C'est un retentissant exploit. Un véritable coup de tonnerre. Ce samedi, Hugues-Fabrice Zango a pulvérisé le record du monde du triple saut en salle (18,07 m) qui appartenait à son entraîneur, le Français Teddy Tamgho (17,92 m) en explosant sa meilleure marque (17,77 m). Mais alors qui est Zango, 27 ans et sensation burkinabée du triple saut ?

Un pionnier

Hugues-Fabrice Zango est un pionnier. Depuis le début de sa carrière, il a défriché de nombreux terrains pour un athlète burkinabé. Repéré tardivement à 18 ans dans son pays et arrivé en France en 2015 avec un visa d'étudiant pour "s'ouvrir la porte du haut niveau", il s'est mis à l'athlétisme "par hasard" et, depuis, bat de nombreux records. Sa plus grande fierté reste d'avoir offert sa première et jusqu'ici unique médaille mondiale (bronze) à son pays, le Burkina Faso, lors des Mondiaux de Doha en 2019. Il espère devenir le premier athlète burkinabé médaillé aux JO l'été prochain à Tokyo. Mais cette fois, il ne se contentera pas du podium et visera le titre cinq ans après avoir été éliminé lors des séries à Rio. "Je passe de simple médaillable à prétendant à une médaille d'or, je change de grade", a-t-il déclaré ce samedi dans la foulée de son incroyable saut.
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Zango, nouveau recordman du triple saut en salle

Crédit: Getty Images

10'70 sur 100m, plus rapide que Taylor ?

Zango est rapide, très rapide. C'est même aujourd'hui son principal atout sur la concurrence. Le Burkinabé court le 100m en 10'70. "Si on parle des qualités proprement physiques, c’est quelqu’un qui va très vite, on l’a vu par rapport à notre biomécanique, sorti aux championnats du monde de Doha qu’il allait aussi vite voir plus vite que Christian Taylor (ndlr : la référence du triple saut, deux fois champion olympique en titre et quadruple champion du monde), analyse son coach Teddy Tamgho. Sachant que Christian Taylor est connu pour être un sprinteur de grande qualité."

Thésard en génie électrique

"Machine électrique performante à rotor externe et convertisseur intégré pour application en environnement sévère". Voilà le titre de la thèse de cet étudiant en génie électrique. Là-encore, Zongo est un cas à part puisqu'il jongle entre une activité de recherche et l'entraînement, deux activités a priori difficilement conciliables. Du lundi à vendredi, de 8h à 16h30, Zango officie à Béthune au laboratoire "Systèmes Electrotechniques et Environnement" de l'université. A partir de 18h, il enfile sa casquette de triple sauteur pour des séances physiques. Le week-end, place au travail technique à l'Insep.

"Il pue la détermination"

La grande force de Zango ? Ne jamais rien lâcher. C'est son coach, Teddy Tamgho qui en parle le mieux : "Il est déterminé, confiait l'ancien champion du monde à l'AFP. C’est un individu qui quitte son pays tout seul, qui vient vivre en France, qui scolairement excelle, qui excelle également sur le plan sportif... Excusez-moi du terme, mais il pue la détermination." Une détermination qui pourrait l'amener au sommet à Tokyo. Ce samedi, en tout cas, il a pris rendez-vous.

Hugues Zango lors des championnats de France de triple saut à Albi le 12 septembre 2020

Crédit: Getty Images

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