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Perspectives d'avenir, équilibre et armes anti-Warriors : les Cavs ont tout gagné

Perspectives d'avenir, équilibre et armes anti-Warriors : les Cavs ont tout gagné

Le 09/02/2018 à 14:16Mis à jour Le 09/02/2018 à 14:55

NBA - Jeudi soir, Cleveland a transformé les dernières heures d'ouverture du marché des transferts en gigantesque souk. La formation de LeBron James a complètement bouleversé son effectif, quelques mois seulement après l'avoir déjà grandement chamboulé dans l'espoir de décrocher le titre. Des grandes manœuvres de dernière minute aux airs de coups de maître de la part des Cavaliers.

Moins de talent, mais plus d'équilibre

A première vue, la soirée de Cleveland avait démarré sur un craquage en règle. Envoyer Isaiah Thomas chez les Los Angeles Lakers pouvait passer pour une hérésie. On parle tout de même du troisième meilleur marqueur de la ligue la saison dernière (et à Boston s'il vous plaît), recruté contre Kyrie Irving l'été dernier.

IT devait être le lieutenant idéal de LeBron James, celui capable de le soulager d'une partie des responsabilités offensives. Le voir partir contre Jordan Clarkson et Larry Nance Jr, deux bons éléments mais pas des titulaires indiscutables dans un des plus mauvais bilans de la ligue, a surpris pour ne pas dire choqué. Il suffisait d'attendre quelques minutes de plus pour avoir la clé de lecture de la stratégie des Cavaliers. Avec les arrivées successives du meneur George Hill et de l'ailier Rodney Hood, pendant que Dwyane Wade, Jae Crowder ou Derrick Rose quittaient l'Ohio, le champion 2016 procédait à un grand ménage en plusieurs temps, dans lequel l'intérêt était le tout et non les échanges pris individuellement.

Les Cavs ont indéniablement perdu en qualités individuelles, celles de Thomas, génial encore six mois plus tôt, ou celles, même plus fugaces de Wade et Rose. Mais ils ont récupéré des parfaits joueurs de complément pour assembler un puzzle cohérent, là où l'assemblage de talent concocté en début de saison était des plus dysfonctionnels. Hill était un très bon maître d'orchestre la saison dernière à Utah. Hood et Clarkson peuvent assurer 15 points en sortie de banc tous les soirs. Et Nance est un intérieur solide et spectaculaire, qui plus est fils d'une ancienne légende de la franchise.

Un vestiaire assaini

Attendu comme un des favoris légitimes au sacre, Cleveland pensait avoir fait ce qu'il fallait pour se rapprocher des imbattables Warriors l'été dernier. Le scoreur Thomas, la légende Wade, le défenseur Crowder… Autant de raisons qui poussaient à l'espoir. Problème, cette petite révolution dans un effectif qui venait d'atteindre à trois reprises les finales avec la même base s'est rapidement transformée en fiasco. Les tâtonnements légitimes des premières semaines - cohésion en cours de construction oblige - passés, les dernières performances étaient devenues de sérieuses inquiétudes. Aucune intensité, pas d'unité, sur le parquet et dans les déclarations… Bref, la greffe ne prenait pas.

Alors le manager général Koby Altman a taillé sec dans son effectif pour se débarrasser de ses membres à la peine. "Nous avions le sentiment d'aller tout doucement à l'abattoir. Et je ne voulais pas que ça se passe comme ça", s'est justifié le GM vendredi.

" Je pense que nous allons avoir un LeBron rajeuni et c'est la clé. C'est lui qui va nous mener en terre promise."

Thomas voulait être un leader, une requête impossible dans n'importe quel vestiaire mené par James. Être aux côtés de son grand copain LBJ ne semblait pas suffire à Dwyane Wade, pas à son meilleur niveau, ni vraiment épanoui. Terminées donc les possibles luttes d'ego. Le quadruple MVP est le seul véritable maître à bord.

De vrais atouts dans l'optique de faire tomber Golden State

Les Finales 2017 n'ont pas seulement montré la toute puissance du champion Golden State. Elles ont aussi servi de révélateur du fossé désormais creusé entre la franchise californienne et celle de l'Ohio. Renforcés par Kevin Durant, les Warriors sont trop athlétiques, trop longs, trop adroits pour des Cavaliers construits autour et pour (voire par) LeBron James, scoreur et dépositaire pour les nombreux shooteurs, souvent trop attentistes autour de lui. Il manquait à cette équipe du jus, des joueurs capables de pouvoir faire face à la dimension physique si spéciale des joueurs de la Baie.

Draymond Green (Golden State) face à LeBron James (Cleveland)

Draymond Green (Golden State) face à LeBron James (Cleveland)Getty Images

Larry Nance fait ici figure de recrue parfaite. Ni Kevin Love, ni Tristan Thompson, les principaux intérieurs du groupe, ne sont capables de tenir le coup face à la mobilité du "petit" cinq de Golden State, avec Kevin Durant et Draymond Green aux postes 4 et 5. La vivacité et l'explosivité du désormais ex-Laker ont tout pour faire merveille. Sans compter que George Hill est un bien meilleur défenseur à la mène qu'Isaiah Thomas. Pas négligeable quand on doit faire à Stephen Curry pendant sept matches maximum… Clarkson apportera, lui, une option offensive supplémentaire en théorie bien plus régulière et productive que ne l'était Wade (14,5 points contre 11,2 cette saison) et très bien adaptée au jeu des Cavaliers, souvent basé sur les exploits individuels.

Un horizon plus dégagé, avec comme sans LeBron

Plus fort dans l'immédiat, Cleveland n'en a pas pour autant sacrifié son avenir. Considéré avant cette "Trade deadline" comme son principal atout, le tour de draft appartenant à l'origine aux Brooklyn Nets est finalement toujours en la possession des Cavaliers. La franchise new-yorkaise fait toujours partie des moins bonnes de la ligue et pourrait offrir à l'actuel 3e de l'Est un jeune espoir dans le Top 5 de la prochaine loterie, attendu comme très dense. Tout en restant compétitif, les finalistes 2017 pourraient accueillir une des futures stars de la NBA à la prochaine rentrée.

LeBron James pourrait voir la nouvelle d'un bon œil, lui qui sera l'homme le plus surveillé l'été prochain, échéance de son contrat. Envoyé tantôt à Los Angeles, à Philadelphie ou même récemment à Golden State, le meilleur joueur de la planète pourrait compter sur un talent supplémentaire à la rentrée s'il se décide à rester. Envoyer le flop Thomas ailleurs à 6 mois de la fin de son contrat pour ne pas repartir fanny la saison prochaine va aussi dans ce sens, qui plus est pour deux joueurs de 25 ans encore en développement (au contraire de Wade, mais aussi d'Iman Shumpert et Channing Frye, autres contreparties des échanges de jeudi soir).

Hormis Hood libre en juin, les autres recrues disposent de plusieurs années d'engagement, qui pourraient toujours être précieuses en cas de départ de la star des Cavaliers. De quoi éviter le redémarrage à zéro de 2010 quand James avait rejoint Miami, laissant sa franchise dans un désert quasi absolu.

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