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48 heures chrono : l’avenir de LeBron et des Cavaliers se joue peut-être maintenant

48 heures chrono : l’avenir de LeBron et des Cavs se joue peut-être maintenant

Le 06/02/2018 à 16:08Mis à jour Le 06/02/2018 à 16:10

NBA – Après trois saisons d’un feuilleton passionnant marqué par un titre tant attendu en 2016, l’aventure entre LeBron James et Cleveland est susceptible de toucher à sa fin en juillet prochain, une nouvelle fois. Les Cavaliers ont deux jours pour inverser la tendance, sinon...

Huit ans après, l’histoire se répète. Comme un scénario de film d’horreur où les événements se reproduisent et tournent inévitablement à la catastrophe à Cleveland, ville maudite par les dieux du sport avant que l’élu LeBron James ne vienne briser la malédiction en 2016. Un sacre majeur à célébrer attendu depuis plus d’un demi-siècle dans l’Ohio. Un pardon définitivement acquis pour le King, coupable d’avoir abandonné les siens quelques années plus tôt. Lassé de perdre, il avait quitté le royaume pour un empire floridien plus conquérant en 2010.

A l’époque, le natif d’Akron reprochait à Dan Gilbert, propriétaire de la franchise, de ne pas être prêt à tout pour nourrir l’ambition du jeune basketteur – comprendre ici : aligner les millions de dollars sans broncher. C’est peut-être même un transfert avorté qui a convaincu pour de bon James d’allier ses forces avec Dwyane Wade et Chris Bosh à Miami. Quelques jours avant la fermeture du marché des transferts, Cleveland s’était refusé le droit d’acquérir Amar’e Stoudemire, superstar des Suns dont le contrat arrivait à expiration quelques mois plus tard. Phoenix aurait récupéré le vieillissant Zydrunas Ilgauskas, l’obscur Danny Green (encore inconnu à l’époque), un tour de draft et J.J. Hickson.

C’est parce que les dirigeants des Cavaliers – comprendre ici : Dan Gilbert – croyaient dur comme fer en Hickson qu’ils ont refusé d’offrir à James le meilleur coéquipier de son histoire (il n’avait encore jamais joué avec une star dans la force de l’âge). Le jeune Hickson n’a presque pas joué en playoffs et LeBron et les siens ont été sortis au second tour. Quelques semaines plus tard, le joueur annonçait son départ en direct à la télévision.

LeBron James(notes) #6, Dwyane Wade(notes) #3 and Chris Bosh(notes) #1 of the Miami Heat

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Sans changement, les Cavaliers courent à leur perte

Cet acte manqué, les Cavaliers l’ont déjà reproduit avant même le coup d’envoi de la saison actuelle. David Griffin, l’ancien GM, négociait les arrivées d’Eric Bledsoe (qui partage le même agent que James) et Paul George en contrepartie du départ de Kyrie Irving. Mais il n’a pas pu boucler l’échange. Il a été licencié par Gilbert dans ce qui ressemble fort à une reprise de pouvoir de la part du milliardaire. Une décision qui a déjà particulièrement frustré LeBron. Le propriétaire a (peut-être) une dernière occasion de se racheter. Il lui reste deux jours pour céder ou non le précieux choix de draft des Brooklyn Nets acquis lors du transfert d’Irving à Boston. Sa décision donnera une indication un peu plus claire sur la suite des événements dans l’Ohio.

Le quadruple MVP a besoin de renfort. Comme en 2010. Il est bien mieux entouré cette année qu’il ne l’était il y a huit ans. Mais les adversaires (enfin, les Warriors) sont bien plus forts. Surtout, même avec plus de talents, il semble de plus en plus évident que le sort réservé à cette équipe des Cavaliers est le même que celui de leurs prédécesseurs. Ce groupe ne peut pas aller au bout en l’état. Il a trop de lacunes. Manque d’efforts. Manque de confiance. Manque de cohérence. Les joueurs de Tyronn Lue restent sur douze défaites au cours des dix-huit derniers matches et ils forment l’une des cinq plus mauvaises défenses du championnat. La crainte que suscitent les talents légendaires de LeBron James est la seule raison pour laquelle cette équipe est encore perçue comme un candidat au titre.

Il a besoin de renfort parce qu’il a besoin de faire tomber Golden State. Son héritage, la trace qu’il laissera dans l’Histoire de la NBA, en dépend. Il ne peut pas se permettre de continuer à perdre inlassablement en finales (ou avant !) tout en affirmant vouloir devenir le meilleur joueur de tous les temps. Il a besoin de renfort parce qu’il a besoin de gagner le plus vite possible. Le choix de draft (non protégé) des Nets est le seul atout intéressant dont dispose encore les Cavaliers pour mettre en place un transfert d’envergure. Leur seule chance d’obtenir les quelques joueurs d’impacts disponibles, de Kemba Walker à DeAndre Jordan en passant par Lou Williams ou Tyreke Evans. Rien de très emballant mais même une amélioration de l’effectif ferait naître un peu d’espoir avant une campagne de playoffs qui s’annonce très délicate.

LeBron James (Cleveland Cavaliers)

LeBron James (Cleveland Cavaliers)Getty Images

La fin d’une époque à Cleveland

Ironie du sort, le pick de Brooklyn est aussi la seule assurance de la franchise en cas de départ de LeBron James en juillet prochain. Les Nets disposent actuellement du neuvième plus mauvais bilan NBA. Une sélection dans le top dix d’une draft dite chargée en talents serait la meilleure manière d’entamer un éventuel processus de reconstruction. Il y a donc un dilemme. Soit les Cavaliers transfèrent leur choix au risque de se retrouver à sec, soit ils le gardent au risque de pousser James vers la sortie.

Dan Gilbert a une nouvelle fois repris les commandes de l’équipe. Selon les sources proches du club, ce serait bien lui qui assure la gestion sportive. Et ce même sans être qualifié pour le boulot. Le proprio a notamment été récemment aperçu dans les gradins du choc NCAA entre deux des meilleurs joueurs universitaires (Trae Young et Collin Sexton) justement susceptibles d’être récupérés avec ce fameux pick des Nets… Le milliardaire, partisan de Donald Trump, n’est plus du tout sur la même longueur d’onde que James, superstar politisée. Selon un journaliste d’ESPN, les tensions entre le joueur et le management mineraient même le vestiaire. Le flou autour de la future décision du King pèse sur tout le monde, d’autant plus qu’il n’a voulu donner aucune assurance sur son avenir à ses employeurs.

La cohabitation entre les deux patrons (celui du terrain et celui des coulisses) semble de plus en plus impossible. L’un des deux doit partir. Soit Gilbert va vendre, ce qui a été un temps rapporté, soit LeBron va filer. Si les Cavaliers décident de garder le pick une fois la deadline du 8 février passée, ce sera sans doute le signe qu’ils sont prêts à tourner une nouvelle fois la page. Selon le pape du scoop NBA, Adrian Wojnarowski, le management de la franchise se préparerait déjà à une période de transition et donc à une reconstruction. Sans James.

Après tout, y a-t-il même un transfert qui peut sauver cette relation dans l’impasse ? De l’organisation au banc de touche, il y a trop de dysfonctionnements. De luttes de pouvoir. Les joueurs eux-mêmes ont du mal à se supporter. Leur dernier meeting est parti en vrille et chacun en a pris pour son grade. Même LeBron. Ce dernier serait d’ailleurs de plus en plus la cible des critiques de ses pairs. Comme le dit Jalen Rose, James est peut-être déjà abandonné. Par ses coéquipiers. Par ses dirigeants. En attendant peut-être qu’il quitte tout simplement un navire en perdition.

LeBron James

LeBron JamesGetty Images

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