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Cinq choses à savoir sur Arnaud Assoumani, l'homme au bras d'or

Cinq choses à savoir sur l'homme au bras d'or
Par Eurosport

Le 18/07/2013 à 20:44Mis à jour Le 18/07/2013 à 23:46

Né sans avant-bras gauche, Arnaud Assoumani rêve de prendre part aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Mais avant cela, le Français participe aux Mondiaux handisport. Voici les cinq choses à savoir sur celui qui vise un troisième titre mondial à la longueur cette semaine à Lyon.

IL S’ENTRAINE COMME CARL LEWIS ET LEROY BURREL

L’aventure avec Guy Ontanon terminée, Arnaud Assoumani s’est tourné vers l’Amérique du Nord et plus précisément la Californie. Direction Santa Monica et Marina Del Rey. "Cela s’est très mal passé l’an dernier. C’était pourtant l’année la plus importante de ma carrière, regrette-t-il. J’ai été déçu de lui et de notre relation. Toute ma saison a été à l’image de notre entente." Contacté par Joe Douglas, la figure mythique du Santa Monica Track Club, le Français "a réfléchi un peu avant d'accepter" car son nouveau coach, Larry Silva, avait fixé ses disponibilités : "J’entraîne à ces heures-là. A toi de t’adapter."

Larry Silva, c’est l’entraîneur qui a été formé par Tom Tellez, l’ancien mentor de Carl Lewis, Leroy Burrell et Kevin Young et considéré comme l’un des meilleurs entraîneurs américains de tous les temps : "Je m’entraîne avec cette méthode. C’est génial de se dire que je suis le même programme d’entraînement que ces mecs-là." Larry Silva, qui sera absent à Lyon, c’est avant tout "quelqu’un de très passionné et très impliqué dans ce qu’il fait avec les athlètes, quel que soit leur niveau."

IL S’EST FAIT VOLER SA PROTHESE AVANT LONDRES

Les Jeux paralympiques devaient être le sommet de sa carrière. Sacré à la longueur à Pékin quatre ans plus tôt, Assoumani les a vécus comme un échec cuisant. Les deux médailles d’argent décrochées au triple saut et à la longueur n’ont pas satisfait son appétit et son envie de combler ses proches : "A Londres, j’étais déçu. Je n’ai pas offert à ma famille et à mes amis ce qu’ils méritaient". Deux médailles qu’il aurait pu ne jamais décrocher.

Avant cela, Assoumani est passé tout près de ne pas traverser la Manche. Quelques jours avant de monter dans l’Eurostar, l’athlète se fait agresser par deux malfaiteurs et se fait voler son scooter, dans lequel se trouve une prothèse de son bras. Rapidement arrêté, l’un des voleurs présumés conduit les enquêteurs sur le lieu où il s’est débarrassé de l’objet : un buisson à Bobigny. Par chance, la prothèse est intacte. Le pire est évité.

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A Lyon, Assoumani, qui ambitionne toujours de prendre part aux JO de Rio dans trois ans, est inscrit sur trois épreuves : la longueur, le 100m et le relais 4x100m. Exit le triple saut, en raison d’une cheville droite abîmée (grosse contusion osseuse au niveau de l’astragale et rupture partielle de trois ligaments) le 28 mars dernier. "Cette année, je vais commencer ma saison aux Championnats du monde. Il faut l’accepter et bien se préparer pour arriver en forme", explique le recordman de la discipline (7,82m), précisant que sa cheville est remise à 100% aujourd’hui. Déjà sacré en 2006 et 2011, le Français vise un troisième sacre planétaire, sous les yeux de ses amis et sa famille.

Sur 100m, son adversaire le plus dangereux est brésilien : Yohansson Nascimiento. Même si le principal intéressé reconnait "ne pas regarder (ses) adversaires" et préfère "se concentrer surtout sur lui et sur ce (qu’il) a à faire." Double champion paralympique en 2012, le Chinois Fuliang Liu fera tout pour gâcher la fête. Encore une fois. "A Londres, c’est la première fois que je le voyais. Il a fait ses records à la longueur et au triple. Mais c’est surtout moi qui n’étais pas à mon niveau. Il ne m’impressionne pas. Il est en pleine progression. Mais ça sera intéressant pour le spectacle."

IL PASSE SON TEMPS LIBRE DEVANT BREAKING BAD

Deux semaines après son arrivée aux Etats-Unis, après South Knox, chez "sa deuxième famille", Arnaud Assoumani s’est installé à Marina Del Rey : "J’ai un appartement avec vue sur la mer. J’y vis seul. Ce sont des conditions exceptionnelles. C’est grâce à mes partenaires que je peux être là-bas (EDF, BV Sport, Kéolis, Adidas, BMW, la FDJ, Région des Pays de Loire, STC Nutrition)", reconnaît-il. En Californie, il jouit d’un temps libre qu’il n’avait pas à Paris. Quand il ne joue pas de la musique, sa seconde passion, Assoumani "dialogue avec (ses) potes qui sont en France, avec (sa) famille."

Et puis il regarde des séries. Beaucoup. "Je suis un très grand fan de Dexter. Mais la saison 7 m’a déçu, tempère-t-il. J’adore aussi Breaking Bad, The Walking Dead et House Of Cards. Game of Thrones ? Il faut que je m’y mette. Cette série, c’est la folie aux Etats-Unis." Tout ce temps libre lui permet de se reposer. "Quel bonheur de ne pas vivre à 100 à l’heure, avec des gens constamment stressés." Et puis il y a le beau temps californien, "une des raisons pour laquelle je suis parti de France." Et enfin la plage et le golf, une autre passion récente : "Il y a des golfs publics, donc c’est super accessible et pas très cher.  Quand j’ai envie d’aller déjeuner sur la plage, je le fais. C’est le top."

FIERTE DES COMORES ET PRESIDENT DU CLUB DES SUPPORTERS HANDISPORT

Aussi étrange que cela puisse paraître, Arnaud Assoumani n’a foulé qu’une seule fois la terre de ses ancêtres : les Comores. C’était juste après Londres. "Surréaliste. C’était fou. Je ne m’attendais pas du tout à un tel accueil", se souvient-il.  Au programme de son séjour, la Grande Comore, l’île principale, visite d’une école, cérémonie à Mitsoudjé et Anjouan, où son père a vécu et où sa grand-mère est née. "J’avais l’impression d’avoir gagné la Coupe du monde de foot", s’amuse-t-il.

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