Cela fait quelques années maintenant qu'une saison de "Pro A" n'avait pas été aussi intrigante avant ses premiers entre-deux. Il y a déjà l'ASVEL qui veut poursuivre sa progression vers les sommets et va couver l'espoir que toute la planète basket observe avec envie, Victor Wembanyama. A ses côtés sur la ligne de départ, se trouve une formation de Monaco toute aussi séduisante. Renforcé grâce à son budget doublé (14 millions selon L'Equipe) par plusieurs talents d'expérience dont Mike James, le club de la Principauté semble armé pour rêver en grand et commencer à s'installer au plus niveau, comme le souhaite son président ukrainien, Sergueï Dyadechko.
Mais derrière ces locomotives bienvenues et en plus d'autres formations bien construites débarque en Betclic Élite un projet aussi ambitieux que palpitant, le Paris-Basket. "C'est une entité qui sait où elle va. Il y a une continuité avec Christophe Prat comme coach, des jeunes joueurs prometteurs (ndlr : Milan Barbitch, Ismaël Kamagaté et Juhann Begarin, drafté par les Celtics cet été), et le joli coup Kyle O'Quinn (ndlr : ancien intérieur NBA qui a joué notamment aux Knicks ou à Orlando). La météo est plutôt bonne", apprécie avec le sourire Jacques Monclar, aujourd'hui consultant BeIn Sport. Malgré son statut de petit bizuth, David Kahn, le président du club, a d'ailleurs déjà parlé de playoffs pour cette saison.
Betclic Élite
Première défaite de Villeurbanne, Monaco sans peine
17/10/2021 À 18:07
Placer Paris sur la carte des grands clubs européens de basket
Une ambition élevée mais qui ne surprendra pas ceux qui suivent le club depuis son existence. Sa courte existence devrait-on dire. Car le Paris-Basket est une comète dans le basket français. Tout a commencé il y a quelques années à peine, en 2018. Quand David Kahn, alors PDG de Paris Basketball Investments et ancien dirigeant des Minnesota Timberwolves, parvient à racheter les droits sportifs de Hyères-Toulon Var Basket, en proie à des difficultés financières et relégué en Pro B au terme de la saison 2017-2018.
Le Paris-Basket, qui évoluait alors en N2 et s'appelait le Paris-Basket Avenir (suite à une association entre la Domrémy Basket 13, Ménilmontant Paris Sports et le Club Sportif du Ministère des Finances en 2013), réalise alors un bond en avant inespéré. Mais qui en dit long sur ses ambitions. A l'époque, l'objectif est d'ailleurs annoncé haut et fort par David Kahn lors d'une conférence de presse à l'Hôtel de ville de Paris : "Placer Paris sur la carte des grands clubs européens de basket". Le ton est donné ! Et jusqu'à présent même si on en est toujours qu'aux prémices, il ne déçoit pas.
Il y a ce côté très américain, très ambitieu
Depuis, le club ne cesse même d'afficher ses ambitions. Tant sur le plan sportif qu'en termes de communication ou de business avec un modèle très imprégné de la culture US. "On va d'un point A à un point B et on s'en donne les moyens. Avec toujours l'envie d'être innovant, nous confirme Emmanuel Coeuret, assistant de Jean-Christophe Prat. Il y a ce côté très américain, très ambitieux. Ça se ressent au quotidien. Dans le management, dans la façon de voir les choses. Mais aussi en termes de pression. Ils nous challengent tout le temps. De petites choses jusqu'aux résultats sportives. Ce n'est pas du tout européen ou français mais très anglo-saxon." Avec une certaine réussite.
Trois saisons plus tard et avec un peu d'avance sur le calendrier fixé grâce à une bel exercice fini à la deuxième place de la Pro B, Paris retrouve en effet un club qui porte son nom dans l'élite. Avec tous les espoirs que cela génère. Car avoir un vrai club dans la capitale, ce n'est pas anodin. "Tout est différent. D'autant plus à Paris où on est dans une ville qui fait rêver, remarque Emmanuel Coeuret, ancien coach de Nantes Rezé Basket (LFB). Quand vous avez un club à Paris, c'est quasiment une marque. La pression est amplifiée. Il y a beaucoup de personnes autour, beaucoup d'envieux. Et vous vous retrouvez proche du monde du showbiz. Même l'année dernière, on le sentait malgré le Covid. Là, c'est décuplé par le fait qu'on se retrouve dans l'élite. Ça change tout pour les gens. C'est vraiment excitant. On sent l'émulation".
Il ne faut pas raisonner avec un prisme parisien et surtout pas en basket
Très inspiré par la culture urbaine, le Paris-Basket, qui n'hésite pas à faire des coups comme la signature la saison passée du rappeur américain Sheck Wes, compte bien tout faire pour bouleverser le paysage du basket francilien, où Nanterre et le Boulogne-Levallois sont installés de longue date avec plus ou moins de succès. "Historiquement, le basket français n'a pas fonctionné autour de Paris, rappelle à juste titre Jacques Monclar. Mais c'est vrai que cette année, il y a trois équipes franciliennes et une s'appelle Paris. Et c'est ça, la vraie différence. Surtout que ce club présente un vrai projet et une salle à venir Porte de la Chapelle (ndlr : l'Arena, une salle de 8000 places livrée en 2023 avant Paris 2024). Et il opère sous l'œil bienveillant de la mairie, de tout le monde en fait".
Et c'est une vraie évolution dans le paysage parisien, où le basket a souvent eu des soucis à s'implanter avec bonheur sur le long terme. "Au début des années 2000, il y avait par exemple un déficit de public par rapport à la province, se souvient Jacques Monclar, qui a coaché le Paris Basket Racing de 2002 à 2004. On était aussi nomade. Par exemple, le Paris-Basket a un centre d'entraînement au sud-est de Paris. Et ils ont Carpentier à demeure. A mon époque, on devait s'entraîner avec des cours d'éducation physique autour du parquet à Carpentier. Et dans le 16e à Coubertin, il y avait un club de GRS. Donc on allait s'entraîner ailleurs ou sur le terrain 3. On était sans arrêt à droite et à gauche. Ce n'était pas idéal. On n'avait jamais été vraiment installés comme l'est le Paris-Basket actuellement même si les conditions ne sont pas non plus idéales à Carpentier".
De quoi se dire que le club peut avoir les atouts pour bousculer le basket français, en manque de reconnaissance sur la scène médiatique nationale ? "Il ne faut pas raisonner avec un prisme parisien et surtout pas avec le basket. Le basket français marche en province. Les clubs ont des soutiens et remplissent des salles", estime Jacques Monclar. Et l'échec actuel de la médiatisation de la Betclic Elite s'explique autrement, par des choix pas toujours très bien sentis. Même si un club fort à Paris sera toujours un atout. Et c'est bien l'ambition du Paris-Basket, qui a encore de nombreuses étapes à franchir. Même s'il rêve déjà grand.
Betclic Élite
L'ASVEL étrille Dijon, Monaco dompte Le Mans
10/10/2021 À 17:38
Betclic Élite
Monaco chute lourdement, Chalons, Le Mans et l'Asvel confirment
05/10/2021 À 20:50