Quelques mètres derrière la ligne fictive, Julien Bontemps s'assied sur sa planche, tête basse. Le temps d'ôter ses lunettes de soleil, et le Français est rejoint par son entraîneur, venu le féliciter, et...le consoler. Le vice-champion d'Europe en titre laisse échapper quelques larmes, avant de se relever. Il n'a certes pas conquis l'or, mais va boucler sa semaine olympique avec l'argent autour du cou. "C'est magique, inoubliable, toutes les trois médailles sont belles", assure Bontemps. Une médaille savoureuse, donc, après une semaine difficile. Mais avec à la fois un petit goût amer. Car avant cette régate finale, Bontemps avait les cartes en main, au gré de sa prestation de la veille. C'était encore le cas jusqu'à l'approche de la première bouée.
Zubari s'est réveillé
En lutte pour les commandes de la course, le Tricolore n'a pas réussi à gérer le vent changeant lors de son virage, venant flirter avec la bouée, pour finalement chuter. Et franchir le premier pointage en cinquième position. "Il y avait eu un rappel individuel, raconte Bontemps, je n'en étais pas loin et je suis tombé car j'ai voulu voir si c'était moi". Le Français s'est vite remis sur sa planche. Mais ces instants perdus, ces quelques secondes lâchées au milieu de ses concurrents, ont été impossibles à récupérer. D'autant que Tom Ashley, l'un de ses deux concurrents pour le sacre, a réalisé une course de qualité. Le champion du monde en titre avait fait le pari de virer vers la première ligne de traîne. Un choix payant.
En retard par rapport à Bontemps dans les derniers mètres avant le virage, le Néo-Zélandais a parfaitement maîtrisé sa planche et le vent de droite afin de changer la donne. Il n'a ensuite plus jamais été à portée du Français, qui a pourtant réussi à accélérer dans la dernière portion du parcours. Bontemps a finalement terminé à huit secondes d'Ashley, échouant donc dans une partie de sa mission à l'aube de cette journée. Une partie, seulement. Car il était aussi à la lutte avec le Britannique Nick Dempsey, qui prétendait à l'or, et dans une moindre mesure avec l'Israélien Shahar Zubari. Pourtant l'un des plus réguliers durant l'épreuve, Dempsey a flanché lors de la finale. Lui qui figurait sur le podium à l'issue des trois dernières régates de qualification, et qui n'a pas lâché Bontemps jusqu'à la deuxième bouée, a craqué.
Le Britannique a terminé 7e, chutant au pied du podium du classement général. Zubari, quant à lui, a retrouvé la lueur qui l'animait en début de concours. Très nettement en tête avant de connaître des jours creux, l'Israélien a su suivre la trajectoire du Hong Kongais Yin Chan (vainqueur de la finale) pour s'emparer de la 2e place, et s'offrir la médaille de bronze. Fou de joie, Zubari a eu conscience de revenir de loin. Bontemps aussi. Sur son trajet vers la terre ferme, le Tricolore a dû se souvenir de son calvaire d'Athènes. Alors champion du monde en titre, il n'y avait pris que la 9e place, suite à sa disqualification dans l'une des régates. D'Athènes à Pékin, le terme "déception" a vraiment changé de sens.



DPPI






















Et pour ceux qui trouvent que les français n'ont pas de mental, mettez-vous à leur place et faites tous ce qu'ils font et on verra bien ...
Allez Les Français (L)Le 20/08/2008 à 12:46