hébert.
La véliplanchiste sera accompagnée d'un bateau suiveur, un catamaran d'une quinzaine de mètres qu'elle rejoindra chaque soir pour dormir et s'alimenter. Elle repartira en planche le matin depuis l'endroit précis (relevé par GPS) où elle se sera arrêtée la veille au soir.
Jules Verne pour compagnon
Sarah Hébert prévoit de traverser en 25 jours, à raison de 6 à 8 heures de navigation quotidiennes. A bord du catamaran, elle embarquera un total de 4 planches et 10 voiles, adaptées à différents types de temps. L'équipage de quatre personnes comptera un kiné.
Sur sa planche, la jeune femme disposera d'une VHF, d'un téléphone satellite, d'un GPS, de trois balises et de fusées de détresse. Elle aura aussi un MP3 étanche pour écouter de la musique... et des enregistrements de livres de Jules Verne.
Elle n'appréhende pas de s'ennuyer. "J'aime bien être sur l'eau. Je prends le temps de méditer, de regarder la mer...", affirme-t-elle.
Au cours des prochains jours, elle sera en stand-by chez elle à Carnac (Morbihan), dans l'attente d'une bonne fenêtre météo pour rejoindre Dakar et prendre le large.
"Idéalement, j'aimerais avoir des alizés de nord-est, de 15 à 20 noeuds. Seul problème, je serai tribord amure (vent venant de la droite) pendant toute la traversée: à l'arrivée, j'aurai la cuisse et bras gauche surdéveloppés", rigole-t-elle.
"Mon message, c'est que même si on est implanté, il faut continuer à faire des choses. Ne pas avoir peur. On n'est pas handicapé, on n'est pas obligé de rester chez soi", conclut Sarah Hébert. CQFD...

























