Stupeur à Eugene. Donavan Brazier, champion du monde en titre du 800 m, a échoué à obtenir son visa pour les Jeux de Tokyo, finissant dernier de la finale des sélections olympiques américaines, lundi à Eugene. C'est une rare défaillance, au plus mauvais moment de la saison, qui a frappé celui qui domine sa discipline sans conteste depuis deux ans.
Deuxième après 400 m, il n'a pu maintenir sa vitesse et a péniblement fini 8e de cette course en 1:47.88, à plus de quatre secondes du vainqueur, Clayton Murphy (1:43.17), qui a établi la meilleure performance mondiale de l'année. Ce dernier, médaillé de bronze aux Jeux de Rio 2016, a devancé le champion universitaire 2021 Isaiah Jewett (1:43.85) et Bryce Hoppel (1:44.14), quatrième aux Mondiaux de Doha en 2019. Brazier a ensuite déploré sa mauvaise gestion de course. "Je pense que je suis parti trop fort trop tôt. J'ai essayé d'être dans la meilleure position possible aux premiers 300-350 m et j'en ai payé le prix dans les derniers 200".
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C'est la deuxième fois que Brazier, 24 ans, subit un échec aux "trials", puisqu'en 2016 il n'avait réalisé que le 19e temps, battu en séries. Mais à l'époque, il n'était encore qu'un coureur universitaire âgé de 19 ans, certes tout juste sacré champion NCAA. Cinq ans plus tard, c'est dans la peau du cador que Brazier s'est présenté sur la piste du Hayward Field, et rien ne laissait présager pareille débandade, sinon peut-être son 7e temps en demi-finale samedi. Il n'avait plus été battu sur 800 m dans une course disputée aux Etats-Unis depuis 2017.

"Pas d'excuse" pour Brazier

"Je suis très triste. J'ai eu quelques problèmes physiques, mais ce sont des choses qu'un prétendant aux sélections devrait être capable de surmonter et je ne peux pas trouver d'excuse. J'ai juste très mal couru. Mais je vais m'en remettre. J'ai déjà connu pire", a-t-il ajouté.
Autre surprise, à la perche, un autre champion du monde en titre a perdu sa finale, puisque Sam Kendricks a fini deuxième avec un saut de 5,85, battu par Chris Nilsen qui a passé 5,90 m, à cinq centimètres de son record personnel. Ce revers ne l'empêche toutefois pas de pouvoir défendre ses chances au Japon.
En triple saut, le grand favori ne sera pas à Tokyo, mais parce que Christian Taylor, double champion olympique en titre, s'est rompu un tendon d'Achille il y a un mois. En son absence, son dauphin de toujours, qui a décroché l'argent à Londres 2012 et Rio 2016, Will Claye, n'a pas manqué de composter son billet en remportant la finale avec un saut à 17,21 m réussi à sa sixième tentative tout de même. Preuve d'une pression devenue plus forte sur ses épaules de principal candidat à l'or olympique. Il a battu Donald Scott pour trois centimètres et Chris Bernard (17,01 m), qui ont également validé leur ticket pour l'évènement tokyoïte (23 juillet-8 août).
Autre déçue enfin, Jenny Simpson a échoué dans sa tentative de participer à une quatrième olympiade, après avoir fini 10e de la finale du 1.500 m, remportée par Purrier St.Pierre en 3:58.03. "Je n'ai pas vu de Jeux olympiques à la télévision depuis 2004. C'est difficile à admettre pour certains athlètes, mais le sport continue sans vous", a-t-elle commenté, philosophe.
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