Meilleure performance mondiale de l'année, médaille d'or dans la poche, Renaud Lavillenie a vécu une journée parfaite à Istanbul, ce samedi. En sautant 5,95 m à son premier essai, le Clermontois a marqué les esprits et annoncé la couleur avant les Jeux Olympiques de Londres. Il devance notamment l'Allemand Bjorn Otto et l'Américain Brad Walker (5,80 m).
Victime d'une fracture de la main gauche début décembre, Renaud Lavillenie a vite retrouvé ses repères et son niveau pour s'offrir la première d'or mondial de sa carrière en salle. Sa 6e médaille internationale en trois ans qui confirme sa classe et sa régularité au plus haut niveau. Une performance de maître, seulement six semaines après avoir repris l'entraînement. Champion du monde, le Clermontois s'est aussi offert le luxe d'y mettre la manière. Le favori c'est lui.
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Lavillenie veut "que ça change"
08/03/2012 À 15:24
Respectivement deuxième et troisième, l'Allemand Bjorn Otto et l'Américain Brad Walker sont prévenus. Le Français n'a pas volé son titre. Contraint de s'y reprendre à deux reprise à 5,60 m et 5,80 m, il a ensuite bouffé la concurrence en passant avec facilité 5,85 m, 5,90 m, à son deuxième essai, et surtout 5,95 m. Gourmand, il a ensuite sans succès tenté de s'approprier le record de des championnats, détenu par l'Américain Steven Hooker avec 6,01 m en 2010 à Doha. Ses deux échecs à 6,02 m ne gâcheront pas sa journée. Sans être au top, il a encore une fois montré qu'il règne actuellement en patron sur la perche mondiale. En s'imposant dans une épreuve jusque-là synonyme d'échec pur lui, l'enfant de Nercillac parfaitement lance une saison qui peut être celle de la consécration. Une valeur sûre.
"Ca fait depuis 2009 que j'attend d'être champion du monde, même si c'est en salle c'est quand même un titre de champion du monde. Ca fait du bien le travail qui paye", a déclaré le champion. "C'est de très bon augure (pour les jeux Olympiques, cet été à Londres, ndlr), mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Ce n'est pas parce que je suis champion du monde ici que dans cinq mois je vais être champion olympique. Il y a de la concurrence, et tout le monde n'était pas là", a-t-il ajouté.
Biron 6e, Gatlin 1er
L'ambitieux Biron, qui a décidé de délaisser un temps la longueur pour le sprint, était partagé entre satisfaction et déception après sa 6e place sur 60 m en 6"63. "Je suis un gagneur. En égalant mon record (6"60), j'avais le temps du troisième (le Britannique Dwain Chambers, ndlr). Maintenant, je veux gagner ma place en individuel aux Jeux Olympiques, courir en 10"10", a expliqué le Lyonnais.
Le vainqueur de la course, Gatlin est revenu de l'enfer d'une suspension de quatre ans pour dopage. "J'avais aussi gagné les Mondiaux en salle de Birmingham, en 2003, avec exactement le même chrono (6"46)", a rappelé le vainqueur comme si l'histoire ne faisait que recommencer à 30 ans. Champion olympique du 100 m en 2004 à Athènes, Gatlin avait été double médaille d'or (100/200 m) l'année suivante aux Mondiaux d'Helsinki. Sanya Richards-Ross, mariée à un joueur de football américain des New York Giants, vainqueur récent du Super Bowl, s'est remise pour sa part d'une longue période de maladie et de blessures. Elle a remporté en maîtresse du jeu le 400 m.
Au-delà de la démonstration collective des Etats-Unis, c'est bien l'Australienne Sally Pearson qui a réalisé la "perf" du samedi au 60 m haies. Championne du monde du 100 m haies en 2011 à Daegu, l'Aussie n'a pas été élue athlète de l'année pour rien. A l'Atakoy Arena, la blonde a réalisé 7"73, à seulement 0"05 de la référence planétaire de la Suédoise Susanna Kallur. "Maintenant je vais pouvoir me reposer une dizaine de jours", a souligné la jeune femme, qui a déjà commencé la saison estivale aux Antipodes sur 100 m haies et déjà un rythme olympique. Côté français, la dernière finaliste du jour, Hind Dehiba, a tenté de suivre le train des Ethiopiennes mais a coincé sur la fin pour une cinquième place sur 1500 m.