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Donnons du respect à Lillard, la superstar la plus sous-estimée en NBA

Donnons du respect à Lillard, la superstar la plus sous-estimée en NBA

Le 15/04/2019 à 12:20Mis à jour Le 15/04/2019 à 12:23

NBA – Mais comment ne pas aimer Damian Lillard ? La star des Trail Blazers, vainqueurs de leur premier match de playoffs contre le Thunder hier soir (104-99), est un joueur incroyable. C’est surtout un meneur d’hommes unique dans la ligue américaine. Une qualité essentielle pourtant trop souvent négligée par le grand public.

Damian Lillard a été interviewé sur le parquet juste après le succès de Portland contre Oklahoma City (104-99) dimanche soir. Il venait de mettre 30 points et d’assurer la victoire grâce à plusieurs paniers décisifs avant de conclure le match sur la ligne. Sous les chants des ‘MVP, MVP’ entonnés des tribunes. Pourtant, son premier réflexe a été de rendre hommage à son coéquipier Enes Kanter, qu’il a désigné comme "MVP" de la partie au micro de la télévision nationale. Il pouvait profiter de la lumière, enfin, mais il a préféré mettre en avant l’un de ses camarades. Ça, c’est tout à fait lui. Une nouvelle illustration du leader, et même du modèle, qu’il est aux Trail Blazers.

La franchise de l’Oregon est rarement diffusée sur les plus grandes chaînes des États-Unis. C’est aussi en partie pour ça qu’elle est souvent sous-estimée, alors même qu’elle enchaîne les saisons brillantes. Même la victoire de dimanche, pour le premier match de la série contre Oklahoma City, semblait surprenante. Les Blazers ont pourtant fini troisième de la Conférence Ouest et ils disposent de l’avantage du terrain. Mais le Thunder est présenté comme plus talentueux (y compris par moi-même, j’ai pronostiqué OKC en 7 quand l’affectif – Lillard est mon joueur favori – me disait de mettre Portland en 7). Et ça, c’est justement parce que Lillard n’est pas apprécié à sa juste valeur.

Damian Lillard, le deuxième meilleur meneur NBA

Tous les passionnés de basket reconnaissent qu’il est fort. Mais nombreux sont ceux à ne pas réaliser à quel point il est bon. Je le suis avec attention depuis ses débuts en NBA en 2012. Il m’a donné l’impression de progresser chaque année. Au point de devenir, selon moi, le deuxième meilleur joueur à son poste derrière Stephen Curry. Ça peut faire grincer des dents – les Kyrie Irving et Russell Westbrook ont des partisans – mais il était par exemple l’un des quatre joueurs, avec Devin Booker, LeBron James et James Harden, à compiler plus de 25 points, 4 rebonds et 6 passes par match cette saison. Le tout avec 44% de réussite aux tirs et 37% à trois-points. C’est très fort. Tout en menant Portland au podium (pour la deuxième année de suite) de la Conférence avec 53 victoires. C’est énorme. Il est d’ailleurs le basketteur qui se rapproche le plus de Curry au niveau du style de jeu. Avec une capacité déconcertante à prendre – et à rentrer ! – des tirs un ou deux mètres derrière la ligne à trois-points.

Mais ce ne sont pas vraiment ses facultés sur le terrain qui sont sous-estimés. C’est plus son leadership. Le petit hommage à Kanter dimanche soir n’est qu’un exemple parmi les nombreux gestes du bonhomme envers ses partenaires. Il cherche constamment à les tirer vers le haut. C’est dans son ADN. Tout a vraiment commencé en 2015, juste après le départ de LaMarcus Aldridge, le patron désigné des Blazers, vers les Spurs. Un été délicat pour l’organisation qui a perdu quatre de ses cinq titulaires (dont Nicolas Batum et Wesley Matthews). Tous, sauf Lillard. Le jeune homme est passé seul maître à bord alors qu’il n’avait que trois saisons NBA dans les jambes. Sa première initiative ? Réunir tout l’effectif à San Diego pour simplement “apprendre à se connaître.” Le but n’était pas juste de bosser dur en équipe, ce qui est déjà bien, mais aussi de développer des affinités. Parce qu’il est de ceux qui restent persuadés que si une équipe s’entend bien en dehors du terrain, elle sera encore plus soudée une fois sur le parquet. Quelques mois plus tard, l’équipe jouait les playoffs alors qu’elle était présentée comme une candidate à la loterie par les analystes en début de saison.

Et il est clair que le groupe vit bien. Nik Stauskas, passé par Portland mais aussi par plusieurs équipes, témoigne : “Quand je compare la situation aux Blazers par rapport à ce que j’ai connu… c’est sûr qu’il y a beaucoup moins de drames. Jamais d’altercations. Beaucoup plus de cohésion. Tout le monde est sur la même page. Et de ce que j’ai vu en NBA, je peux dire que c’est loin d’être la norme.” C’est d’abord l’effet Damian Lillard. Il est le visage de cette organisation et les joueurs suivent son exemple. Il a instauré un code. Une forme de règlement intérieur pensé avec ses coéquipiers. C’est la première chose qu’il a fourni à Jusuf Nurkic à son arrivée dans l’Oregon. Avec son téléphone portable. Une manière de rappeler que 1) ici, il y a des règles à respecter 2) il reste joignable pour communiquer si besoin.

Tous pour un, un pour tous

Nurkic était perçu comme un jeune homme caractériel à Denver. Un basketteur doué mais en perdition et mécontent d’être scotché sur le banc derrière Nikola Jokic. Les Nuggets l’ont alors sacrifié. Depuis, le Bosnien revit. Il a complètement relancé sa carrière et il affiche une attitude impeccable. Parce que dès son arrivée, "Dame" a pris la peine de passer du temps avec lui. De lui parler longuement après un match catastrophique de l’intérieur contre les Kings. Nurkic est devenu l’un des joueurs clés des Blazers et il réalisait la meilleure saison de sa carrière avant de se blesser gravement il y a quelques semaines. Mais ce dernier sait aussi à qui il doit son succès : "Damian Lillard est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie“, avouait-il. “Je n’ai jamais eu quelqu’un comme lui. Il est toujours là pour moi, que je sois bon ou mauvais. C’est un mec incroyable et il me rend meilleur."

Ça ne s’applique pas qu’à Nurkic. Le meneur accorde de l’attention à tous les membres de l’effectif. Même le quinzième joueur du club. Comme la fois où il a passé toute la journée avec Luis Montero, un rookie (en 2015) quasiment pas utilisé par les coaches, pour s’entraîner avec lui avant d’aller lui acheter des fringues. “C’est clair que c’est notre leader. (…) J’apprécie vraiment son approche“, remarque Meyers Leonard. C.J. McCollum ajoute pour sa part qu’il “ne se place jamais au-dessus des autres. Il ne vient pas à la salle en taxi (comme le font certaines stars NBA – NDLR). Il bosse dur. Il se comporte de la même manière avec les rookies et avec les vétérans. Il ne démoralise jamais les autres en essayant de les enfoncer. C’est rare de voir un joueur aussi fort rester aussi humble.

Pour faire simple, Lillard rend meilleurs les autres joueurs autour de lui. Et c’est pour ça que Portland continue de gagner des matches avec une équipe pourtant jugée moins forte que la plupart des cadors de cette ligue. C’est justement cet aspect qui est sous-estimé chez lui. Et c’est parce qu’il est sous-estimé que les Blazers le sont aussi. L’Oregon reste un petit marché aux États-Unis. Les matches sont diffusés tard sur la côte Ouest (et encore plus pour le public européen). L’équipe ne fait pas lever les foules, dans tous les sens du terme. Il n’y a qu’une vraie star – Lillard – et la plupart des joueurs de devoir sont méconnus. Elle est à l’image de son meilleur joueur : humble, dans l’ombre. Ce qui explique peut-être en partie pourquoi ils, "Dame" et les Blazers, n’ont pas la reconnaissance qu’ils méritent.

Mais n’empêche qu’on a là un joueur qui a tout pour être apprécié : un homme modeste malgré son succès, discret, loyal à sa franchise – il a promis d’y rester toute sa carrière – doué, spectaculaire, respectueux, capable de défendre son coach quand les dirigeants veulent le licencier, d’assumer ses responsabilités après un échec (le coup de balai de l’an dernier) et de mettre en avant ses coéquipier après une victoire. Un basketteur décisif qui ne se cache jamais dans les moments chauds. Rejoignez le club Lillard, on vous accueillera à bras ouverts.

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