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Kevin Mayer : "J’espère que ce n’est pas mon dernier record du monde"

Mayer : "J’espère que ce n’est pas mon dernier record du monde"

Le 16/09/2018 à 20:33Mis à jour Le 16/09/2018 à 23:04

Kevin Mayer est le nouveau recordman du monde du décathlon. Dimanche, le Français a effacé les 9045 points d'Ashton Eaton et porté la marque de référence à 9126 unités. Tout bonnement exceptionnel. Mais pas une finalité en soi, bien au contraire. Mayer n’a désormais qu’une envie : gagner les Jeux et, pourquoi pas, remettre le couvert pour battre son propre record.

"Si je ne bats pas le record du monde, je veux bien me mettre à genoux et que tout le monde dans le stade me mette une fessée." On peut s'apprêter à devenir la référence ultime de sa discipline et garder une once de recul, doublée d'une bonne dose d'humour. Cette histoire de fessée(s), c'est Kevin Mayer qui en a parlé, dimanche en fin d'après-midi, alors qu'il n'était plus qu'à 1500 mètres d'un accomplissement immense. Ce record du monde, tant convoité, était déjà dans sa poche. Une formalité parce que le Français avait survolé son week-end à Talence jusque-là. Il lui fallait courir en moins de 4'49'' pour aller au bout de son rêve. Il a fait bien mieux. S'offrant ainsi un record XXL (9126 points) et une barre mythique.

Dimanche, le champion du monde n'a pas franchi les 9000 points. Il a dépassé les 9100, une hauteur qu'on osait à peine imaginer. Et puis il y a eu ce crochet par Talence, six semaines après un coup d'arrêt européen que le champion a vite mis derrière lui. Une fois la ligne franchie, le Français ne s'est pas épanché plus que ça sur Berlin parce que cet échec fait partie de sa vie d'athlète et c'est aussi grâce à ce zéro pointé à la longueur, "un mal pour un bien", qu'il en est là aujourd'hui, seul au monde. Enfin, façon de parler. Parce que ses premiers mots de recordman ont été à destination de ses proches.

France's athlete Kevin Mayer (C) poses with fans after breaking decathlon world record at the end of the 1500m race event of the IAAF's Decastar World Combined Events Challenge on September 16, 2018 in Talence, southwestern France

France's athlete Kevin Mayer (C) poses with fans after breaking decathlon world record at the end of the 1500m race event of the IAAF's Decastar World Combined Events Challenge on September 16, 2018 in Talence, southwestern FranceGetty Images

" Je n'ai fait que chialer avant le 1500 mètres"

"Il y a ce record mais je me rends compte que ça ne sert à rien les grandes performances si tu ne les partages pas, a-t-il confié sur RMC Sport. J'ai été entouré toute ma vie, notamment ce week-end. Sans ces personnes qui m'entouraient, je n'y serais pas arrivé. Mon plaisir, c'est de partager ça. Il y avait du monde, des potes extra, un préparateur physique extra, un grand frère extra en la personne de Romain Barras, un entraineur extra, des bons potes, je dédie ce record à tout le monde".

Heureux et expressif, comme lorsqu'il a retiré son maillot pour laisser apparaitre et contracter sa musculature saillante devant le panneau électronique immortalisant son exploit, Mayer a contrôlé ses émotions. "Je n'ai fait que chialer avant le 1500 mètres, a-t-il ajouté. Là, je ne suis plus dans l'émotion". De là à réaliser totalement ce qu'il lui arrivait, il n'y a qu'un pas que le vice-champion olympique 2016 n'a pas franchi. On ne bat pas des records du monde tous les jours même s’il a commencé à comprendre que c’était dans ses cordes durant le concours de la perche. "A 5,25m", a-t-il précisé. Et puis tout s’est enchaîné. Ses 71,90m au javelot lui ont offert un matelas des plus confortables. "Je ne voulais pas craquer, j'avais peur de la crampe", a-t-il tout de même concédé en conférence de presse.

Kevin Mayer

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Et maintenant ? Peut-il aller plus vite, plus haut, plus fort ? "On me dit ça chaque année. On me l'avait déjà dit à Rio. Je crois que mon point fort c'est de réussir à enchaîner les épreuves dans un décathlon. Quand on met un Jérôme Simian (son préparateur physique) ou un Bertrand Valcin (son entraîneur) autour ça me fait progresser chaque année. Chaque année, j'aurai de plus en plus de marge et j'espère que ce n'est pas le dernier record du monde que je fais, même si ça va être très difficile de le battre. Si je suis champion olympique je n'aurai plus aucun regret." Rendez-vous à Tokyo. Ou avant pour un autre week-end de frissons.

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