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Sébastien Ogier (VW) entre dans la cour des très grands

Ogier entre dans la cour des très grands
Par AFP

Le 16/10/2016 à 16:55Mis à jour Le 17/10/2016 à 09:01

RALLYE D'ESPAGNE - Sébastien Ogier (VW) a remporté dimanche son quatrième titre de champion du monde. S'il reste à distance de Sébastien Loeb et de ses neuf succès, le pilote français a tout de même égalé au passage Juha Kankkunen et Tommi Mäkinen.

Ses quatre titres le font entrer dans le carré d'as des rallyes ! Le Français Sébastien Ogier est devenu champion du monde pour la 4e fois consécutive, dimanche en Espagne, et égale les Finlandais Juha Kankkunen et Tommi Mäkinen, loin toutefois derrière Sébastien Loeb et ses neuf couronnes.

Vainqueur devant deux pilotes Hyundai, Dani Sordo et Thierry Neuville, Ogier (VW) est titré alors qu'il reste deux manches à disputer dans ce championnat 2016, en Grande-Bretagne et en Australie.

Au nombre de titres, il fait aussi bien que Kankkunen (qui ne les avait pas remportés consécutivement) et Mäkinen (le premier à être sacré quatre fois de suite), deux légendes du siècle dernier. Évidemment, l'autre Sébastien français, l'Alsacien Loeb, semble encore hors d'atteinte avec ses neuf titres WRC. Cela ne doit pourtant pas éclipser le fait que le palmarès d'Ogier, 32 ans, est déjà énorme, avec des statistiques éloquentes : 37 victoires et 54 podiums en 108 rallyes, depuis ses premiers points au Mexique en 2008, dans une Citroën.

"C'est fantastique. C'était une saison difficile mais j'ai toujours pu compter sur une voiture parfaite", s'est réjoui Ogier au point stop de la 19e et dernière épreuve spéciale, après être redescendu du toit de sa Polo-R avec son copilote Julien Ingrassia.

Sébastien Ogier (Volkswagen Polo)

Sébastien Ogier (Volkswagen Polo)Panoramic

Perfectionniste

L'ancien moniteur de ski des Hautes-Alpes n'a pas oublié d'associer Ingrassia à ce 4e titre d'affilée, comme leur compatriote Alain Prost en Formule 1. "Avec Julien, nous sommes comme un couple, nous nous engueulons parfois, mais sans lui je n'aurais pas pu réussir", a lancé Ogier, enlacé par un Bibendum Michelin pour la 300e victoire des pneus français en WRC.

Ogier n'avait qu'un point à marquer, théoriquement celui d'une 10e place, pour s'assurer ce 4e titre d'affilée, après l'abandon samedi de son coéquipier norvégien Andreas Mikkelsen. Mais il a mis un point d'honneur à remporter le rallye, comme à chaque fois qu'il a été sacré depuis 2013. Perfectionniste, sûr de lui, introverti mais capable de coups de sang, Ogier possède une capacité d'adaptation hors du commun, sur tous les terrains. Et réagit vivement lorsque les choses lui déplaisent.

Dès ses tout débuts au volant des WRC Citroën, en 2010 au rallye de Jordanie, Ogier laisse éclater sa fureur après qu'un "balayage" des routes lui est imposé pour favoriser la tâche de son chef de file d'alors, Loeb en personne. Et ce alors même que son avenir au sein du constructeur français est loin d'être scellé.

Ses accrochages avec le multiple champion du monde atteignent leur apogée au rallye d'Allemagne 2011, lorsque Loeb voit son contrat renouvelé en tant que premier pilote, ce qu'Ogier a du mal à accepter.

5 sur 11

Il vit une année de purgatoire au volant d'une Skoda en 2012, en attendant que la Polo-R WRC soit développée. L'année suivante, neuf victoires et un premier titre ouvrent la route à d'autres succès.

Cette année, le quadruple champion du monde n'a gagné "que" cinq fois sur onze, à cause d'un règlement sur les ordres de passage qui le pénalise, en l'obligeant à passer le premier sur les spéciales en terre. Et donc à balayer la piste, pendant les deux premiers jours de chaque rallye.

Dimanche matin, Ogier est parti pour les 62 derniers kilomètres chronométrés, sur asphalte, avec cinq secondes d'avance sur Sordo. Il a tout de suite douché les espoirs éventuels du pilote espagnol en signant le "temps scratch" dans l'ES16. Il a ensuite géré son écart avec Sordo dans les trois autres spéciales de la matinée, remportées par un autre pilote VW, le Finlandais Jari-Matti Latvala, retardé vendredi par une casse de suspension.

"Je me suis beaucoup amusé derrière le volant ce week-end. Mais j'ai beaucoup réfléchi pendant cette dernière spéciale, à cause de l'an dernier", a souri Ogier. L'an dernier, il était sorti tout seul dans la dernière spéciale, alors qu'il avait course gagnée, et avait offert involontairement à Mikkelsen sa première victoire en WRC.

Sébastien Ogier (Volkswagen) au Rallye d'Espagne 2016

Sébastien Ogier (Volkswagen) au Rallye d'Espagne 2016Panoramic

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