Comme s'il voulait lancer son poids jusqu'à Tokyo, le champion olympique de Ryan Crouser a explosé le record du monde de la spécialité, vieux de 31 ans, avec un jet à 23,37 m, lors des sélections américaines, vendredi à Eugene (Oregon).
Les "Trials" ne pouvaient pas mieux débuter dans l'enceinte rénovée de Hayward Field, où la crème de l'athlétisme "made in America" s'est donné rendez-vous jusqu'au 28 juin, pour retirer un visa pour les JO (23 juillet - 8 août). Favori de cette épreuve de force, Crouser a marqué les esprits et écrit une nouvelle page de l'histoire de son sport en effaçant des tablettes son compatriote Randy Barnes, dont la précédente marque référence datait de 1990, avec 23,12 m.
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"Je me sentais vraiment, vraiment confiant en arrivant ici, mais ce n'était pas dans mes attentes. Les fois où je n'ai pas réussi, c'est parce que j'étais un peu tendu et que j'essayais de forcer les choses. Je suis resté détendu et j'ai exécuté le plan que j'avais. C'est ce qui m'a permis de réussir", a-t-il commenté.
Si l'exploit est retentissant, il n'est pas surprenant, car ses récentes performances laissaient entrevoir cette possibilité. En matinée, lors des séries qualificatives de l'épreuve, il avait lancé son poids à 22,92 m dès sa première tentative, réalisant alors la cinquième meilleure performance de tous les temps, qui devient donc de facto la sixième.
C'est comme si un... poids avait été enlevé de mes épaules.
Et en finale, il a pris son temps. Après trois jets en guise d'échauffement à 22,61 m, 22,55 m et 22,73 m, il a sorti son lancer monstrueux. "À la seconde où le poids a quitté ma main, j'ai su que c'était bon", a-t-il réagi. "Cela a demandé beaucoup de travail et de dévouement. C'est comme si un... poids avait été enlevé de mes épaules."
Agé de 28 ans, ce régional de l'étape, né à Portland dans le même Etat, avait déjà battu un autre record du monde propriété de son aîné. Celui en salle, avec un lancer à 22,82 m en janvier dans l'Arkansas. A Eugene, Crouser a largement devancé son rival, Joe Kovacs, qui lui avait chipé l'or aux Mondiaux de Doha en 2019 et a fini 2e (22,34 m), se qualifiant lui aussi pour Tokyo où leur duel sera alléchant, même si le premier a envoyé un sacré message.

Richardson au rendez-vous, Felix aussi

Sur la piste, d'autres épreuves étaient attendues, même si ce n'est qu'au stade des séries.
Grande espoir du 100 m féminin, Sha'Carri Richardson, a solidement remporté sa première course, elle qui tentera de devenir au Japon la première Américaine à être championne olympique depuis Gail Devers en 1996. La sprinteuse de 21 ans s'est qualifiée en 10"84 pour les demi-finales et a prévenu : "pour gagner les Jeux, je pense qu'il faudra battre un record du monde". Un record, plus vieux encore que celui du lancer du poids battu par Crouser, puisque Florence Griffth-Joyner l'avait établi en 10"49 en 1988 à Indianapolis.
Surtout, Richardson, qui doit encore se qualifier, aura fort à faire à Tokyo où l'attend la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce, championne olympique en titre et qui vient de réussir la MPM de l'année en 10.63.
Plus tôt, la star Alysson Felix a fait bonne impression lors des séries du 400 m féminin, en remportant sa série sans forcer en 50,99 sec. De bon augure pour les demi-finales prévues samedi, pour celle qui espère doubler sur cette distance et sur 200 m à Tokyo pour ce qui serait sa 5e et dernière olympiade, à 35 ans. "C'est agréable d'être de retour. Je veux juste savourer et courir intelligemment. Je veux vraiment faire partie de cette équipe" américaine, a commenté la seule femme de l'histoire à avoir remporté six médailles d'or olympiques en athlétisme.
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