Un an après des JO de Tokyo franchement décevants où la délégation française avait dû se contenter de l'argent de Kevin Mayer, et à deux ans de Paris 2024, les Bleus de l'athlé passent un test révélateur lors des Mondiaux d'Eugene. A l'image de la natation tricolore qui s'est refait la cerise cet été dans le sillage de Léon Marchand aux Mondiaux de Budapest, les Français comptent sur ce mois de juillet pour lancer une nouvelle dynamique. Qui, parmi les 44 membres de la délégation, peut ramener des médailles à la maison dans un contexte extrêmement concurrentiel ? Eléments de réponse.

Les valeurs sûres

  • Kevin Mayer
Mondiaux
Felix, McLaughlin, Duplantis... ils ont marqué Eugene
25/07/2022 À 18:12
Seul athlète français médaillé à Tokyo (argent), Kevin Mayer reste la plus grande chance chez les Bleus. Champion du monde en 2017 du décathlon, contraint à l'abandon deux ans plus tard alors qu'il menait les débats, Mayer a une histoire tortueuse avec les Mondiaux. C'est encore un duel avec le Canadien Damian Warner, champion olympique en titre, qui s'annonce pour l'un des temps forts d'Eugene. Mais un troisième homme pourrait s'immiscer dans la bataille avec l'Américain Garrett Scantling (8 867 points marqués début mai). Où en est Mayer ? Difficile à dire. Mais si son tendon d'Achille et son dos le laissent en paix, le recordman du monde sera un prétendant naturel au podium.

Mayer : "Cette médaille d’argent a vraiment un goût d’or"

  • Renaud Lavillenie
C'est le seul titre qui lui manque. Mais soyons franc, ce ne sera pas simple. Face à Renaud Lavillenie (35 ans), Armand Duplantis, auteur du meilleur saut de l'histoire en extérieur cette année (6,16m), évidemment, mais aussi l'Américain Chris Nielsen qui a franchi les 6 mètres en 2022. Le champion olympique de Londres, lui, a plafonné à 5,83m et au 8e rang des performances de l'année. Mais Lavillenie, outsider à défaut d'être favori, a l'expérience des grands championnats. En cas de défaillance, la France pourra compter sur une relève déjà pleine d'ambition. Thibaut Collet (23 ans), qui a franchi 5,82 m cette saison, aura lui aussi son mot à dire dans le concours de la perche.

Lavillenie au bout de lui-même, Duplantis en superman : superbe finale à la perche

  • Quentin Bigot
Lui-aussi connaît le goût d'un podium mondial. En argent à Doha, Quentin Bigot (marteau) est dans la course au podium à Eugene. Le Français est, par deux fois, entré dans le cercle très fermé des lanceurs ayant franchi la barre des 80 mètres avec un jet à 80,55 qui le place au 4e rang des performances de 2022. Cette barrière franchie, le Français a de vraies ambitions cet été où il pourrait tutoyer le vieux record de France de Gilles Dupray (82,38 m par en l'an 2000). Le plateau au marteau est extrêmement dense mais Bigot a la médaille dans le viseur.

Un lancer à 78,73 et Quentin Bigot assure sa qualification en finale du lancer de marteau

Celui que tout le monde attend

  • Sasha Zhoya
Et s'il était déjà prêt ? Pour ses premiers grands championnats, Sasha Zhoya arrive avec l'appétit de ceux qui sont programmés pour aller décrocher la lune. A 20 ans à peine, il débarque dans la Mecque de l'athlétisme américain avec le 5e temps des engagés (13"17) claqué pour décrocher son premier titre de champion de France il y a quelques semaines. Lui qui n'a couru que cinq 110 m haies chez les grands arrive aux Mondiaux avec l'ambition d'une médaille. Ce serait une vraie sensation au regard de son âge et de son expérience du très haut niveau. Mais il paraît que le recordman du monde cadet est fait d'un bois différent, alors… "Un championnat réussi ? La médaille d’or autour du cou. Quand je pars en championnat, c’est pour gagner. Dans ma tête c’est pour bientôt", prévenait-il après son succès aux France. Ce sera plus compliqué, a priori, pour Pascal Martinot-Lagarde. Freiné par des pépins physiques, le médaillé de bronze à Doha s'est contenté d'un 13"45 cette année. Mais les haies restent une discipline incertaine et PML aime l'odeur des grands rendez-vous…

Sasha Zhoya, sacré champion de France 2022 sur 100m haies

Crédit: Getty Images

Et pourquoi pas…

  • Benjamin Robert et Gabriel Tual
Il peut être la révélation bleue des Mondiaux. A 24 ans, sans expérience dans les grands championnats, Benjamin Robert arrive sans pression et avec… le 6e temps de l'année sur 800 m grâce à sa victoire à Paris en Ligue de Diamant (1'43"75). Sur la même distance, Gabriel Tual figure lui aussi en bonne place dans les bilans mondiaux (13e en 1'44"23). Autant dire qu'il faudra suivre le double tour de piste avec un œil attentif côté tricolore.
  • Mélina Robert-Michon
Pilier de la délégation depuis tant d'années, MRM va disputer cet été ses 9es mondiaux, un record chez les Bleus. Dix-septième performeuse de l'année, la vice-championne olympique de Rio et double médaillée aux Mondiaux a, elle aussi, l'expérience de ces journées où tout se joue. Alors qu'elle se remet du Covid-19, l'Iséroise espère se qualifier pour la finale après avoir échoué à Tokyo.

Mélina Robert-Michon aux Jeux de Tokyo en 2021

Crédit: Getty Images

  • Renelle Lamotte
Voilà longtemps qu'elle tourne autour et si c'était la bonne pour Renelle Lamote ? 14e chrono de la saison en 1'58"48, la quadruple championne de France espère intégrer la finale mondiale du 800m et s'approcher de la boîte. La concurrence est féroce sur la distance, à commencer par l'Américaine Athing Mu, mais la Française a un coup à jouer.
  • Jimmy Gressier
Dans la forme de sa vie, Jimmy Gressier n'en finit plus de faire tomber ses records personnels sur 5 000 et 10 000 m. Aligné pour ses premiers Mondiaux, il surfe sur une forme optimale à l'image de sa 4e place lors de la Ligue de Diamant à Paris où il a battu son record (13'08"75). Bref, l'ancien footballeur est en pleine bourre.
Mondiaux
Merci Mayer : le (triste) bilan des Bleus
25/07/2022 À 15:26
Mondiaux
Duplantis, un record et une marge pour aller plus haut : "J'étais 8 centimètres au-dessus"
25/07/2022 À 08:48