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Lavillenie : "Etre présent dans le stade à Paris en 2024"

Lavillenie : "Etre présent dans le stade à Paris en 2024"
Par AFP

Le 09/01/2019 à 20:42

Le recordman du monde du saut à la perche Renaud Lavillenie (6,16 m) voit loin: à la veille de sa rentrée au meeting de Tignes jeudi, le Français (32 ans) compte "être présent dans le stade à Paris en 2024", un rendez-vous qu'il ne souhaite surtout pas rater.

Effectuer votre rentrée à Tignes, en altitude, est devenu une habitude. Pourquoi?

Renaud Lavillenie : "C'est un contexte et un décor décalés par rapport à ce que l'on a l'habitude d'avoir et c'est une compétition et un moment intéressants. Changer d'air, ça ne fait pas de mal parce qu'après, dès que l'on attaque la saison, on est à bloc et on peut moins profiter. Et comme cela avait plutôt bien marché l'année dernière, on essaye de refaire la même chose."

Qu'attendez-vous de cette rentrée en terme de performance?

R. L : "Ma forme est plutôt bonne. J'ai bien bossé. J'ai été capable d'ajuster ma préparation par rapport à ce dont j'ai besoin. D'habitude, j'avais tendance à être le plus tôt possible dans des séances intenses. Là, j'ai pris le temps. L'objectif n'est pas d'être fort à Tignes, mais d'être champion d'Europe en salle début mars. L'objectif à Tignes sera de faire comme l'an passé quand j'avais fait 5,81 m. Au vu de ce que j'ai été capable de faire sur les dernières séances, j'en ai largement les moyens. On va dire qu'a minima, 5,70 m ce serait déjà quelque chose de correct, mais je serai satisfait à 5,80 m."

Quels seront vos objectifs cette saison?

R: "Les objectifs seront les Championnats d'Europe en salle et les Championnats du monde, deux grosses compétitions où je vais aller chercher des médailles. Que ce soit l'or, l'argent ou le bronze, on n'a aucune certitude, mais je sais qu'en difficulté ou en pleine possession de mes moyens, j'arrive à donner le maximum pour ramener quelque chose."

Renaud Lavillenie / Championnats d'Europe de Berlin

Renaud Lavillenie / Championnats d'Europe de BerlinGetty Images

Le titre mondial est le seul qui manque à votre palmarès. Est-ce une obsession?

R: "Pour vous oui, mais pas pour moi. J'ai toujours été capable d'avoir un minimum de performance aux Mondiaux pour ramener une médaille. Si je gagne cette année, ce sera royal mais si je fais 2e ou 3e ou autre chose, ce sera comme ça, c'est le sport."

Il y a une nouvelle génération qui émerge avec le Suédois Armand Duplantis, champion d'Europe à 19 ans, et son dauphin le Russe Timur Morgunov (22 ans). Est-ce une nouvelle source de motivation?

R: "On n'a aucune certitude pour savoir s'ils seront bons sur la durée et s'ils sauteront haut. On l'espère parce qu'ils sont jeunes, mais j'en ai vu depuis dix ans des perchistes qui arrivaient et qui l'année d'après avaient presque disparu. La discipline a rarement connu une aussi grande densité, mais ça ne change pas grand chose pour moi. Ce n'est pas une nouvelle source de motivation, je n'ai pas besoin de concurrence pour avoir de la motivation."

Jusqu'où peut aller Duplantis?

R: "Je ne sais pas. Si je devais miser su un mec pour me détrôner, ce serait sûrement lui, mais j'ai hâte de voir comment il va se comporter en 2019. Pour aller chercher 6,16 m, ça ne va pas se faire en claquant des doigts. Il faut avoir une certaine régularité. Mais c'est quelqu'un qui peut menacer le record."

Vidéo - Lavillenie échoue à 6m05, Duplantis au sommet de l'Europe

01:00

Et vous, qu'est-ce qui vous fait encore courir à 32 ans?

R: "Le plaisir de sauter en compétition, l'envie de continuer à gagner des médailles et à faire ce que j'aime."

Cela peut vous amener jusqu'où?

R: "Très loin. L'objectif dans un coin de la tête c'est d'être présent dans le stade à Paris en 2024. Mon objectif sera d'être compétitif jusqu'en 2021 puis de pouvoir être dans la compétition à Paris. Parce qu'avoir les Jeux à la maison, peu importe le niveau que tu as, ça n'a pas de prix. Après, si je suis dans ce stade, je ne dis pas que je serai difficile à battre, mais j'aurai les moyens de pouvoir rivaliser parce qu'il suffit d'un saut. Si je suis en finale en 2024, tout peut se passer à la perche. Je sais comment je suis capable de me transcender avec une telle émulation".

Les 6 m sont aussi dans un coin de votre tête?

R: "Je les ai ratés d'un rien l'an passé à Birmingham aux Mondiaux en salle, puis aux Texas Relays en avril. Si j'arrive à bien tout remettre en place, j'espère les passer cet hiver. Mais je ne suis pas obnubilé par la performance. Je préfère faire une saison où je vais sauter 8 fois 5,80 m et pas à 6 m plutôt que de faire une fois 6 m et le reste du temps 5,50 m."

Renaud Lavillenie en finale de la perche aux Championnats d'Europe 2018

Renaud Lavillenie en finale de la perche aux Championnats d'Europe 2018Getty Images

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