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Athlétisme - Dopage : la suspension de la Russie maintenue par la Fédération internationale (IAAF)

Toujours pas de feu vert pour la Russie
Par AFP

Le 27/07/2018 à 19:51Mis à jour Le 27/07/2018 à 21:12

ATHLETISME - L'IAAF a confirmé la suspension de la délégation russe pour les Championnats d'Europe de Berlin. Les athlètes irréprochables pourront toutefois s'inscrire sous drapeau neutre.

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a décidé vendredi de maintenir la suspension de la Russie, bannie de toutes compétitions internationales depuis novembre 2015 pour avoir mis en place un système de dopage organisé. Cette décision intervient à dix jours du début des Championnats d'Europe (6-12 août à Berlin) mais l'IAAF a offert la possibilité aux athlètes russes considérés comme irréprochables par un panel antidopage de concourir sous drapeau neutre, cette liste comptant 72 membres cette année.

Rune Andersen, le président de la Task Force chargée de juger des progrès de la Russie dans la lutte antidopage, a certes noté des "engagements et des progrès significatifs" de la part de la Fédération russe d'athlétisme depuis la dernière réunion du Conseil de l'IAAF en mars à Birmingham. "Sur certains points, les Russes sont allés au-delà de ce qui leur était réclamé", a-t-il expliqué.

Mais il a encore avancé trois conditions non remplies pour justifier un retour de la Russie dans le concert des nations de l'athlétisme. Ces conditions incluent "le paiement du coût provoqué par cette crise pour l'IAAF, incluant le fonctionnement de la Task Force et des divers recours auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS)", la fin de la suspension de l'Agence antidopage russe par l'Agence mondiale antidopage (AMA) en raison de la non-reconnaissance par les autorités russes des conclusions du rapport McLaren - qui a établi en 2016 l'existence d'un système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015 -, et l'accès au laboratoire de Moscou et aux échantillons prélevés entre 2011 et 2015.

" Comment pourrait-on croire que tout ceci ne se répétera pas dans le futur? "

Ces deux derniers points sont cruciaux puisqu'ils avaient justifié le maintien de la suspension de l'Agence antidopage russe (Rusada) lors de la réunion du comité exécutif de l'Agence mondiale antidopage (AMA), en mai à Montréal. "Si les autorités russes ne reconnaissent pas que des officiels du ministère des sports ont corrompu le travail de la Rusada, comment pourrait-on croire que tout ceci ne se répétera pas dans le futur ? Et comment les athlètes russes pourraient-ils alors être réhabilités sans saper l'intégrité des compétitions?", s'est interrogé Rune Andersen.

"Nous savons que l'AMA est en lien avec les autorités russes pour résoudre ces problèmes avant la réunion de son Comité exécutif en septembre. Nous espérons qu'il y aura alors une percée. Si c'est le cas, la Task Force espère être en mesure de proposer la réintégration de la Russie lors du prochain Conseil de l'IAAF en décembre à Monaco. Sinon, il faudra considérer d'autres options", a-t-il ajouté.

Mariya Lasitskene

Mariya LasitskeneGetty Images

Le maintien de la suspension de la Russie n'aura en tout cas pas de grosses conséquences sur les "Europe", le principal rendez-vous de cette saison sans JO ni Mondiaux. L'IAAF a en effet mis en place un système permettant aux athlètes russes considérés comme irréprochables par un panel antidopage de concourir sous drapeau neutre. Dix-neuf ont ainsi participé aux Mondiaux 2017 et huit Russes ont pris part aux Mondiaux en salle à Birmingham, en mars 2018. Cette liste compte 72 athlètes cette année dont les deux têtes d'affiche Mariya Lasitskene (saut en hauteur) et Sergey Shubenkov (110 m haies), 68 autres ayant été refusés.

Outre le dopage russe, le Conseil de l'IAAF s'est également penché sur l'épineux dossier des transferts d'allégeance, gelés depuis février 2017, pour mettre fin au marché de talents africains où la Turquie et les pays du Golfe s'approvisionnent. Un nouveau règlement a été adopté avec la création d'une commission indépendante chargée de valider ou non chaque demande de changement de nationalité, qui sera interdit avant 20 ans. Un délai de trois ans sera réclamé avant tout transfert qui ne pourra s'effectuer qu'une seule fois pour chaque athlète.