Getty Images

Deux médailles, six finalistes : cote d'alerte pour les Bleus à dix mois des Jeux

Deux médailles, six finalistes : cote d'alerte pour les Bleus à dix mois des Jeux

Le 07/10/2019 à 01:52Mis à jour Le 07/10/2019 à 12:07

MONDIAUX - À l'issue des Mondiaux de Doha, le bilan fait peine à voir pour l’équipe de France d’athlétisme. Les leaders ont failli et seuls Quentin Bigot (argent) et Pascal Martinot-Lagarde (bronze) ont sauvé les Bleus du zéro pointé. Plus préoccupant encore, il n’y a eu que six finalistes, contre treize lors des derniers Mondiaux pré-olympiques. De quoi être inquiet à dix mois des JO de Tokyo.

Moitié de moins de finalistes qu'en 2015

En soi, deux podiums, ce n'est pas si infamant pour les Bleus au regard de leur histoire. En 17 éditions de Mondiaux, c'est déjà la huitième fois que la France ne rapporte que deux médailles ou moins. La cuvée 2019 n'a ainsi rien d'exceptionnelle. Elle se situe juste dans la moyenne basse. S'agit-il d'un nouveau petit creux entre deux vagues, comme le laissait entendre André Giraud au micro de France Télévisions dimanche soir ? Ce dernier a pointé qu'en 2015, déjà, le bilan s'était révélé bien pauvre... Mais qu'il avait été suivi par la récolte record de Rio (huit médailles, meilleur total depuis 1948). Alors, après tout, pourquoi ne pas rêver d'un nouveau rebond ?

Sauf que la comparaison entre ces deux Mondiaux préolympiques ne doit pas s'arrêter au registre des médailles. Dans le détail, le bilan de Doha est bien plus inquiétant que celui de Pékin. Il y a quatre ans, la France avait engrangé 13 places de finalistes. Soit son 4e meilleur total derrière 2005 (18), 2009 (15) et 2017 (14). En Chine, à défaut de la réussite, il y avait donc une vraie densité. On ne peut pas en dire autant cette fois-ci. Au Qatar, il n'y a eu que six finalistes. Soit plus de moitié moins qu'à Pékin. C'est simple : il s'agit du plus mauvais total de l'histoire des Bleus, à égalité avec 1983.

Kevin Mayer, Doha 2019

Kevin Mayer, Doha 2019Getty Images

Un creux intergénérationnel

Sur les six finalistes, en plus des médaillés, on compte Djilali Bedrani (5e du 3000m steeple), Valentin Lavillenie (6e de la perche), un relais (4x400m masculin) et une seule femme, Alexandra Tavernier (6e au marteau). Sans les lanceuses (et on pense à Mélina Robert-Michon), l'athlétisme féminin français crierait famine ces derniers temps. Bien sûr, le fameux rebond espéré par André Giraud est possible à Tokyo. Si la logique est respectée, et qu'il retrouve la santé à temps, Mayer sera champion olympique au Japon. Le recordman du monde du décathlon est la plus grande chance de finir en haut de l'affiche. Elle est immense. Mais elle est quasiment la seule.

Derrière, Renaud Lavillenie (33 ans) semble sur la pente descendante et Yoann Diniz aura 42 ans au départ du 50km marche, qui devrait être disputé dans des conditions semblables à celles qui l'ont vu abandonner rapidement à Doha. Jusqu'à preuve du contraire, Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde à Londres et éliminé en demies à Doha, n'a été qu'un (fabuleux) "one-shot". Christophe Lemaître et Jimmy Vicaut ont perdu de leur superbe. Et Teddy Tamgo n'est plus là. "C'est la fin d'un cycle, reconnaît André Giraud. Il y a une génération pour Paris 2024 qui arrive. Mais elle est un peu tendre." En attendant la relève, il faudra faire avec les moyens du bord à Tokyo.

Quentin Bigot aux Mondiaux 2019

Quentin Bigot aux Mondiaux 2019Getty Images

0
0