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N'ayons pas peur des mots : Il y a eu Celtics-Lakers, il y a maintenant Cavaliers-Warriors

N'ayons pas peur des mots : Il y a eu Celtics-Lakers, il y a maintenant Cavaliers-Warriors

Le 01/06/2017 à 10:08Mis à jour Le 01/06/2017 à 11:05

NBA - Si les duels entre Celtics et Lakers ont marqué l'histoire, il y a maintenant Cavaliers-Warriors. Le troisième volet des duels pour le titre entre les deux équipes est le nouvel épisode d'une rivalité qui a tous les ingrédients pour s'affirmer comme l'une des plus palpitantes de l'Histoire.

Il y a des figures, des hommes et des équipes presque intouchables aux yeux des passionnés de basket. Prenons l’exemple de Michael Jordan. L’ancienne légende des parquets est considérée comme le plus grand joueur de tous les temps. Et rien qu’évoquer la possibilité qu’il soit un jour détrôné suscite les réactions outrées d’une partie plus conservatrice du public. Pourtant, le débat est de plus en plus légitime, à l’heure où LeBron James s’approprie de plus en plus de records.

Les batailles épiques entre les Boston Celtics de Larry Bird et les Los Angeles Lakers de Magic Johnson dans les années 80 sont les penchants de Jordan à l’échelle des rivalités. Ils sont mythiques. Ils sont uniques. Oser comparer un duel d’aujourd’hui à ceux cultes d’hier relèverait donc du blasphème.

Tout le monde voulait voir Boston jouer contre les Lakers à l’époque. Je pense que de nos jours, beaucoup de gens veulent regarder Golden State contre Cleveland“, risque Tyronn Lue, le coach des Cavaliers.

Le rapprochement a beau être contesté, notamment par James lui-même, il est inévitable. Parce que les chocs entre les Warriors et les Cavaliers ont tous les atouts pour s’inscrire dans la lignée des plus grandes rivalités NBA. Si ce n’est même, peut-être un jour, la plus grande.

Déjà, rappelons que c’est la première fois dans l’histoire que deux mêmes équipes se jouent trois fois de suite en finale. Une configuration complètement inédite. L’enjeu dépasse donc le cadre du simple trophée de champion NBA. Ils ne jouent pas seulement pour une bague, ce n’est pas une revanche mais bien une belle ! Un affrontement pour asseoir sa suprématie sur le reste de la ligue.

Dominer est presque un terme trop faible pour décrire l’emprise de ces deux formations sur leurs adversaires. Golden State n’a pas perdu le moindre match (12-0, une première dans l’histoire) avant de rejoindre les finales. Cleveland a finalement concédé une défaite contre Boston mais, avant ça, les champions en titre ont enchaîné deux coups de balais consécutifs. L’écart entre les deux meilleures équipes du monde et la concurrence est effrayant. Là encore, quasiment du jamais vu.

Ce déséquilibre a un peu plombé les playoffs. Mais si les Warriors et les Cavaliers tuent le suspense, c’est d’abord parce qu’ils sont largement au-dessus du lot. De quoi nous promettre une finale extrêmement relevée (sans être forcément serrée…). Il n’y a peut-être pas eu un jour autant de stars et de superstars sur le parquet pour se disputer un titre NBA. Des grandes équipes, de grands joueurs… ce sont là les composants d’une affiche de rêve. Mais il en faut un peu plus pour forger une rivalité légendaire.

LeBron James (Cleveland Cavaliers) et Kevin Durant (Golden State Warriors)

LeBron James (Cleveland Cavaliers) et Kevin Durant (Golden State Warriors)Panoramic

Du beau jeu, du spectacle mais aussi… des insultes et des vannes glauques

Il faut une dose de piment. De tensions. De frictions. Et sachez-le, Golden State – Cleveland est tout sauf une confrontation lisse entre deux groupes qui s’apprécient. Les Warriors et les Cavs ne s’aiment pas et ils ne s’en cachent pas. “Je veux les détruire complètement“, balançait même Draymond Green il y a plusieurs mois après une question au sujet d’une potentielle nouvelle finale contre LeBron James et ses coéquipiers. Le rendez-vous était déjà pris. Ce n’était qu’une pique de plus parmi les nombreux petits incidents qui alimentent la rivalité. Pas de bagarre mais des vannes, du dédain et une animosité de plus en plus évidente. Parfois sur le terrain, parfois en dehors.

Ce même Green était coupable d’avoir insulté le King de “sal***” en plein match, provoquant l’énervement du père de famille, offusqué d’être traité de la sorte. “Tu es quand même une sal***“, lui aurait répondu l’intérieur des Warriors. Une brouille qui s’est terminée avec un coup de pied dans les parties intimes de James. Et par une suspension du joueur lors du Match 5 des finales 2016.

Le titre a donné un peu de fuel aux Cavaliers, jusqu’alors victimes des blagues de Stephen Curry et compagnie (le double-MVP avait notamment déclaré qu’il espérait que le “vestiaire sente encore le champagne” lors de son premier retour de son équipe à Cleveland après le titre). Le soir d’Halloween, les joueurs de l’Ohio se sont lâchés en se moquant les Warriors avec plusieurs références à leurs ennemis favoris incrustés dans les décorations de la salle. Parmi elles, des gâteaux en forme de tombes avec les noms de Curry et Klay Thompson inscrits dessus. Les Warriors n’ont pas apprécié.

La jalousie envers Stephen Curry au coeur de la rivalité

Il faut comprendre que la rivalité dépasse les équipes impliquées. Elle est aussi centrée sur Curry et James. Deux des meilleurs joueurs du monde, et de loin les plus populaires. Ce ne sont plus seulement des superstars mais aussi des icônes marketings. Des produits.

Si tout ne les oppose pas comme Larry Bird, le blanc issu d’une ferme de l’Indiana, et Magic Johnson, afro-américain originaire du Michigan, ils ne sont pas non plus amis comme l’étaient les deux figures emblématiques des années 80. LeBron a été élevé par sa mère dans les quartiers les plus pauvres de l’Ohio alors que Stephen est le fils d’un ancien joueur NBA. L’un est présenté comme un prodige depuis son adolescence alors que l’autre a explosé sur le tard. Et c’est justement cette exposition soudaine qui a suscité chez James une forme de jalousie envers Curry.

Pendant longtemps, LeBron considérait le meneur de Golden State comme un “petit frère“. Il ne lui parle plus aujourd’hui. En devenant en quelques mois seulement la nouvelle coqueluche de la NBA, Steph a empiété sur le terrain de son aîné. Personne ne l’avait vu venir. De la même manière, personne n’avait imaginé les Warriors prendre une telle dimension lorsque James a rejoint les Cavaliers en 2014. Il devait ramener un titre dans l’Ohio, ce qu’il a fait, mais aussi prendre le contrôle total de la ligue. Le tout dans l’optique de chasser pour de bon le fantôme de Michael Jordan. Un rêve, un objectif même, sérieusement mis à mal par l’ascension des Californiens. Surtout depuis l’arrivée de Kevin Durant à Oakland. Avec quatre All-Stars de moins de trente ans, les Warriors sont partis pour croiser (et barrer ?) la route du King pendant un bon bout de temps.

Ce troisième acte de cette rivalité de plus en plus établie n’est donc peut-être pas le dernier. Nous nous ne nous en rendons sans doute pas compte mais nous avons de la chance d’être les témoins de pareils duels. Peut-être une fois le temps passé, avec le recul nécessaire, nous réaliserons alors à quel point ces finales répétées entre les Cavaliers et les Warriors constituent certains des plus grands moments de l’Histoire de la NBA.

Stephem Curry (Warriors) et LeBron James (Cavaliers)

Stephem Curry (Warriors) et LeBron James (Cavaliers)AFP

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