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Eurobasket 2015 - France : Nando De Colo ou quand quitter la NBA peut vous métamorphoser en star

De Colo, ou quand quitter la NBA peut vous métamorphoser en star

Le 14/09/2015 à 23:37Mis à jour Le 15/09/2015 à 09:02

EUROBASKET - Nando de Colo est parti de NBA pour se relancer. Son passage au CSKA Moscou a été une vraie réussite. L’équipe de France l’a ainsi retrouvé métamorphosé pour cet Euro, où il s’impose comme l’un des leaders du groupe avec son agressivité et son activité.

"Il est en course pour être le MVP de l’Euro", lance Florent Pietrus. "C’est peut-être l’un des joueurs les plus sous-estimés au monde", renchérit Nicolas Batum, qui rajoute : "C’est mon joueur préféré en équipe de France depuis des années". Non, ils ne parlent pas de Tony Parker. Mais de Nando de Colo, qui brille de mille feux dans cet Euro.

Dès que la France a besoin de lui, l’arrière sort le grand jeu pour martyriser les défenses adverses avec ses pénétrations aussi tranchantes que la lame d’un rasoir et son shoot longue distance d’une fiabilité redoutable (43.5% de réussite). Le plus impressionnant est qu’il ne se limite pas ça. Avec 12.2 pts à 54.2%, 5.5 rebonds, 3.5 passes et 1.3 interception, il se démultiplie et fait étalage de tout sa panoplie aussi bien offensive que défensive.

" S’imposer à Moscou en tant qu’étranger, c’est fort"

Jamais, le talentueux mais discret De Colo n’avait été aussi productif en Bleu. Les raisons sont multiples. A 28 ans, il est arrivé à "maturité", explique Collet, qui le trouve aussi plus "dur" dans les un contre un depuis son passage en NBA. L’absence d’Antoine Diot lui donne davantage de responsabilités. La période moins brillante de Tony Parker peut être une autre explication. Sa place dans le cinq, lui qui avait l’habitude d’être un sixième homme de luxe avec les Bleus, peut également en être une. Mais surtout, le Nordiste est en pleine confiance. Son choix de quitter la NBA en est la principale source. En rejoignant le CSKA Moscou l’été dernier, il s’est relancé de superbe manière.

La décision n’a pas dû être facile à prendre. La grande Ligue nord-américaine fait rêver tout basketteur. Il y a goûté pendant deux saisons. Mais ni à San Antonio, ni à Toronto, il n’a eu sa chance et le temps de jeu qu’il escomptait. Alors quand le CSKA l’a appelé, il a refusé le contrat que lui proposaient les Raptors pour s’engager avec l’une des grosses cylindrées du Vieux Continent. Depuis, il se régale. Et impressionne.

Parker et Diaw impressionnés par sa progresssion

Avec 14.4 points, 3.2 rebonds et 3.1 passes de moyenne en Euroligue où il s’est illustré au Final Four, De Colo s’est imposé comme l’un des joueurs phares de la saison dans une équipe riche en talents, à l’instar de Milos Teodosic. Il a même été élu MVP de la saison 2014-2015 de la VTB League, réunissant les meilleurs clubs d'Europe de l'Est. "S’imposer à Moscou en tant qu’étranger, c’est fort", résume Leo Westermann, qui avoue avoir toujours été fan de son coéquipier. "Mon retour en Europe m’a permis d’avoir plus de responsabilité et plus de rythme, répond laconiquement de Colo avec son humilité habituelle pour expliquer son explosion. Le coach savait comment m’utiliser et ça m’a permis de beaucoup progresser pour arriver avec un statut différent en équipe de France".

Ce n’est de toute manière pas lui qui parlera le mieux de sa métamorphose. Mais bien ses coéquipiers : "on voit qu'il a pris de l'assurance avec la grande saison qu'il a réalisée à Moscou", résume Parker. Autre ancien partenaire à San Antonio, Boris Diaw va dans le même sens : "il a passé un cap énorme cette année. C’est quelqu’un sur qui on peut compter, il est fiable au niveau du tir et plus constant qu’avant. Il a toujours su apporter mais là, la différence, c’est qu’il n’y a pas de baisse de régime". Quitter Parker, Diaw et la NBA a été un tournant décisif. Et en passant, Nando de Colo démontre qu’il n’y a pas que la grande Ligue pour devenir un cadre des Bleus.

Nando De Colo lors du match d'ouverture de la France contre la Finlande

Nando De Colo lors du match d'ouverture de la France contre la FinlandeAFP

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