Quel est votre sentiment après avoir échoué si prés d'une médaille olympique ?
Mehdi Baala : C'est encore trop tôt pour éprouver des sentiments. Je me dis que c'est dommage. Malheureusement, j'ai déjà connu ça. La différence c'est que la, je suis en finale. Je suis frustré parce que c'est la quatrième place. Peut-être que si j'avais termine cinquième, j'aurais éprouvé moins de regrets.
Que vous a-t-il manqué pour monter sur le podium ?
Pékin 2008
Baala, regrets éternels
19/08/2008 À 09:00
M.B. : Peut-être un jour supplémentaire de récupération. Humainement parlant, j'ai fait toutes les choses possibles et inimaginables pour récupérer. J'avais un kiné a plein temps, j'ai bu des litres d'eau comme jamais de ma vie. Peut-être que si j'avais couru en demi-finale en 3'40 plutôt qu'en 3'37, ça aurait tout changé. Après, ce sont les Jeux Olympiques. On n'arrive pas comme ça les mains dans les poches en se disant qu'on va aller en finale “pépère”. Les J.O., c'est trois courses à gérer. Pas seulement une finale. Si ça avait été une seule course, ça aurait été plus simple. Mais là, on est dans un grand championnat avec trois courses et de la fatigue qui s'accumule a chaque tour. Comme j'ai tendance à le dire, celui qui gagne, ce n'est pas forcement le meilleur, mais plutôt celui qui a le mieux récupéré.
Comment s'est déroulée votre course ?
M.B. : C'est parti vite. J'ai eu du mal au début. Après, ça n'accélère pas. Je me réveille alors. Et je me sors les tripes. J'accélère tant que mes jambes suivent. Je rattrape un, deux, puis trois gars, Je prends confiance. Je continue, je continue. Je finis comme je peux et ensuite, je me jette sur la ligne. En vain. Je n'avais plus trop de jambes. Je n'étais plus trop lucide non plus. Je me suis accroché pour aller jusqu'à la fin. Je finis comme je peux. C'est allé vite pour une finale olympique et j'ai tout donné.
Après ce nouvel échec, vous sentez-vous prêt a repartir de plus belle ?
M.B. : Je me dis qu'il y a encore de l'espoir pour la suite et que ce n'est pas fini. Parce que si j'avais été champion olympique, peut-être que j'aurais arrête de courir. J'ai 30 ans. Cela fait dix ans que je cours au plus haut niveau. Les années commencent à compter. Ma carrière est plus derrière que devant. A certains moments, j'en ai ras le bol vu les sacrifices qu'il faut consentir. Je ne vois jamais ma fille, j'ai envie d'en profiter. Mais quelque part, cet échec va me donner envie de continuer même si mon rêve était de devenir un jour champion olympique ou au moins, monter sur le podium. Comme quoi, dans le sport, on ne réalise pas toujours ses rêves. Mais ce n'est pas fini.
Pékin 2008
Mekhissi, l'argent surprise
18/08/2008 À 04:00
Pékin 2008
Baala tient sa finale
17/08/2008 À 12:30