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"Ce shoot de Jordan, je l’ai pris comme un coup de poing"

"Ce shoot de Jordan, je l’ai pris comme un coup de poing"

Le 14/06/2018 à 10:29Mis à jour Le 14/06/2018 à 10:38

NBA – Le 14 juin 1998, Tony Howells était dans les tribunes du Delta Center d'Utah. Supporter du Jazz, il a vu Michael Jordan écrire l'histoire sous ses yeux. Et l'a subie. Vingt ans plus tard, il se souvient de chaque seconde de cet instant mémorable.

Vivre un moment d'éternité. Faire un peu partie de l'histoire. Et rester marqué à jamais par un moment de sport. C'est le lot de la vie des supporters. Certains ont cependant un peu plus de chance que d'autres. Ou de malchance dans ce cas précis. On parle de ceux qui ont vu un adversaire écrire l'histoire devant leurs yeux. Dans leur enceinte préférée. Et s'en souviennent régulièrement dès qu'une photo ou une vidéo ressort. "C'est un des grands moments de l'histoire. Un scénario inoubliable, juste indélébile", se souvient ainsi Tony Howells.

Si vous êtes un amateur de sport, et particulièrement un amoureux du basket, vous connaissez ce moment dont parle ce fan du Jazz d'Utah. Vous avez vu les images repasser en boucle. Et surtout une photo qui a contribué encore un peu à la légende d'un homme : Michael Jordan. C'est en effet le dernier chef d'œuvre du numéro 23 mythique des Chicago Bulls. Quelques secondes d’éternité.

Vidéo - "The last shot" : Il y a 20 ans, Jordan signait le tir le plus "clutch" de l'histoire

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"Le ballon a mis un temps fou à rentrer"

Une interception dans les mains de Karl Malone, un "crossover" pour se débarrasser de son défenseur Bryon Russell et un jump shot d'une perfection dantesque à 6,6 secondes du buzzer. Une action d'anthologie signée par l'arrière pour permettre à sa franchise de reprendre un point d'avance au score et s'offrir une sixième et dernière bague. C'était le 14 juin 1998. Contre Utah lors d'un match 6 des Finales NBA. Ce tir est devenu "The Last Shot" pour contribuer encore un peu plus au mythe MJ. Et traumatiser les fans du Jazz, victimes malheureuses du sang froid du tueur Jordan.

Vingt sept ans à l’époque, Tony Howells fait partie de ceux qui retenaient leur souffle lors du shoot de Michael Jordan. Il n'est pas sur la fameuse photo. Mais juste à côté, derrière le banc du Jazz et aux côtés de Leonardo Di Caprio. "Le ballon a mis un temps fou à rentrer. Mais je me souviens avoir pensé que nous étions cuits quand il l’a lâché", se rappelle-t-il encore. Vingt années ont passé mais il est impossible d'oublier ces secondes qui marquent une vie. "Le stade est devenu très calme et la seule chose que j'ai entendue, c'est un commentaire élogieux lancé par Di Caprio à Jordan", se rappelle-t-il.

"Après, la salle était sous le choc"

Deux décennies plus tard, Howells a la joue encore marquée par cette claque reçue à distance pour un monstre de l'histoire du sport. "J'ai très vite été impressionné par la grandeur de Jordan. Et j'ai apprécié chaque match où j'ai pu le voir jouer. Mais ce shoot a été un coup de poing", concède-t-il. Il y a en effet tout. La beauté du geste et la cruauté du scénario qui a mis un terme une nouvelle fois aux rêves d'Utah. Howells n'évoque même pas le dernier tir manqué par John Stockton. Pour lui comme pour tout le monde, le match (et la carrière de Jordan d'ailleurs) s'est arrêté sur ce shoot, ce "Last Shot". "Après, la salle était sous le choc", raconte-t-il.

Sa mémoire n'a, en revanche, pas oublié la suite. Et la célébration de Jordan, dernière pique de la soirée. "J'ai réussi à me frayer un passage jusqu'au terrain quand ils ont mis les barrières. Ils n'ont laissé personne, pas même Di Caprio. Et j'ai regardé Jordan fumer son cigare et parader comme s’il était chez lui". Agacé sur le moment, Howells se remémore aujourd'hui cette soirée avec plaisir.

La frustration a laissé place à l'impression d'avoir participé à un grand moment de sport. Et à l'admiration pour Jordan : "C’était son moment et un point d'exclamation à son œuvre si prolifique", conclut celui qui continue d’aller voir le Jazz de Rudy Gobert jouer régulièrement avec ses deux enfants. Vivre un moment d'éternité n'est pas donné à tout le monde ; cela reste inoubliable, même si on n’est du mauvais côté de l’histoire.

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