ROMAIN MESNIL, est-ce la déception ou la soulagement qui prévaut après cette deuxième médaille d'argent en deux ans ?
R.M. : "Je n'ai pas le titre, mais faire deux médailles d'argent d'affilée à la perche, c'est quand même quelque chose. Mais je suis déçu, car je l'avais dit avant d'arriver à Berlin, je venais pour le titre. C'est la première fois que je le disais. D'habitude, je n'ose pas trop le dire. Donc, il y a un peu de déception, même si je fais une belle performance. C'est aussi un concours historique pour la perche française, même si ce n'est pas comme Los Angeles (Quinon 1er des JO-1984, Vigneron 3e, NDLR) ou Jean Galfione champion olympique en 1996, les JO, c'est quand même autre chose".
On annonçait un duel entre Steven Hooker, finalement sacré champion du monde, et Renaud Lavillenie, 3e...
Mondiaux Berlin
Le programme de dimanche
23/08/2009 À 11:00
R.M. : "Cela m'avait énervé un peu qu'on m'oublie cette année et qu'on dise que les Mondiaux allaient se jouer entre Renaud (Lavillenie) et (Steven) Hooker. Cela fait plaisir de prouver que tout le monde est dangereux, notamment quelqu'un qui a déjà été vice-champion du monde".
Deux ans après Osaka et quelques doutes, quelle émotion suscite cette médaille ?
R.M. : "Je n'ai pas la même émotion qu'à Osaka, car là-bas, c'était ma première médaille mondiale. Je n'ai pas gravi la marche supérieure, j'ai fait la même chose, de manière différente. Pour l'instant, elle n'a pas la même saveur, je n'ai pas la même émotion. J'étais venu chercher le saut qui me permettrait de gagner le titre. Cela me reste un peu sur l'estomac, mais la joie viendra petit à petit, j'en suis sûr quand je réaliserai tout ce que j'ai traversé".
Vous n'êtes donc plus seulement "le promeneur nu de Paris", ce film que vous aviez tourné cet automne pour trouver des nouveaux partenaires ?
R.M. : "Je suis très fier de l'avoir fait, je suis encore plus fier d'être vice-champion du monde. J'ai assumé derrière ce "coup de com", j'ai dit mon histoire comme elle était. Je me suis battu pour faire quelque chose de nouveau et de marrant. Mine de rien, c'est ce que j'ai fait aussi avec ma préparation sportive: en octobre, je me posais des questions. En novembre, j'avais mal aux jambes, car je m'étais arrêté trop longtemps. J'ai dit alors à mon entraîneur "Je me demande si je continue ou pas, à 32 ans, j'ai fait une belle carrière" Et il m'a dit: "Viens au stade, fais toi plaisir et on verra en janvier". Et c'est ce que j'ai fait, en janvier, cela commençait à aller mieux, j'ai allégé les séances. A 32 ans, j'ai montré que je pouvais être performant avec mes qualités physiques et mentales, tout en s'entraînant plus légèrement. Le plus important, c'est d'être prêt le jour de la compétition. Je vais pouvoir continuer un petit moment".
Avez-vous été surpris par Hooker, blessé depuis deux semaines aux adducteurs, qui a retardé son entrée dans le concours ?
R.M. : "Il a un potentiel énorme, il a prouvé qu'il a été régulier à plus de 6 m cet hiver. On s'est dit: "Attention sur un saut, il peut le faire !" Je doutais qu'il en fasse deux sauts par rapport à la douleur qu'il avait en qualifs. Il ne s'est pas trop échauffé, il a eu de la chance que cela ne lâche pas, cela m'a un peu estomaqué. Mais c'est un grand champion, ce qu'il a fait, c'est fort".
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