Pour l'Olympe, l'après Bolt commence à Tokyo

Le sprint s'apprête à tourner une page ce week-end. Pour la première fois depuis Athènes en 2004, le champion olympique du 100 mètres ne s'appellera pas Usain Bolt. Personnage central du sprint et même de l'athlétisme mondial pendant près d'une décennie, le Jamaïcain laisse derrière lui une course à la succession très ouverte, presque confuse, sur la ligne droite.
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30/09/2021 À 09:02
D'autant que les deux derniers champions du monde, les Américains Justin Gatlin (2017) et Christian Coleman (2019) ne sont pas présents. Conséquence, aucun des prétendants au titre ne possède de palmarès planétaire sur la distance reine. Le week-end qui s'annonce permettra-t-il d'y voir enfin plus clair ou le 100 m est-il engagé dans une durable phase de transition ?

Andre De Grasse, Usain Bolt, Jimmy Vicaut et Justin Gatlin lors de la finale du 100 aux Jeux Olympiques de Rio 2016

Crédit: AFP

Les trois derniers podiums

Pékin 2008
1. Usain Bolt (Jam) – 9"69
2. Richard Thompson (Tri) – 9"89
3. Walter Dix (EU) – 9"91

Pékin 2008 : Le jour où Usain Bolt a mis une claque au record du monde du 100 mètres

Londres 2012
1. Usain Bolt (Jam) – 9"63
2. Yohan Blake (Jam) – 9"75
3. Justin Gatlin (EU) – 9"79
Rio de Janeiro 2016
1. Usain Bolt (Jam) – 9"81
2. Justin Gatlin (EU) – 9"89
3. Andre De Grasse (EU) – 9"91

Bolt reste le roi : revivez la finale du 100m des Jeux de Rio

Les prétendants

Le favori : Trayvon Bromell
Il y a six mois, il n'aurait sans doute même pas figuré parmi les huit principaux prétendants. Mais alors que le Jour J s'avance, Trayvon Bromell a la pancarte. Eloigné du haut niveau ces trois dernières années en raison d'une grave blessure au tendon d'Achille et ses conséquences, l'Américain a resurgi au meilleur moment. Auteur de la meilleure performance mondiale de l'année en 9"77, il sera bien difficile à battre s'il parvient à couvrir sa finale dans un chrono approchant. Le Floridien, annoncé comme un prodige après ses 9"94 à moins de 18 ans en 2014, on l'a ensuite cru perdu pour l'athlétisme. Le voilà idéalement placé pour la consécration ultime. Mais il devra supporter le poids de la pression. On a vu depuis le début de ces Jeux que ce n'était pas toujours simple.

Trayvon Bromell lors du meeting de Gateshead

Crédit: Getty Images

Le challenger : Akani Simbine
6 juillet, Budapest, meeting de Székesfehérvar. Akani Simbine claque un 9"84. Le Sud-Africain s'approprie le record d'Afrique du 100m, effaçant des tablettes le Nigérian Adetokunbo Fasuba, détenteur de la marque de référence depuis 2006. Un petit coup de tonnerre qui a fait de Simbine, 27 ans, le dauphin de Bromell au bilan 2021 et, par voie de conséquence, un très sérieux outsider dans la course au titre olympique. Jusqu'ici, il a toujours joué placé dans les grandes finales : 5e à Rio, 5e aux Mondiaux de Londres en 2017 puis 4e à Doha deux ans plus tard, il tourne autour du podium. Mais il semble avoir franchi un cap. Akani Simbine peut devenir le premier champion olympique africain sur 100m depuis 1908.

Akani Simbine

Crédit: Getty Images

Le revenant : Andre De Grasse
Il fut la belle promesse des Jeux de Rio, les derniers de l'ère Bolt. En terminant 3e du 100m et 2e du 200, Andre De Grasse avait clairement postulé au titre honorifique de possible héritier. Mais la suite s'est avérée beaucoup moins réjouissante pour le Canadien, trahi par les blessures et un corps fragile. Absent des Mondiaux en 2017, il a commencé à retrouver ses sensations en 2019 avant d'être freiné comme tout le monde par la pandémie du Covid-19. S'il est d'abord un vrai pur-sang du… 200, De Grasse est aussi un client sur la ligne droite. Sa grande force ? Sa faculté à gérer la pression des grands évènements. Le jour d'une finale, il est l'homme le moins stressé du monde.

Andre De Grasse

Crédit: Getty Images

Les jokers américains : Ronnie Baker et Fred Kerley
On le sait, les sélections américaines virent parfois (souvent) au jeu de massacre, laissant sur le carreau un ou deux prétendants. 2021 n'a pas fait exception. Noah Lyles, qui rêvait d'un triplé 100 – 200 – 4x100 à Tokyo, n'a terminé que 7e des "Trials" en 10"05. Marvin Bracy-Williams, qui avait couru en 9"85 plus tôt dans la saison, s'est lui blessé dès les demi-finales. Une hécatombe qui a ouvert la porte aux outsiders Ronnie Baker et Fred Kerley, respectivement 2e et 3e des sélections.
Depuis, Ronnie Baker a prouvé que sa place n'était pas usurpée et qu'il était un vrai candidat au podium, voire davantage. Trois semaines plus tard, il s'imposait lors du meeting de Monaco, où tous les prétendants au sacre à Tokyo étaient présents. Un message, donc. Une chose est sûre : avec 9"85 et 9"86 comme temps de référence, Baker et Kerley possèdent les 3e et 4e temps d'engagement à Tokyo. Ils ne sont donc pas à prendre à la légère.

Ronnie Baker (USA)

Crédit: Getty Images

Trois stats à retenir

1. Depuis Atlanta (inclus), descendre sous les 10 secondes est devenu impératif ou presque pour monter sur le podium. Les 18 dernières places sur le podium du 100m se sont jouées en moins de 10. Seule exception : Obadele Thompson en bronze en 2000 à Sydney avec un chrono de 10"04.
4. La dernière victoire américaine sur le 100m des Jeux Olympiques remonte à 2004, avec Justin Gatlin. Depuis, le sprint américain a subi la foudre de Usain Bolt, comme tout le monde. C'est la deuxième fois que les Etats-Unis enchaînent trois éditions sans titre sur la ligne droite, après la période 1972-1980. En revanche, jamais les représentants de l'Oncle Sam n'ont laissé filer le titre quatre fois de suite. Ce serait une première.
14. En centièmes, l'écart entre la moyenne des trois chronos d'Usain Bolt lors de ses trois titres sur 100 m et la moyenne des trois précédents vainqueurs : 9"71 pour Bolt, 9"85 pour le trio Donovan Bailey (1996) – Maurice Greene (2000) – Justin Gatlin (2004). Ces trois finales, d'Atlanta à Athènes en passant par Sydney, étaient alors les trois plus rapides de l'histoire et de loin puisque personne n'avait triomphé en moins de 9"90.

Justin Gatlin et Usain Bolt

Crédit: Getty Images

Le programme

Tour préliminaire
Samedi – 4h35 – Course 1
Samedi – 4h43 – Course 2
Samedi – 4h51 – Course 3
Séries
Samedi – 12h45 – Course 1
Samedi – 12h53 – Course 2
Samedi – 13h01 – Course 3
Samedi – 13h09 – Course 4
Samedi – 12h17 – Course 5
Samedi – 13h25 – Course 6
Samedi – 13h33 – Course 7
Demi-finales
Dimanche – 12h15 – Course 1
Dimanche – 12h23 – Course 2
Dimanche – 12h31 – Course 2
Finale
Dimanche – 14h50 – Course
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