Après Andrea Bargnani, premier européen numéro 1 de la draft, Dirk Nowitzki, Most Valuable Player de la saison régulière, un autre basketteur issu du Vieux Continent vient d'entrer dans l'histoire du basket US. En participant activement au "sweep" des Cavaliers de Cleveland lors des finales 2007 et terminant meilleur marqueur de la série avec 24,5 points de moyenne et 57% de réussite au shoot, Tony Parker a décroché son troisième titre NBA. Et surtout été élu MVP de finales qui, si elles ne rentreront pas dans la légende US, resteront dans l'histoire du basket français. Cet honneur individuel n'a été réservé qu'aux plus grands de la prestigieuse ligue nord-américaine et n'avait jamais échu dans la besace d'un Européen. C'est désormais chose faite.
Michael Jordan, Shaquille O'Neal, Kareem Abdul-Jabbar, Isiah Thomas, Magic Johnson, Larry Bird : voici une partie des légendes de la National Basketball Association que Tony Parker rejoint en cette année 2007 bénie. Sans devenir leur égal bien évidemment, le Français entre tout de même dans une nouvelle sphère. Après avoir disputé son deuxième All Star Game en février dernier, TP a passé un cap. Et même s'il assurait, modeste, que "Tim l'aurait ", c'est bien lui qui a décroché la timbale en même temps que les Spurs allaient chercher leur quatrième trophée Larry O'Brien. Drapé dans son drapeau bleu-blanc-rouge, le natif de Bruges n'en revenait pas : "Je vais avoir mon nom gravé à côté de légendes comme Michael Jordan, Larry Bird... On n'effacera jamais cela. Quand je regarde ce trophée, je pense que je vais me réveiller demain et je vais toujours croire que c'est un rêve, un rêve très lointain. "
NBA Playoffs
Diaw : "Une bonne saison"
21/06/2007 À 07:00
Jusqu'où ira-t-il ?
Ce n'est pourtant pas un songe. Tony Parker a bien été le meilleur joueur de ces finales. Si Tim Duncan s'est montré toujours aussi important par son influence, son abattage sous les panneaux et reste le seul joueur indispensable des Spurs, le meneur frenchie de San Antonio qui n'avait "jamais imaginé cela" a réussi quatre matches de haute tenue. A la différence des finales 2003 et 2005 lors desquelles il avait connu quelques coups de mou et fini sur les rotules, le numéro 9 de la franchise texane a cette fois tenu tout au long de la série. Avec 27, 30, 17 et 24 points inscrits lors des quatre rencontres, Tony Parker a été présent à marque et, mis à part le début du match 3 et la fin du 4, toujours été le moteur des Spurs. De plus, l'international français a montré combien il avait progressé à mi-distance et à trois points (4/7 sur les quatre rencontres contre 11/36 lors de la saison régulière).
On peut désormais se demander jusqu'où le futur mari d'Eva Longoria peut aller. Déjà installé parmi la crème du basket US, Tony Parker n'était jusqu'alors pas à proprement parler un franchise player, comme l'est Tim Duncan. L'est-il devenu après cette série et ce titre individuel ? Pas certain. Et il n'est pas sûr qu'il le devienne. A San Antonio, l'ordre est clairement établi. Les Spurs, sans doute la franchise de la décennie, ne fonctionnent pas comme un essaim d'individualités. Le collectif passe avant tout et est la clé d'une équipe d'où le danger peut surgir des mains de quiconque. Bruce Bowen, Brent Barry, Manu Ginobili, Robert Horry (qui décroche au passage le septième titre de sa carrière), ont chacun à leur tour tous été importants face à Cleveland. Et personne ne tire la couverture à lui. Pas même Tim Duncan ni Tony Parker.
Aujourd'hui au firmament, Tony Parker a dû travailler pour en arriver là. Mais également s'accrocher pour ne pas être tradé avec Jason Kidd. En 2003, le meneur des Nets était fortement pressenti pour devenir le chef d'orchestre de la machine texane. TP avait à l'époque fait des pieds et des mains pour rester à San Antonio. "J'avais dit que j'étais le meneur qu'il fallait pour cette équipe. J'avais expliqué à 'Pop': Je veux être le meneur de cette équipe. Je le veux et je vais travailler dur pour devenir un grand joueur. Sur le coup, ça l'a énervé. Mais je crois qu'il comprend maintenant." Il y a de fortes chances que Gregg Popovich ait effectivement compris. Et jusque-là n'a pas à s'en plaindre.
Maxime DUPUIS
NBA Playoffs
Parker, et maintenant ?
19/06/2007 À 06:15
NBA Playoffs
Parker entre dans la légende
15/06/2007 À 08:00