"C'était intense jusqu'au bout, le dernier bord dans le goulet n'en finissait pas, le vent était tombé et il y avait un peu de courant contre, je dois reconnaître que j'ai eu un petit coup de stress", a-t-il expliqué à son arrivée au ponton du Moulin Blanc. Après le passage de la marque SN1 au large de Saint-Nazaire, le lauréat de l'édition 2003 de la Solitaire a dû contenir les assauts incessants de ses poursuivants, Jérémie Beyou et François Gabart, finalement 2e et 3e.
Le Cléac'h a déjà remporté la Saint-Barth cette année. "C'est le métier, c'est ce que je me suis dit après SN1, sous petit spi, avec François et Jérémie, j'ai vu qu'on faisait vraiment la différence", a-t-il dit. "Il a tiré les meilleurs bords, appuyé sans cesse à bon escient, où ça payait, au bon moment et il allait très vite", expliquait Sylvain Mondon, de Météo France, en étudiant les trajectoires de Brit Air. "Il fallait être opportuniste, envoyer le premier le spi, le solent, virer le premier et ainsi de suite et gagner mètre après mètre". Il fallait être lucide aussi malgré la quasi-absence de repos. "J'ai fait des petites siestes, au total, sur l'étape, je pense que j'ai dormi trois ou quatre heures. Mais c'était difficile, avant SN1, je mettais du charbon pour revenir dans le bon paquet et, ensuite, quand je suis passé en tête, avec la pression que me mettaient Jérémie et François, il fallait tenir."

























