Les volleyeurs français n'ont plus que deux matches à gagner, contre deux rivaux directs, la Bulgarie mardi et l'Italie le lendemain, pour atteindre le dernier carré du Championnat du monde. Sur la route escarpée qui mène aux demi-finales, le 2 décembre à Tokyo, ces deux équipes sont les obstacles les plus difficiles à franchir, avec le Brésil, que les Tricolores avaient battu la semaine dernière. Les Bleus ont maintenu leurs espoirs in extremis en arrachant la victoire sur les Etats-Unis 3 à 2 (17-25, 25-12, 24-26, 25-17, 15-11) grâce à un sursaut dans les deux derniers sets, dimanche à Hiroshima.
Les Américains, écartés de la course au podium depuis longtemps, ont quand même sorti le grand jeu face à des Français qui semblent inspirer les outsiders. La semaine dernière à Fukuoka, ils avaient subi leur seule défaite face à l'Allemagne, juste après leur exploit contre les champions du monde brésiliens. "On a été surpris par les Etats-Unis. Ils n'ont rien lâché, ils ont tout défendu et on a eu beaucoup de mal à finir les points" , a commenté le libéro Jean-François Exiga.
Les Bleus ont fait trop de fautes (30) et se sont retrouvés "sur le fil du rasoir", selon les mots de Philippe Blain, menés 2 sets à 1 alors qu'une défaite aurait signifié la fin de leur rêve de podium. "Avant le quatrième set, je leur ai dit qu'ils allaient devoir livrer un gros combat. Le groupe a bien répondu. Les gars ont sorti de bonnes choses aux bons moments", a dit l'entraîneur français, qui a lancé Loïc Le Marrec à la passe en cours de match. La France doit remporter ses deux derniers matches pour être sûre de terminer dans les deux premiers du groupe F. En perdant une fois sur deux, elle aurait encore une faible chance de passer au pointaverage. A ce jeu, le Brésil, l'Italie et la Bulgarie sont pour le moment en avance.
Souvenirs d'été
Les Tricolores peinent et dépensent plus d'énergie que leurs rivaux directs - ils ont déjà perdu sept sets, contre quatre aux Italiens et trois aux Bulgares- mais gardent des raisons d'y croire. " On a la capacité de battre n'importe qui, mais pas celle de dominer largement les équipes supposées plus faibles. C'est parce qu'on n'a pas une arme majeure, comme le contre ou le service, qui permet à elle seule de gagner un match. On a un jeu plus complet, mais on doit toujours être au top sur la précision et sur le fond de jeu ", a expliqué le capitaine Stéphane Antiga. C'est de cette manière que les Français ont gagné quatre fois sur cinq contre la "squadra azzurra" cet été en Ligue mondiale et une fois sur une contre la Bulgarie, une équipe invaincue au Mondial qu'ils connaissent bien car quatre de ses titulaires ont joué en ProA: Nikolov et Konstantinov (Tours), Ivanov (Tourcoing) et Tsvetanov (Poitiers).
"Ils ont un mauvais souvenir de nous en Ligue mondiale qui leur reste en travers de la gorge. Ils seront prêts, d'autant qu'avec une victoire ils seraient presque en demi-finale, ce qui risque aussi de leur mettre la pression", a souligné Blain. En cas de succès sur les Bulgares, dans la nuit de lundi à mardi (heure de Paris), il n'y aura plus qu'à battre l'Italie, championne d'Europe et vice-championne olympique en titre. Une paille.
LA DECLA : Philippe Blain (entraîneur français)
"Ca a été très tendu car les Etats-Unis nous ont livré un très beau match. On a été sur le fil du rasoir parce qu'ils nous ont mis une grosse pression. Ils ont été impressionnants en défense. Avant le quatrième set, j'ai dit aux joueurs qu'ils allaient devoir livrer un gros combat. Le groupe a bien répondu. Les gars ont sorti de bonnes choses aux bons moments. Pour gagner les deux prochains matches, il faudra sûrement monter notre niveau de jeu. Les Bulgares ont deux bons attaquants, Nikolov et Kaziyski, qui peuvent aussi faire des aces. Mais on a montré aujourd'hui qu'avec l'arrière-défense on peut gêner même les équipes fortes offensivement. Les Bulgares ont un mauvais souvenir contre nous qui leur reste en travers de la gorge (la demi-finale de la Ligue mondiale cet été). Ils seront prêts, d'autant qu'avec une victoire ils seraient presque en demi-finale, ce qui risque aussi de leur mettre la pression."
FRANCE - ETATS-UNIS 3 - 2 (17-25, 25-12, 24-26, 25-17, 15-11)
France : Six de départ: Pujol (passeur), Granvorka (attaquant de pointe), Antiga, Samica (réceptionneurs attaquants), Kieffer, Vadeleux (centraux) - Libéro: Exiga - Entrés en jeu: Le Marrec, Kapfer, Kilama
Meilleur attaquant: Samica (17/30)
Meilleur contreur: Granvorka (4)
Etats-Unis : Six de départ: Suxho (passeur), McKienzie (attaquant de pointe), Priddy, Salmon (réceptionneurs attaquants), Hoff, Millar (centraux) - Libéro: Lambourne - Entrés en jeu: Eatherton, Taliaferro, Stanley
Meilleur attaquant: McKienzie (22/41)
Meilleur contreur : McKienzie (2)
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