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Athlétisme - Dopage : la Russie n'est toujours pas la bienvenue

L'IAAF maintient la suspension de la Russie
Par AFP

Le 04/12/2018 à 17:23Mis à jour Le 04/12/2018 à 17:26

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a décidé mardi à Monaco de maintenir la suspension de la Russie, en cours depuis trois ans et la révélation d'un vaste scandale de dopage, malgré la récente main tendue par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

L'IAAF, dernière institution emblématique à bannir la Russie, choisit donc une ligne stricte, alors que le drapeau russe n'est plus apparu dans une compétition internationale d'athlétisme depuis les Mondiaux de Pékin en 2015.

De plus en plus d'athlètes russes sont cependant autorisés à concourir sous bannière neutre. Ils étaient 72 aux Championnats d'Europe de Berlin en août.

L'IAAF requiert toujours deux conditions avant la réintégration de la Fédération russe (Rusaf): l'accès aux données du laboratoire antidopage de Moscou, théâtre d'une fraude massive entre 2011 et 2015, et le paiement par la Russie des coûts générés par le traitement du scandale russe.

Dans le huis clos d'un salon feutré de l'hôtel Méridien de Monaco, au bord de la plage du Larvotto, le vote des 27 membres du Conseil de l'IAAF a suivi les recommandations de la "Task Force", dédiée à l'évaluation des progrès russes en matière de lutte antidopage.

9e prolongation des sanctions

Pour la 9e fois depuis novembre 2015, début des révélations sur un tentaculaire système de dopage institutionnel, la Russie voit sa suspension prolongée. Mais mardi, l'athlétisme russe semblait proche d'un retour après la réintégration en septembre de l'Agence russe antidopage (Rusada) par l'AMA, qui avait émis des critères semblables à ceux de l'IAAF pour un retour russe.

"L'AIU (Unité d'intégrité de l'athlétisme) doit nous confirmer avoir reçu toutes les données et les échantillons dont elle a besoin", avant de réintégrer la Russie, a précisé devant la presse Rune Andersen, le chef de la Task Force. Soit l'ordre inverse de l'AMA, qui laisse à la Russie jusqu'au 31 décembre pour lui fournir les données.

L'AMA, justement, se rendra de nouveau à Moscou le 10 décembre pour réaliser un audit, a annoncé mardi la vice-présidente de Rusada, Margarita Pakhnotskaïa.

L'IAAF exige aussi le paiement des coûts générés par le traitement du scandale, à savoir le fonctionnement de la Task Force qui lui est dédiée, les frais liés aux cas à défendre devant le Tribunal arbitral du Sport (TAS), etc. La Russie a promis qu'elle paierait, mais l'argent n'est toujours pas arrivé, a précisé M. Andersen.

"La Task Force espère que la Rusaf et les autorités russes vont prendre dès que possible toutes les dispositions nécessaires, l'une après l'autre, pour remplir ces deux conditions", a-t-il continué, indiquant que son unité était "prête à se réunir pour recommander un retour de la Russie dès que ces conditions seraient remplies."

Aveux à demi-mots

L'AMA avait été vivement critiquée pour une décision "politique" jugée laxiste, dont le président de l'IAAF Sebestian Coe a tenu à se détacher: "Nous travaillons de près avec l'AMA et d'autres organisations, mais au final, la décision de savoir si c'est le bon moment pour réintroduire une fédération (...) c'est l'affaire du Conseil de l'IAAF".

Comme l'AMA avant elle, l'IAAF s'est par contre assise sur l'une des conditions qu'elle avait émise depuis des mois: la reconnaissance par la Russie de l'implication de l'Etat et des services secrets (FSB) dans le système de dopage, se contentant d'aveux à demi-mots.

"Nous aurions aimé que la Russie reconnaisse clairement les conclusions du rapport McLaren (...) mais nous devons avancer et travailler sur ce qui nous paraît le plus important, l'accès aux données et aux échantillons", a admis M. Andersen en marge de la conférence de presse.

Plus tôt dans la matinée, l'IAAF a annoncé que Budapest accueillerait les Championnats du monde en 2023, après Doha (Qatar) en 2019 et Eugene (Etats-Unis) en 2021.

Suivra une soirée plus festive pour le gala annuel de la Fédération, pour décerner les prix de meilleur athlète de l'année. Chez les messieurs, un duo se détache des cinq prétendants: le marathonien kényan Eliud Kipchoge et le décathlonien français Kévin Mayer, tous deux recordmen du monde.

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