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Eté 2018 : quelle destination pour LeBron James ?

Eté 2018 : quelle destination pour LeBron James ?

Le 13/12/2017 à 12:34Mis à jour Le 13/12/2017 à 14:59

NBA – Libre de s’engager où il le souhaite l’été prochain, le King a laissé entretenir le flou autour de sa prochaine destination. Zoom sur les arguments, les zones d’ombres et les chances des quatre franchises susceptibles de signer le meilleur joueur du monde en 2018.

Quand LeBron James a pris sa plus belle plume pour annoncer son retour chez lui, dans l’Ohio, en 2014, toute la suite de sa carrière était écrite. Il revenait à Cleveland pour assumer un rôle de mentor auprès des jeunes, Kyrie Irving en tête, et avec le rêve d’offrir un titre à un peuple dans l’attente d’un sacre sportif à fêter depuis un demi-siècle. L’imaginer reporter un jour un autre maillot que celui des Cavaliers paraissait alors bien improbable.

Et pourtant… de nombreux journalistes réputés crédibles aux Etats-Unis ont déjà averti d’un hypothétique changement de direction du King. Après tout, en renversant les Warriors - et de quelle manière ! - en 2016, il a délivré à son état natal le titre promis deux ans plus tôt. Mission (déjà) accomplie. LeBron aurait gagné du même coup son bon de sortie. Un bon utilisable quand l’envie lui chante, lui qui ne cesse de signer des contrats à courte durée avec sa franchise actuelle. Pas de long terme. Et donc les rumeurs d’un départ ranimées en grande pompe par le site US The Ringer en juin dernier. Au moment même où Cleveland se faisait torpiller par Golden State lors des finales NBA.

Les spéculations ont pris du poids depuis. Philadelphie, Los Angeles et Houston seraient en chasse pour le plus gros poisson du siècle. Alors que le quadruple MVP déroule le meilleur basket de sa carrière (ou presque) à bientôt 33 ans, tour d’horizon des différents candidats en course pour l’accueillir en juillet prochain.

LeBron James

LeBron James Getty Images

Cleveland, pour assoir son empire

S’il y a éventuellement (encore une fois, c’est de l’hypothétique) une chance sur deux que James quitte son Ohio cet été, les Cavaliers restent quand même les favoris des probabilités : disons 49% tandis que les 51% restants sont alors partagés entre trois équipes. Ici, c’est chez lui. C’est son royaume. The Land, comme il l’appelle. Son influence sur l’organisation est probablement sans égale dans toute l’histoire de la NBA. Il a beau le nier, par souci de communication, il semble évident qu’il dispose d’un vrai pouvoir de décision sur ce qui se trame au sein de la franchise. Du choix du coach à ceux des joueurs. Parce que sans lui, l’équipe ne serait rien. Autant sur le terrain qu’en dehors.

D’autant plus que même au niveau sportif, les Cavs restent et resteront une référence aussi longtemps qu’il défendra leurs couleurs. Cet effectif connaît le chemin. Ses membres ont pris l’habitude de suivre James, leur guide. Ce sont des atouts extrêmement importants. Mais même talentueux et expérimenté, ce groupe vieillissant a aussi trop de lacunes profondes. Défensives. Caractérielles. Des points faibles exploités jusqu’à l’implosion par des Warriors plus jeunes, plus complets et même plus doués.

Le hic, c’est qu’en profitant de son influence sur le management pour défendre les intérêts de ses proches, LeBron a bouché la masse salariale du club. 52 millions offerts à J.R. Smith, avec qui il partage le même agent, son ami Rich Paul. Plus de 80 plaques pour Tristan Thompson, lui aussi représenté par l’agence Klutch Sports. Et voilà des Cavaliers avec une marge de manœuvre très réduite pour monter une armada susceptible de battre la terrible association de superstars mises en place à Oakland. Sans vraie perspective de progression, la meilleure solution serait peut-être d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Mais où ?

Houston, pour écraser toute la NBA

La cote qui monte, qui monte, qui monte… Plusieurs GM, évidemment restés anonymes, estiment que les Rockets font figure de sérieux candidats pour accueillir LBJ. Une situation qui rappelle celle de Kevin Durant quand, plusieurs mois avant sa signature aux Warriors, des dirigeants NBA soulignaient la réelle possibilité de voir la superstar changer de camp. La décision de James, s’il venait à choisir Houston, se rapprocherait justement de celle de KD.

Car comme Durant avec Golden State, il rejoindrait une équipe déjà bien en place. Avec des principes de jeu établis et maîtrisés. Ce qui éviterait de perdre trop de temps à créer une identité. La trentaine bien tassée, LeBron est pressé. Les Rockets sont déjà les plus sérieux concurrents des Warriors - sans doute même plus que les Cavaliers - à l’heure actuelle. Ils basculeraient dans une autre dimension avec le King.

Ce dernier pourrait laisser le leadership à Harden pendant les premiers mois de la campagne avant d’hausser son niveau de jeu et de montrer la voie en playoffs. Sans compter qu’en plus du barbu, il cohabiterait avec Chris Paul, l’un de ses meilleurs amis. Tout en payant moins de taxes au Texas. Banco ? C’est sans doute le projet le plus alléchant. Mais peut-il accepter d’évoluer au sein d’une organisation où il aura forcément nettement moins d’influence qu’à Cleveland ? En dehors mais aussi sur le parquet, où il sera sans doute contraint de jouer ailier-fort et de laisser une large partie de la création aux deux autres stars ? C’est la destination la plus intéressante mais aussi certainement la plus intrigante. Car elle en dirait long sur l’homme s’il venait à rejoindre Houston. Ce serait peut-être la première fois qu’il accepterait un sacrifice personnel aussi important au cours de sa longue et riche carrière.

James Harden (Houston) face à LeBron James (Cleveland)

James Harden (Houston) face à LeBron James (Cleveland)AFP

Los Angeles, pour le prestige

La cité des anges, et plus précisément les Lakers, était perçue comme la première vraie destination crédible en cas de départ de LeBron James. Les premières rumeurs évoquaient L.A. et rien d’autre. Si la cote a un peu dégonflé depuis, manque de résultats oblige, tout a été relancé suite à l’achat d’une baraque à plus de 20 millions de dollars du basketteur multimillionnaire la semaine dernière. C’est déjà sa deuxième maison dans la région. L’une étant située à moins de trente minutes du Staples Center. Deux résidences secondaires ?

Beaucoup y voient le signe d’un déménagement prochain du joueur et de sa famille en Californie. Sa femme serait lassée du climat froid et difficile de l’Ohio. C’est clair qu’en comparaison, les 300 jours ensoleillés par an de Los Angeles ont nettement plus d’attrait. C’est d’ailleurs sur tout le côté extra-sportif qu’une signature aux Lakers prendrait son sens. Le cadre de vie de Los Angeles est idéal pour une fin de carrière.

Mais au-delà de ça, même sur l’aspect sportif, les Lakers ont des arguments. C’est une franchise historique. Légendaire. Voire la plus mythique. Il y fréquenterait le Président Magic Johnson, son idole. Que des bons points pour soigner son héritage, lui qui tient à laisser une trace indélébile dans l’histoire de son sport. Les Californiens sont en tout cas prêts à l’accueillir. Lui mais pas seulement. En effet, les dirigeants ont sagement veillé à ne pas blinder leur masse salariale. Si James vient, il aura la possibilité d’amener une ou deux autres superstars dans ses bagages. Pourquoi pas Paul George et DeMarcus Cousins ? Ou Chris Paul et Carmelo Anthony ?

Ce qui signifierait en revanche repartir de zéro, une fois de plus. Construire un collectif prend du temps. Même quand les individualités les plus fortes s’associent. Le Heat a perdu sa première finale. Les Cavaliers ont eux aussi connu leurs problèmes avant de faire chuter les Warriors. Surtout qu’en signant deux ou trois joueurs au montant maximum, les Lakers n’auraient plus de sous pour recruter autour. Or, les jeunes Brandon Ingram, Lonzo Ball et compagnie ont beau être prometteurs, ils ne sont pas prêts à peser en cas d’affrontement avec Golden State.

Philadelphie, pour s’amuser

Il y a trois ans, Joel Embiid, alors en rééducation, s’ennuyait tellement qu’il s’était mis en tête de recruter LeBron James via Twitter. C’était une bonne blague à l’époque. Ça ne l’est plus. Au contraire même. Ce n’est plus si fou. Les Sixers forment l’équipe du futur à l’Est (avec Boston et Milwaukee). La risée de la ligue est devenue une machine à faire trembler les gros. Attirer le King serait l’ultime étape vers le retour vers la gloire pour Philadelphie. La star entretient d’ailleurs des liens étroits avec Ben Simmons, prodige australien signé chez Klutch Sports. Rejoindre la Pennsylvanie serait pour James une manière de transmettre le relais en jouant avec deux jeunes joueurs plein d’avenir. Mais en-a-t-il vraiment envie ? Pourquoi s’imposer un défi moins attrayant alors qu’il est encore le basketteur le plus dominant de la planète ?

Ben Simmons et Joel Embiid (Philadelphie Sixers)

Ben Simmons et Joel Embiid (Philadelphie Sixers)AFP

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