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Liu, première en salle

Liu, première en salle
Par Eurosport

Le 08/03/2008 à 22:15Mis à jour

Pour la première fois de sa carrière, Liu Xiang est devenu champion du monde du 60m haies en salle. A Valence, le Chinois (7"46) a dominé l'Américain Allen Johnson (7"55). A la perche, Yelena Isinbayeva s'est contenté du minimum pour décrocher la médaille

A cinq mois, jour pour jour, du début des Jeux Olympiques chez lui, à Pékin, Liu Xiang a envoyé un premier message à ses adversaires. A Valence, le Chinois est monté en puissance au fil de la journée pour finalement décrocher le titre mondial du 60m haies en salle, le premier de sa carrière. Après avoir "été désolé" pour Dayron Robles en séries (le Cubain a été éliminé après avoir cru à un faux-départ du champion olympique du 110m haies), après avoir géré sa demi-finale d'une main de maître, Liu Xiang a déroulé en finale.

Aligné au couloir n°6, le natif de Shanghai a mis au pas tous ses adversaires. A l'arrivée, il s'est imposé en 7"46, à quatre centièmes de son record personnel établi le 11 février 2007 à Karlsruhe. Sur la deuxième marche du podium, on retrouve l'éternel Allen Johnson (7"55). A 37 ans, l'Américain est devenu le plus vieux hurdler à prendre part à une finale de 60m haies de Championnats du monde, mais également le plus âgé à décrocher une médaille. Triple champion du monde indoor (1995, 2003 et 2004), Johnson s'est rappelé au bon souvenir de ses adversaires et a prouvé qu'on pouvait compter sur lui jusqu'à sa retraite. La médaille de bronze est revenue au Russe Evgeniy Borisov et au Letton Stanislavs Olijars (7"60), champion d'Europe en titre de la spécialité, que les officiels n'ont pas été en mesure de départager au millième.

Mekonnen puis Komen... puis Mekonnen

Chez les dames, en début de journée, on s'attendait à assister à un duel entre la Suédoise Susanna Kallur, meilleure performeuse mondiale de l'hiver (7"68), et l'Espagnole Josephine Onyia. Diminuée par une gêne aux adducteurs, la première a préféré déclarer forfait avant sa demi-finale. La seconde a quant à elle vu ses espoirs de médaille s'envoler en finale au passage de la dernière haie. La star locale avait impressionné en série mais avait eu plus de mal en demi-finale. En finale, l'athlète d'origine nigériane a été victime d'une lourde chute à quelques encablures de l'arrivée d'une course finalement dominée par la pétillante LoLo Jones. En 7"80, l'Américaine a devancé largement sa compatriote Candice Davis (7"93) et la Cubaine Anay Tejeda (7"98). Qui aurait parié sur ces trois filles samedi matin ? Pas grand-monde a priori...

La journée de samedi a également été marquée par le titre de l'Ethiopien Deresse Mekonnen sur 1500m. D'abord vainqueur en 3'38"23, l'Ethiopien avait été rapidement disqualifié pour avoir visité l'extérieur de la piste. Déclassé et "offrant" la victoire au Kenyan Daniel Kipchirchir Komen (3'38"54), Mekonnen avait immédiatement porté réclamation. Aux alentours de 22h30, les commissaires de course sont revenus sur leur décision et lui ont rendu sa médaille d'or. En 3'38"82, Juan Carlos Higuero s'est hissé sur la 3e marche du podium et a offert à l'Espagne sa première breloque. En retrait tout au long de la course, le Bahraïni Rashid Ramzi a déçu en ne se classant qu'à la 5e place (3'40"26).

Malheureuse Devetzi

Avant cela, l'Ethiopie s'était déjà signalée en plaçant deux de ses semi-fondeuses sur le podium du 3000m dames. Profitant de l'absence de sa meilleure ennemie Tirunesh Dibaba, Meseret Defar a fait parler sa science de la course. Auteure d'un dernier tour en 28"7 (8'38"78 en tout), la double tenante du titre a devancé sa compatriote de 22 ans Meselech Melkamu (8'41"50) et la Marocaine Mariem Alaloui Selsouli (8'41"66). Les finales de la longueur messieurs et du triple saut dames ont réservé leur lot de suspense respectif. La première d'entre elles a vu la victoire au dernier essai - dans un concours sans relief - du Sud-Africain Godfrey Mokoena (8"08). Le second a confirmé le malheur de Hrysopiyi Devetzi en grands championnats. Malgré un concours de grande classe (quatre sauts à plus de 14,83m), la Grecque a dû se contenter de la médaille d'argent. C'est la Cubaine Yargelis Savigne qui s'est offert le titre mondial grâce à un sixième et ultime saut mesuré à 15,05m (record des Amériques).

A la perche dames, le titre est revenu - ô surprise - à la Russe Yelena Isinbayeva. Après l'avoir vue battre le record du monde en salle il y a trois semaines à Donetsk (4,95m), on s'attendait à assister à un concours de haute volée de part de la Tsarine. Ce ne fut pas le cas du tout. Malmenée par l'Américaine Jennifer Stuczynski, finalement médaillée d'argent, Ia protégée d'Evgueni Petrov n'a décroché son troisième titre mondial en salle qu'au bénéfice d'une barre effacée au premier essai (4,75m). La Brésilienne Fabiana Murer et la Polonaise Monika Pyrek et ses fameux troubles obsessionnels compulsifs ont terminé 3e ex aequo.

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