C'est une claque. Pour le niveau affiché et la faible prestation offensive dans son ensemble. Mais aussi car cette défaite intervient un jour après la probante victoire en ouverture contre l'Australie (70-57). Quelques heures après cette première sortie, dire que les Bleues ont affiché un visage diamétralement opposé face au Canada vendredi à Sydney (59-45) est ainsi un doux euphémisme. "C'est dur car hier (jeudi) on avait fait une belle performance", a reconnu Sarah Michel.
Séduisantes jeudi notamment en défense, les joueuses de Jean-Aimé Toupane n'ont été que l'ombre d'elles-mêmes face aux Canadiennes. En attaque surtout. Car les coéquipières de Sarah Michel ont livré une copie indigente : 3 sur 19 à trois points et un piteux 31% de réussite au tir. "Il n'y a pas eu de relâchement. On ne s'est pas monté la tête après hier. (…) On a eu un manque d'adresse important et on n'a pas trouvé d'alternative. Parfois ça tombe dedans, parfois il n'y a rien qui rentre", a tenté Marine Fauthoux comme explication à l'issue de ce deuxième match.
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Contre de bonnes équipes, on ne peut pas trouver de solutions en une passe
Si le constat se tient évidemment, les Bleues vont cependant devoir chercher d'autres raisons à cette faillite au tir si elles veulent continuer d'avancer dans ce Mondial. "On a vraiment manqué d'adresse, mais elles nous ont surtout poussées à prendre des moins bons shoots", remarque par exemple Sarah Michel. "A force de voir les shoots ne pas rentrer, je pense que ça a lâché dans la tête, enchaîne Alexia Chartereau, l'intérieure tricolore. C'est à nous de trouver de meilleurs tirs, de faire plus de jeu. On a été un peu trop statiques, on s'est un peu regardé les unes et les autres et quand la réussite n'est pas là, c'est plus compliqué".
Si le faible pourcentage de réussite saute évidemment aux yeux, l'absence d'un collectif bien huilé a en effet été criant du côté des Tricolores, qui sont plus à l'aise sur un jeu de transition. Alors que les Canadiennes ont réussi à limiter l'impact de Gabby Williams (13 pts) qui avait été si étincelante face à l'Australie, les Françaises ont démontré qu'elles pouvaient être clairement moins à leur avantage sur jeu placé. "On a manqué de mouvement en attaque, le ballon a moins voyagé. On s'est un peu précipitées (…) Contre de bonnes équipes, on ne peut pas trouver de solutions en une passe. Elles t'amènent à jouer en quatre, cinq ou six passes peut-être", remarque Jean-Aimé Toupane, le sélectionneur. "Ce qui va être important (pour la suite), c'est de faire bouger la balle et la défense adverse" abonde l'ailière Alexia Chartereau.
Essayer d'être plus agressives au départ et de trouver d'autres solutions offensives
Si la faillite au tir est au cœur des débats avec ce besoin de mettre en place un jeu moins stéréotypé et direct, les Bleues ont aussi d'autres chantiers devant elles. Vendredi, elles n'ont pas su aller chercher des solutions ailleurs. Sous les cercles notamment, où la bataille des rebonds a été largement dominée par les Canadiennes (56 à 38 et surtout 19 offensifs à 6 !) comme ce fut déjà le cas face aux Australiennes jeudi (48 à 36). "Je pense qu'elles nous ont agressées, elles ont pris énormément de rebonds, a concédé Marième Badiane. Il faut qu'on soit concernées à cinq par le rebond, toutes connectées en même temps". "C'est un domaine où il faut être vraiment vigilant pour le reste de la compétition", acquiesce Toupane. "C'est juste un état d'esprit, il faut être concentrées jusqu'au bout des actions. Vu qu'on a une équipe jeune, on va dire que ça vient de là", renchérit Chartereau.
Etat d'esprit, jeu collectif et adresse : les points d'amélioration sont multiples. Sans surprise après une prestation si décevante. Mais avec les absences de plusieurs cadres des dernières années et non des moindres (ndlr : Marine Johannès, Sandrine Gruda, Nwal-Endéné Miyem, Valériane Ayayi-Vukosavljevic, Olivia Époupa…), ce n'est pas illogique non plus pour cette jeune équipe de France.
Conscient du manque de vécu de son groupe, Toupane avait d'ailleurs rappelé avant le début du tournoi que sa formation n'a pas "vécu encore assez longtemps pour trouver une symbiose, une alchimie", espérant que cela arrive au fil de la compétition. Ce match n'a fait qu'illustrer ses propos. Aux Bleues de trouver des solutions pour monter en puissance lors de leur troisième rencontre de poules contre le Mali dimanche, et surtout lors des deux suivantes face à la Serbie (lundi) et au Japon (mardi). La route des quarts de finale passe par là. "On oublie le Canada, on en tire les enseignements: essayer d'être plus agressives au départ et de trouver d'autres solutions offensives quand on nous pousse dans nos retranchements", annonce Sarah Michel. A elles de jouer.
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